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REPORTAGE : L’Allemagne achète des Tomahawk américains pour combler sa lacune stratégique
Crédit: Adobe Stock

Une arme de précision à très longue portée

Le missile de croisière Tomahawk n’est pas une arme nouvelle. Développé et utilisé par les forces armées américaines depuis des décennies, il s’est imposé comme l’un des systèmes de frappe longue portée les plus éprouvés de l’arsenal occidental. Sa caractéristique centrale, celle que Friedrich Merz a mise en avant devant les députés allemands, est sa capacité à frapper des cibles au plus profond du territoire ennemi, loin derrière la ligne de front, là où se trouvent souvent les centres de commandement, les dépôts logistiques et les infrastructures critiques d’une force adverse.

Cette portée change fondamentalement la nature de la dissuasion qu’un pays peut projeter. Un pays qui ne dispose que d’armements à courte ou moyenne portée peut se défendre sur son territoire ou repousser une avancée immédiate. Un pays qui dispose de capacités de frappe longue portée peut, en revanche, menacer de manière crédible les capacités arrière d’un agresseur potentiel, ce qui change le calcul stratégique de quiconque envisagerait une agression. C’est précisément ce basculement que l’acquisition allemande vient acter.

Un vide capacitaire longtemps toléré

Pendant des années, l’absence de capacités de frappe longue portée dans l’arsenal allemand n’a pas été perçue comme un problème urgent. L’Allemagne misait sur une architecture de sécurité collective, sur la dissuasion nucléaire américaine et sur une confiance dans la stabilité du continent qui semblait, jusqu’en 2022, largement acquise. L’invasion de l’Ukraine par la Russie a brutalement mis fin à cette hypothèse de stabilité durable, et avec elle, à la tolérance politique envers ce vide capacitaire.

C’est cette lacune que Friedrich Merz a nommée explicitement devant le Bundestag, en expliquant que l’accord avec Washington allait combler une lacune stratégique importante dans notre défense. La formule est directe et elle assume une réalité inconfortable : l’Allemagne, malgré son poids économique et industriel, s’est longtemps trouvée en retard sur un aspect central de la dissuasion militaire moderne, celui de la frappe à distance.


Il faut nommer les choses sans détour : un pays de la taille de l’Allemagne qui reconnaît publiquement un vide capacitaire aussi central, ce n’est jamais un aveu confortable pour un gouvernement. Le courage politique, ici, consiste précisément à admettre ce retard plutôt qu’à le maquiller derrière des éléments de langage rassurants.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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