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ANALYSE : Sept nations, un message à Pékin
Crédit: Adobe Stock

Une échelle qui dépasse les précédents

L’exercice Balikatan, dont le nom signifie littéralement « épaule contre épaule » en tagalog, existe depuis des décennies sous forme bilatérale entre les États-Unis et les Philippines. Sa version 2026, avec 17 000 soldats issus de sept nations selon Asialink, marque un changement d’échelle qui dépasse largement les éditions précédentes. Ce n’est plus un exercice bilatéral élargi à quelques observateurs : c’est devenu une manifestation multilatérale à part entière, où chaque participant apporte une capacité spécifique et un message politique distinct.

La diversité des participants — au-delà des deux piliers historiques que sont Washington et Manille — traduit une volonté partagée de normaliser la coopération multilatérale dans une région où les alliances bilatérales ont longtemps dominé. Cette évolution ne se produit pas dans le vide : elle répond directement à la perception d’une Chine plus assertive dans ses revendications maritimes, une perception que partagent, à des degrés divers, l’ensemble des participants à l’exercice.

Le choix symbolique du terrain philippin

Le choix de mener cet exercice sur le sol philippin n’est pas anodin. Manille se trouve précisément au centre des différends territoriaux les plus actifs de la région, notamment autour du récif de Scarborough et de la zone économique exclusive philippine en mer de Chine méridionale. Installer un exercice de cette envergure sur ce terrain revient à envoyer un signal clair : les partenaires régionaux et occidentaux ne considèrent pas les revendications philippines comme un problème strictement bilatéral entre Manille et Pékin.

Ce positionnement s’inscrit dans une continuité stratégique documentée par Asialink, qui décrit un renforcement plus large des partenariats de sécurité indo-pacifiques face à la Chine. Il serait toutefois excessif de présenter cet exercice comme la preuve d’une alliance militaire formelle et permanente : il s’agit, à ce stade, d’un exercice d’entraînement conjoint, dont la portée politique dépasse sa portée opérationnelle immédiate. Choisir le terrain philippin pour une démonstration multinationale, c’est déjà rendre un verdict silencieux sur la question de savoir qui, dans ce différend, mérite un soutien actif plutôt qu’une neutralité de façade.

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