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FACT-CHECK : L’Allemagne mise sur son réarmement face à la Chine et la Russie en Arctique
Crédit: Adobe Stock

Des chiffres précis et vérifiables

Les chiffres avancés par Friedrich Merz avant son départ pour Ankara sont sans ambiguïté : les dépenses de défense allemandes atteindront 124 milliards d’euros en 2026, contre environ 62 milliards d’euros en 2022, soit un doublement effectif en quatre ans. Le projet de budget fédéral pour 2027, présenté par le ministre des Finances Lars Klingbeil, prévoit une enveloppe de défense de 109,7 milliards d’euros sur des dépenses totales de 555,4 milliards d’euros, avec une trajectoire projetée à 183,7 milliards d’euros de dépenses de défense d’ici 2030.

Klingbeil a justifié cette trajectoire par une phrase désormais largement citée par la presse allemande : « Nous ne pouvons pas nous défendre contre Poutine avec un budget équilibré ». Cette citation illustre la rupture assumée par le gouvernement Merz avec des décennies de rigueur budgétaire, rendue possible par la suspension partielle du frein constitutionnel à l’endettement qui contraignait l’investissement public allemand depuis près de vingt ans.

Une rupture avec l’image du « passager clandestin » de l’OTAN

Merz a lui-même reconnu, lors d’échanges avec la presse à Ankara, que Trump avait des raisons légitimes de critiquer des années de sous-investissement européen, notant que le ratio de contribution entre les États-Unis et le reste de l’OTAN s’élevait à environ 80 pour 20, un déséquilibre qu’il a qualifié lui-même d’« inacceptable ». Cette reconnaissance publique, venant du dirigeant de la plus grande économie européenne, marque une rupture symbolique avec l’image du « passager clandestin » longtemps associée à l’Allemagne au sein de l’Alliance atlantique.

Cette autocritique publique, aussi inhabituelle soit-elle dans le discours politique allemand traditionnel, s’accompagne d’engagements concrets : Merz a confirmé la volonté de faire de la Bundeswehr « l’armée conventionnelle la plus puissante d’Europe », un objectif qui dépasse largement le seul cadre budgétaire pour impliquer une refonte structurelle des capacités militaires allemandes sur plusieurs années.


Il faut du courage politique pour qu’un chancelier allemand admette publiquement que Trump avait raison sur un sujet aussi sensible que le partage du fardeau de la défense occidentale. Je continue de penser que Trump reste un allié imprévisible et parfois dangereux sur le plan diplomatique, mais son insistance brutale sur le réarmement européen aura, paradoxalement, produit un résultat concret que des années de diplomatie plus feutrée n’avaient jamais réussi à obtenir.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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