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COMMENTAIRE : Comment Erdogan a transformé Ankara en capitale de l’armement occidental
Crédit: Adobe Stock

Le poids de la mémoire chypriote

Environ 56 % des ventes d’armes turques sont allées vers les États-Unis, l’Europe et d’autres alliés occidentaux l’an dernier, un renversement dramatique par rapport à des décennies de frictions remontant au conflit chypriote des années 1970, selon Bloomberg TV Bulgarie. Cette référence historique n’est pas anodine : le conflit chypriote a longtemps empoisonné les relations entre Ankara et plusieurs de ses partenaires de l’Alliance, notamment la Grèce, entraînant des embargos d’armement et une méfiance persistante qui a duré des générations entières de diplomates et de militaires.

Que cette même relation ait pu, en quelques décennies, se transformer en un partenariat industriel aussi dense mesure l’ampleur du chemin parcouru. Ce n’est pas un simple ajustement conjoncturel, c’est une réconciliation industrielle et stratégique de fond, portée par des intérêts économiques et sécuritaires devenus, avec le temps, plus puissants que les rancunes historiques accumulées.

Une croissance qui a quadruplé en six ans

Les ventes des entreprises de défense turques à l’étranger ont quadruplé depuis 2020, selon la même source de Bloomberg TV Bulgarie. Ce rythme de croissance, sur une période aussi courte, témoigne d’une stratégie industrielle turque résolument tournée vers l’exportation, appuyée par des produits reconnus pour leur rapport qualité-prix, notamment dans le domaine des drones de combat qui ont acquis une réputation internationale solide depuis leur utilisation dans plusieurs théâtres de conflit récents.

Cette croissance rapide place aujourd’hui la Turquie parmi les acteurs industriels de défense les plus dynamiques du monde occidental, une position qui aurait semblé improbable il y a encore une décennie, à une époque où les relations entre Ankara et ses partenaires de l’OTAN traversaient des crises récurrentes sur des sujets aussi variés que l’achat de systèmes russes S-400 ou les opérations militaires turques dans le nord de la Syrie.


Quadrupler ses exportations de défense en six ans, ce n’est pas un hasard statistique. C’est le résultat d’un choix industriel assumé, et il faut reconnaître à la Turquie ce mérite, même quand on reste critique sur d’autres aspects de sa politique intérieure.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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