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ESSAI : El-Fasher, ce que le rapport d’Amnesty oblige l’Occident à regarder
Crédit: Adobe Stock

Des civils tués, battus, torturés et détenus

Le rapport documente comment des civils, dans et autour de la capitale du Darfour du Nord, ont été « tués, blessés, battus, torturés et détenus » entre début 2024 et octobre 2025. Cette énumération, reprise verbatim du texte d’Amnesty International, n’est pas un exercice rhétorique. Chaque verbe désigne une catégorie distincte de souffrance infligée, et leur accumulation dans une même phrase traduit l’ampleur systémique de ce qui s’est produit à El-Fasher pendant la durée du siège.

Cette systématisation de la violence, documentée sur une période de près de deux ans, distingue ce dossier d’un simple débordement ponctuel lié aux combats. Elle suggère une organisation, une répétition et une ampleur qui correspondent, selon les critères mêmes établis par le droit international humanitaire, à des violations graves et généralisées plutôt qu’à des incidents isolés commis par des éléments incontrôlés au sein du RSF.

Le témoignage glaçant d’une survivante de 58 ans

Après l’offensive finale du RSF le 26 octobre 2025, Amnesty International a constaté que des centaines de civils ont été exécutés et que de nombreux autres ont été torturés ou détenus. Une survivante de 58 ans dit avoir vu près de 1000 corps, y compris des corps d’enfants. Ce témoignage, cité dans le rapport, ne peut pas être réduit à un simple chiffre parmi d’autres. Il s’agit d’un être humain qui a traversé une ville transformée en scène d’exécutions, et qui a survécu pour porter ce récit jusqu’aux enquêteurs d’Amnesty.

Ce témoignage direct constitue, dans un contexte où l’accès international à El-Fasher est resté extrêmement restreint pendant toute la durée du siège, l’une des rares sources permettant de mesurer l’ampleur réelle de ce qui s’est produit après l’offensive finale. Sa valeur documentaire dépasse largement celle d’une simple anecdote : elle corrobore, à l’échelle individuelle, ce que les analyses satellitaires et les recoupements plus larges du rapport tendent également à établir sur l’ampleur des exécutions.


Il faut nommer les choses sans détour : quand une femme de 58 ans raconte avoir vu près de mille corps dans les rues de sa ville, ce n’est plus une statistique de guerre, c’est un témoignage qui devrait hanter chaque décideur qui a eu, ces derniers mois, le pouvoir d’agir et qui ne l’a pas fait avec la fermeté nécessaire.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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