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CHRONIQUE : La Tchéquie se déchire à la veille d’Ankara — Babiš contre la Constitution
Crédit: Adobe Stock

Le coup de lundi : l’exclusion

Tout commence un lundi, quand le gouvernement Babiš annonce qu’il dérogera à la tradition et n’accordera pas à Petr Pavel la tête de la délégation tchèque au sommet d’Ankara. La décision est formulée avec le légalisme technocratique caractéristique des manœuvres politiciennes : le gouvernement, dit-il, a besoin « de l’espace nécessaire pour expliquer ses politiques aux alliés » — notamment le fait que la Tchéquie ne respecte pas l’objectif de l’OTAN de consacrer au moins 2 % du PIB à la défense. Babiš a taillé 1 milliard de dollars dans le budget de défense hérité de l’administration précédente.

Traduction sans filtres : Babiš ne voulait pas que Pavel — qui soutient publiquement des dépenses de défense plus élevées et l’aide à l’Ukraine — vienne contredire sa propre ligne politique devant les chefs d’État et de gouvernement des 32 membres de l’OTAN. Il a préféré faire la gestion seul, avec son ministre des Affaires étrangères Petr Macinka, leader du parti des Motoristes de droite, lui-même en conflit avec Pavel depuis que le président avait refusé de nommer son candidat préféré au poste de chef de la diplomatie.

La Cour constitutionnelle frappe le mercredi

La réponse judiciaire ne tarde pas. Le mercredi 24 juin 2026, la Cour constitutionnelle tchèque émet une mesure provisoire d’urgence : le gouvernement doit immédiatement notifier l’OTAN et les organisateurs du sommet que le président Pavel fera partie de la délégation. Délai : le vendredi 27 juin. La Cour est explicite : cette décision provisoire ne préjuge pas du fond — la question des pouvoirs présidentiels sera tranchée séparément, une décision finale attendue en septembre 2026.

Le gouvernement Babiš obtempère. Le lundi 29 juin, il annonce officiellement qu’il autorise la participation de Pavel. Mais il maintient une position de principe : Babiš lui-même dirigera la délégation tchèque et assistera aux réunions principales. Pavel a riposté en affirmant qu’il serait présent au dîner des dirigeants et à la session plénière du lendemain — et qu’il respecterait les positions gouvernementales, mais resterait libre de les exprimer comme il l’entend.


Il est difficile de ne pas voir dans cette séquence une petite guerre par procuration : Babiš contre Pavel, populisme contre institutionnalisme, isolationnisme pro-Trump contre atlantisme pro-Ukraine. La Cour constitutionnelle a arbitré la manche. Le match continue.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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