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COMMENTAIRE : Trump relance l’ingérence électorale en Géorgie, un juge dit non
Crédit: Adobe Stock

Cinq jours pour se justifier

Au cœur de cette offensive se trouve une lettre signée par Harmeet Dhillon, cheffe de la Division des droits civiques du DOJ. Cette lettre exige que les responsables électoraux expliquent, sous un délai de cinq jours, comment ils empêchent le vote illégal de non-citoyens. Cinq jours pour justifier, par écrit, le respect d’une loi que ces mêmes responsables appliquent déjà depuis des années, dans un cadre légal qui n’a pas changé. Ce délai extraordinairement court n’a rien d’une demande administrative de routine : c’est une manœuvre de pression calibrée pour forcer une réaction rapide, sous la menace, plutôt qu’une réponse posée et documentée.

La formulation retenue par Dhillon mérite d’être citée intégralement, parce qu’elle porte en elle toute la charge intimidante du message : « tout responsable électoral, y compris le responsable en chef de l’État, qui maintient sciemment des non-citoyens sur la liste électorale ou facilite leur vote pourrait faire l’objet de responsabilité pénale ». Ce n’est pas une mise en garde générale sur l’application de la loi. C’est une phrase qui vise, nommément, les plus hauts fonctionnaires électoraux des États, et qui les place, individuellement, sous une menace de poursuite pénale pour des infractions dont personne, à ce jour, n’a démontré l’existence à grande échelle.

Une menace qui cible un problème quasiment inexistant

Il faut nommer ce que cette lettre ne dit pas, parce que c’est précisément ce silence qui en révèle la nature. Le vote de non-citoyens est déjà interdit, dans chaque État, sans exception, depuis des décennies. Aucune loi nouvelle n’était nécessaire pour codifier cette interdiction. Ce que cette lettre change, ce n’est donc pas le droit applicable : c’est le climat dans lequel les responsables électoraux exercent leur mandat, désormais placé sous l’ombre d’une menace pénale personnelle, pour un phénomène dont l’ampleur réelle reste marginale à chaque analyse indépendante menée jusqu’ici.

Ce déplacement, de la loi vers la peur, est exactement la méthode qu’on attend d’un pouvoir qui cherche moins à corriger un problème réel qu’à créer un climat de suspicion permanente autour du travail des administrateurs électoraux. On ne combat pas un problème marginal avec une lettre qui menace personnellement les plus hauts fonctionnaires électoraux du pays sous cinq jours de délai — on cherche autre chose, et ce autre chose ressemble à s’y méprendre à de l’intimidation pure.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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