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ESSAI : L’Europe peut-elle vraiment se réarmer au rythme promis à Ankara
Crédit: Adobe Stock

139 milliards de dollars, une hausse déjà réalisée

Selon la déclaration du sommet citée par Reuters le 6 juillet 2026, les alliés européens et le Canada ont augmenté leurs investissements de défense de plus de 139 milliards de dollars en 2025, soit une hausse de près de 20%. Ce chiffre n’est pas une promesse pour l’avenir: c’est un constat rétrospectif, portant sur une année déjà écoulée au moment du sommet. Il constitue, à ce titre, la partie la plus solide de tout le dossier de réarmement européen.

Une hausse de 20% en une seule année représente un effort budgétaire considérable pour des démocraties dont les arbitrages budgétaires sont, par nature, soumis à des pressions concurrentes: santé, éducation, retraites, infrastructures civiles. Vingt pour cent de plus en une seule année, ce n’est jamais un ajustement de routine; c’est le signe d’un choix politique assumé au sommet de chaque gouvernement concerné. Ce constat, à lui seul, invite à prendre au sérieux la dynamique de réarmement en cours.

Une base qui ne dit rien de la trajectoire future

Le fait que cette hausse de 139 milliards de dollars concerne 2025 ne garantit rien pour les années suivantes. Une hausse ponctuelle, même significative, peut résulter de facteurs conjoncturels — urgence perçue, pression diplomatique, contrats déjà engagés — sans nécessairement se répéter à l’identique chaque année jusqu’à l’horizon fixé par les ambitions les plus lointaines du dossier.

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