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PORTRAIT : Rafael Grossi face à l’Iran — l’homme qui veut voir ce que Téhéran refuse de montrer
Crédit: Adobe Stock

Les sites bombardés : l’uranium manquant

Voici ce que l’AIEA sait — et ce qu’elle ne sait pas. Elle sait que des quantités significatives d’uranium enrichi à différents niveaux (60 %, 20 %, 4,5 %) étaient présentes dans les installations iraniennes avant les frappes de juin 2025. Elle sait que certaines installations ont été partiellement ou totalement détruites. Elle ne sait pas ce qu’il est advenu des matières fissiles qui y étaient stockées : dispersées par les explosions, déplacées avant les frappes, ou intactes dans des sections épargnées ? La réponse à cette question n’est pas seulement technique — elle est existentielle pour la non-prolifération nucléaire mondiale.

Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Kazem Gharibabadi l’a dit clairement : l’accès aux sites endommagés sera examiné « dans le cadre d’un accord final » avec les États-Unis. Il a conditionné les inspections à la fin totale des sanctions américaines. Washington rejette ce lien — le président Trump a affirmé que l’Iran avait accepté « les inspections nucléaires au plus haut niveau ». Téhéran conteste cette lecture. Et pendant que les deux parties se disputent sur le texte du mémorandum, les sites restent fermés. Grossi dit que le travail technique a « commencé » — sans préciser quoi, et sans pouvoir dire quand il sera complété.

Le mémorandum du 17 juin et ses 60 jours d’ambiguïté

L’accord-cadre du 17 juin 2026 entre les États-Unis et l’Iran a ouvert une fenêtre de 60 jours pour négocier les points les plus complexes : programme de missiles, alliés régionaux, programme nucléaire, sanctions. C’est une fenêtre courte, dense, et chargée de tensions. Selon Al Jazeera, les États-Unis et l’Iran continuent de publier des déclarations contradictoires sur ce que contient exactement ce mémorandum. Trump dit que les inspections sont convenues. L’Iran dit qu’elles seront discutées. Cette ambiguïté sémantique n’est pas accidentelle : elle reflète la profondeur des désaccords sous-jacents.

Pour Grossi, l’urgence est claire. Il a dit qu’il n’était « pas essentiel » que les inspections commencent dans une semaine ou deux — mais qu’elles devaient commencer « aussi vite que possible ». La patience diplomatique a ses limites, et dans le domaine nucléaire, chaque jour sans accès est un jour pendant lequel des informations critiques peuvent se perdre, des matières peuvent être déplacées, des preuves peuvent disparaître. C’est la frustration silencieuse d’un homme dont l’institution dépend du consentement des États pour fonctionner — et dont l’État le plus critique refuse précisément ce consentement.


60 jours de négociation sur un accord nucléaire avec un pays qui vient de voir ses installations bombardées, pendant que les matières fissiles manquantes restent non comptabilisées. Si jamais il y avait un scénario pour justifier l’insomnie géopolitique, c’est celui-là.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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