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ÉDITORIAL : Les sanctions pétrolières antirusses sont de retour — sans fanfare, sans excuse, sans Trump
Crédit: Adobe Stock

Rosneft et Lukoil : les deux piliers du régime pétrolier de Poutine

Rosneft et Lukoil ne sont pas des entreprises ordinaires. Ce sont les deux plus grandes compagnies pétrolières de Russie, représentant ensemble une part majoritaire des exportations russes d’hydrocarbures. Rosneft, contrôlée par l’État, est dirigée par Igor Setchine, l’un des proches les plus influents de Poutine. Lukoil, formellement privée, reste intimement liée au régime par ses réseaux d’influence, ses contrats gouvernementaux et sa dépendance aux infrastructures d’export sous contrôle d’État. Sanctionner ces deux entités, c’est frapper directement la capacité de Poutine à financer sa guerre par les revenus pétroliers.

Les sanctions américaines fonctionnent sur plusieurs niveaux : elles interdisent aux entreprises et aux citoyens américains de traiter avec les entités désignées, elles bloquent l’accès aux marchés financiers en dollars, et elles créent un effet de contagion international — car toute entreprise tierce risquant d’être prise en infraction aux règles américaines évite, par précaution, tout contact avec les entités sanctionnées. C’est ce qu’on appelle les sanctions extraterritoriales, et c’est le principal levier de puissance économique américain. Quand ce levier est activé, il mord. Et quand il est suspendu, même temporairement, Moscou encaisse des revenus qu’elle n’aurait jamais dû toucher.

Les 2 milliards de Moscou : le coût réel de la dérogation

Le chiffre avancé par S&P Globalplus de 2 milliards de dollars de revenus supplémentaires pour la Russie pendant les 97 jours de dérogation — n’est pas une abstraction. C’est une réalité traduite en obus d’artillerie, en drones Shahed, en soldats recrutés et équipés. Pendant que les alliés de l’Ukraine débattraient de tranches d’aide millimètre par millimètre, la dérogation américaine offrait à Poutine un bonus non prévu de plusieurs milliards. Cette asymétrie est l’une des raisons pour lesquelles la guerre dure — et la raison pour laquelle les Ukrainiens regardent avec une vigilance fébrile chaque décision prise à Washington concernant les sanctions.

Le commissaire Vlasyuk a été le premier à confirmer publiquement que les sanctions étaient de retour en vigueur, le 26 juin 2026, soit neuf jours après leur réactivation supposée. Ce délai illustre lui aussi quelque chose d’important : le manque de transparence de la politique américaine. Une démocratie dont les décisions de politique étrangère majeures ne sont ni annoncées ni confirmées pendant plus d’une semaine pose un problème de gouvernance — et de confiance de ses alliés.


Deux milliards de dollars pour financer la guerre contre l’Ukraine, accordés non pas par choix politique mais par crainte des prix de l’essence. C’est l’équation que personne à Washington ne voulait formuler à voix haute. Mais elle est là, dans les colonnes de S&P Global, et elle dit quelque chose de brutal sur nos priorités collectives.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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