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ANALYSE : Pourquoi le décompte des violences à Port-au-Prince reste si difficile à établir
Crédit: Adobe Stock

Gangs, forces de sécurité et zones grises

Le paysage sécuritaire de Port-au-Prince en 2026 ne se limite pas à une opposition simple entre les gangs et les forces de sécurité haïtiennes. Selon Security Council Report, la Force de suppression des gangs (GSF), dont le représentant spécial Jack Christofides doit présenter l’état du déploiement au Conseil de sécurité en juillet 2026, s’ajoute à ce paysage comme un acteur multinational supplémentaire, avec ses propres règles d’engagement et ses propres modalités de reporting.

Plus il y a d’acteurs armés qui opèrent sur un même territoire, plus il devient difficile d’attribuer chaque incident avec certitude à l’un plutôt qu’à l’autre ; ce n’est pas une question de mauvaise volonté, c’est une question de complexité structurelle du terrain lui-même.

Ce que cette multiplicité implique pour l’attribution des violences

Cette analyse ne dispose d’aucune source permettant d’affirmer que des acteurs privés non étatiques, au-delà des gangs eux-mêmes, opèrent actuellement à Port-au-Prince. Aucune des sources institutionnelles consultées ne mentionne explicitement une telle présence, et cette analyse se garde donc d’affirmer un fait que rien ne permet de documenter. Ce qui reste établi, en revanche, c’est que la coexistence de plusieurs forces de sécurité aux mandats distincts — forces haïtiennes et GSF multinationale — complique déjà, en elle-même, l’attribution précise de chaque incident violent à une source unique et clairement identifiée.

C’est cette complexité, documentée indirectement par la simple existence de plusieurs chaînes de commandement opérant sur un même territoire, qui constitue le premier obstacle structurel au décompte précis des violences.

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