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DÉCRYPTAGE : Pourquoi certains experts jugent « gonflée » la présentation des chiffres OTAN
Crédit: Adobe Stock

Une hausse réelle, mais déjà consommée en 2025

Le chiffre le plus cité à Ankara concerne l’année 2025, pas 2026. Selon la déclaration du sommet citée par Reuters le 8 juillet 2026, les alliés européens et le Canada ont augmenté leurs investissements de défense de plus de 139 milliards de dollars en 2025, une hausse de près de 20%. C’est un chiffre agrégé, qui somme les efforts de plusieurs dizaines de budgets nationaux distincts, chacun avec son propre calendrier parlementaire et ses propres priorités d’achat.

Présenté à Ankara le 8 juillet 2026 comme une preuve de dynamisme collectif, ce chiffre décrit en réalité une période déjà terminée. Célébrer en juillet 2026 un effort budgétaire de 2025, c’est parler au passé en habillant la phrase au présent. Rien dans les faits disponibles n’indique que cette trajectoire de hausse de 20% se répétera automatiquement en 2026 ou en 2027.

Ce que l’agrégation masque des écarts nationaux

Un chiffre agrégé additionne des situations très différentes. Les données de l’OTAN citées par Reuters le 7 juillet 2026 montrent que cinq pays devraient atteindre 3,5% du PIB en dépenses de défense de base dès 2026: la Lituanie (5,33%), l’Estonie (5,1%), la Lettonie (4,92%), la Pologne (4,68%) et la Grèce (3,65%). Ces cinq pays, situés en première ligne géographique face à la Russie, tirent la moyenne collective vers le haut.

Le chiffre de 139 milliards ne dit rien de la répartition entre pays qui dépassent largement l’objectif de 2% du PIB fixé historiquement par l’OTAN et ceux qui s’en approchent à peine. Un décryptage honnête doit signaler que la moyenne flatte l’ensemble sans révéler les décrochages individuels, que la déclaration du sommet ne détaille pas pays par pays de façon exhaustive.

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