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ANALYSE : Pourquoi 69% des victimes viennent des opérations de sécurité
Crédit: Adobe Stock

Une majorité qui inverse l’intuition commune

Le rapport du BINUH établit que 69% des victimes recensées durant le premier trimestre 2026 proviennent d’opérations des forces de sécurité contre les gangs. L’intuition commune, face à une crise de gangs armés, suppose généralement que la majorité des victimes résulte directement de la violence des gangs eux-mêmes. Ce chiffre renverse cette intuition, et c’est précisément ce renversement qui justifie une analyse dédiée.

Ce n’est pas la première fois qu’un conflit armé documente ce type de paradoxe statistique, mais son ampleur ici — près de sept victimes sur dix — rend la question particulièrement pressante pour les 1642 morts et 745 blessés du trimestre. Une majorité aussi nette ne peut jamais être traitée comme un détail secondaire ; elle doit devenir la question centrale de toute lecture sérieuse du rapport.

Ce que le rapport ne détaille pas

Les extraits du rapport du BINUH disponibles via Security Council Report ne précisent pas, à ce stade, la ventilation exacte de ce ratio entre victimes civiles et combattants, ni les circonstances précises de chaque opération recensée dans cette catégorie de 69%. Cette absence de détail impose une prudence méthodologique stricte : le chiffre est solide, mais son interprétation fine reste, pour l’instant, hors de portée avec les seules sources disponibles.

Cette limite ne doit pas servir d’excuse pour ignorer le chiffre ; elle doit au contraire inciter à le traiter avec d’autant plus de sérieux, en évitant à la fois la minimisation et la surinterprétation d’un ratio dont la portée exacte reste, par nature, incomplètement documentée.

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