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DÉCRYPTAGE : Ce que révèle le rapport de l’ONU sur les violences sexuelles à Port-au-Prince
Crédit: Adobe Stock

291 femmes et filles, un homme, une seule période de trois mois

Selon le rapport du bureau intégré, au moins 291 femmes et filles et un homme ont été soumis à des violences sexuelles par des membres de gangs entre janvier et mars 2026. Le terme au moins, employé par le document lui-même selon Security Council Report, signale une réalité bien documentée dans ce type de rapport : le chiffre recensé constitue un plancher, non un total exhaustif, tant les violences sexuelles restent structurellement sous-déclarées dans tous les contextes de conflit armé.

Le mot le plus important de ce chiffre n’est peut-être pas le nombre lui-même, mais les deux mots qui le précèdent : au moins. Ils rappellent que la réalité documentée est presque toujours inférieure à la réalité vécue.

Une part d’un bilan plus large, mais une catégorie à part

Ce chiffre s’inscrit dans un bilan trimestriel qui attribue, selon le même rapport, 27 % des victimes aux gangs directement, et 69 % des victimes aux opérations des forces de sécurité elles-mêmes. Les violences sexuelles documentées, elles, sont explicitement attribuées à des membres de gangs, sans ambiguïté d’attribution dans le document synthétisé par Security Council Report. Cette clarté d’attribution, rare dans un bilan de conflit, mérite d’être soulignée comme un exemple de rigueur méthodologique du rapport lui-même.

Il serait toutefois erroné de traiter ce chiffre comme un phénomène isolé du reste du bilan sécuritaire : il s’inscrit dans une stratégie plus large de terreur territoriale par laquelle les gangs cherchent à asseoir leur contrôle sur certains quartiers de Port-au-Prince, une dynamique que le rapport documente à travers plusieurs catégories de violence simultanées.

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