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ANALYSE : Huit mois après la résolution 2803, le plan de Gaza patine à l’ONU
Crédit: Adobe Stock

Ce que le premier rapport semestriel a mis en avant

Le 15 mai 2026, le Board of Peace a soumis son premier rapport semestriel sur la mise en œuvre de la résolution 2803, couvrant la période du 17 novembre 2025 au 14 mai 2026. Ce rapport a mis en avant plusieurs acquis : le maintien du cessez-le-feu, le retour de tous les otages, et une augmentation de l’assistance humanitaire, selon le Security Council Report. Ce sont des résultats tangibles, qu’il serait malhonnête de minimiser dans un conflit qui a coûté un nombre effroyable de vies.

Mais le même rapport identifie un obstacle central : le refus du Hamas de décommissionner ses armes et de « permettre une transition civile authentique à Gaza ». Le mouvement palestinien, de son côté, aurait rejeté les propositions de désarmement au motif qu’Israël serait lui-même en violation de ses propres obligations de cessez-le-feu, en poursuivant des hostilités à Gaza et en maintenant des restrictions sur l’aide humanitaire. Chaque partie accuse l’autre de saboter l’accord, et c’est cette impasse mutuelle que le Conseil de sécurité doit désormais gérer.

La feuille de route en quinze points, toujours en suspens

Une feuille de route en quinze points, présentée par Mladenov et les États garants — Égypte, Qatar, Türkiye et États-Unis — lors d’un briefing du 21 mai devant le Conseil, reconnaît le National Committee for the Administration of Gaza (NCAG) comme seule autorité transitoire légitime. Ce comité, composé de technocrates palestiniens et établi en janvier sous supervision du Board of Peace, n’a toujours pas pu entrer à Gaza au moment de la rédaction du rapport, selon le Security Council Report. Les discussions sur cette feuille de route n’étaient pas finalisées à la fin de la période couverte.

Cette situation illustre un décalage frappant entre l’architecture institutionnelle élaborée sur le papier — comités, forces internationales, calendriers de retrait — et la réalité opérationnelle sur le terrain, où aucune de ces structures n’a encore pu fonctionner pleinement. L’ingénierie diplomatique la plus sophistiquée ne remplace jamais le consentement effectif des parties au conflit.


Il y a une leçon amère dans cet écart entre le texte de la résolution et sa mise en œuvre : on peut rédiger la feuille de route la plus détaillée du monde, mais si le Hamas refuse de déposer les armes et si Israël continue d’étendre son emprise territoriale, ce ne sont que des mots couchés sur du papier onusien. La diplomatie n’a de valeur que si elle change le réel.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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