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ÉDITORIAL : 1,5 million d’Ukrainiens rentrés en zone de guerre — ce retour impossible que le monde ignore
Crédit: Adobe Stock

Les raisons du retour : attachement, économie, famille

Les études qualitatives sur les retournants ukrainiens révèlent une diversité de motivations qui défient les narratifs simplistes. L’attachement à la terre et à la maison est la première raison citée par les personnes déplacées qui ont choisi de rentrer, particulièrement chez les personnes âgées et les agriculteurs. Pour un paysan ukrainien, sa terre n’est pas un actif — c’est son identité. Quitter pour toujours est une mort avant la mort. Et rentrer, même sous les bombes, est une manière de réaffirmer qui on est.

Les raisons économiques sont la deuxième catégorie. Les prix dans les pays d’accueil européens ont rendu la vie des réfugiés ukrainiens de plus en plus précaire. En 2025-2026, les allocations de réfugiés dans plusieurs pays de l’UE ont été réduites ou limitées dans le temps, poussant des familles vers un choix impossible : rester dans la pauvreté à l’étranger ou rentrer dans la dangerosité à la maison. Ce n’est pas un libre choix — c’est une contrainte économique déguisée en décision personnelle. Ces personnes méritent mieux que ça.

La géographie du retour — zones tampons et avant-garde civile

Le retour n’est pas uniformément distribué sur le territoire ukrainien. Les données de World Vision montrent une concentration particulière dans les régions qui ont été occupées brièvement puis libérées — Kherson, certaines parties de Kharkiv, des zones de Mykolaïv. Ces régions combinent une accessibilité rétablie avec une proximité du front qui les maintient sous la menace directe des frappes russes. Les retournants dans ces zones sont souvent des personnes qui veulent «être là» quand la reconstruction commence — et qui acceptent le risque comme le coût de cette présence.

La géographie du retour révèle aussi quelque chose de profond sur la psychologie nationale ukrainienne. Le retour dans des zones dangereuses n’est pas perçu uniquement comme un risque individuel — il est perçu comme un acte de résistance collective. Rester chez soi quand l’ennemi voudrait que vous partiez, c’est refuser de laisser le terrain à la destruction. C’est une forme de non-violence active : la présence civile comme protestation contre la déportation forcée que Poutine cherche à imposer à travers ses bombardements.


Ces gens rentrent parce que c’est chez eux. Parce que leur vie, leur sens, leur identité est là. Pas parce qu’ils sont inconscients du danger. Les traiter comme des irresponsables qui mettent les équipes humanitaires en danger, c’est inverser la responsabilité. C’est Poutine qui est responsable. Pas eux.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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