Les faits vous donnent tort
Fire Point comptait 18 employés en 2022. Elle en emploie aujourd’hui environ 6 000, sur 83 sites en Ukraine et un site au Danemark. Elle produit une centaine de missiles Flamingo par mois, chacun capable de transporter 1 150 kilogrammes d’explosifs sur 3 000 kilomètres.
Ces chiffres, vérifiés par The Guardian, ne laissent aucune place au doute : l’Ukraine a bâti, en trois ans et sous les bombes, une industrie de défense que plusieurs pays occidentaux mettraient des décennies à développer dans les conditions actuelles de leurs propres bureaucraties.
Je vous le dis sans détour : ceux qui doutaient encore de la capacité industrielle ukrainienne doivent aujourd’hui reconnaître leur erreur d’appréciation, et en tirer les conséquences politiques qui s’imposent.
À vous qui retardez le financement européen
Quatre-vingt-dix milliards d’euros en suspens
La reprise de la production à grande échelle de Fire Point a été freinée par le retard de déblocage des 90 milliards d’euros de prêts européens destinés à l’Ukraine. Ce retard, purement politique, a directement ralenti la fabrication de missiles qui protègent des vies ukrainiennes.
Chaque semaine de blocage bureaucratique se traduit par des drones non assemblés, des missiles non produits, et donc par une pression réduite sur l’appareil militaire russe. C’est un choix que vous portez, et dont vous devez répondre devant vos opinions publiques.
Je vous accuse, sans détour, d’une lenteur qui coûte des vies : ce financement doit être débloqué immédiatement, sans nouvelle négociation dilatoire qui ne ferait que prolonger les souffrances ukrainiennes.
À vous qui limitez les frappes en profondeur
L’Ukraine n’attend plus votre feu vert
Pendant des mois, l’Occident a hésité à autoriser des frappes en profondeur avec ses propres munitions. Fire Point a contourné cette hésitation en produisant ses propres missiles, indépendamment de vos règles d’engagement et de vos calculs diplomatiques prudents.
Ce contournement devrait vous interpeller directement : si l’Ukraine peut désormais frapper Moscou sans votre autorisation, quelle légitimité conservez-vous encore à retarder vos propres livraisons d’armements à longue portée ?
Je vous pose la question sans détour : pourquoi continuer à hésiter sur vos propres livraisons d’armes, quand l’Ukraine a prouvé qu’elle saurait de toute façon s’organiser sans vous si nécessaire ?
À vous qui sous-financez votre propre défense antimissile
Six cents Patriot par an, un chiffre indigne
Iryna Terekh, PDG de Fire Point, a rappelé un chiffre glaçant : la production mondiale annuelle de missiles Pac-3 pour systèmes Patriot atteint seulement 600 à 700 unités, soit l’équivalent de ce qui a été consommé au Moyen-Orient en deux semaines de conflit intense.
Cette disproportion n’est pas un détail technique : c’est un aveu d’échec collectif de l’industrie de défense occidentale, incapable de suivre le rythme des conflits contemporains qui se multiplient sur plusieurs continents simultanément.
Je vous le dis avec une colère assumée : découvrir qu’une guerre régionale épuise en quinze jours ce que le monde entier produit en un an devrait vous pousser à une refonte immédiate de vos chaînes industrielles.
À vous qui pourriez apprendre de Freyja
Un intercepteur à un tiers du prix
Le projet Freyja, développé par Fire Point avec l’allemand Hensoldt, vise à produire un intercepteur antimissile à environ un million de dollars, contre 3,8 millions pour un Patriot PAC-3 américain. Neuf autres pays européens participent déjà à cette coalition.
Si ce pari tient ses promesses, vous disposerez enfin d’une alternative crédible et abordable à votre dépendance actuelle envers une chaîne de production américaine saturée. Refuser d’y participer pleinement serait une négligence stratégique impardonnable.
Je vous exhorte à rejoindre massivement ce projet Freyja : il représente peut-être la meilleure chance de l’Europe de sortir de sa dépendance chronique envers des chaînes de production étrangères saturées.
À vous qui négociez encore avec le Kremlin sans rapport de force
Moscou à portée change tout le calcul
Denys Shtilerman, concepteur en chef de Fire Point, a annoncé que l’Ukraine pourrait frapper Moscou avec ses propres missiles balistiques dès cet automne. Ce basculement doit peser directement dans toute négociation diplomatique que vous envisageriez avec Vladimir Poutine.
Négocier avec le Kremlin sans tenir compte de cette nouvelle réalité militaire reviendrait à ignorer sciemment le seul argument qui pourrait réellement pousser Moscou vers une désescalade sincère plutôt que dilatoire.
Je vous préviens solennellement : toute négociation qui ignorerait ce nouveau rapport de force balistique serait une erreur stratégique majeure, dont l’histoire vous demanderait des comptes.
À vous, industriels de la défense occidentale
La leçon d’agilité que vous devez retenir
Fire Point a développé son missile Flamingo en seulement neuf mois, avec des coûts de production largement inférieurs aux standards occidentaux. Cette agilité industrielle, née de la nécessité, devrait inspirer une remise en question profonde de vos propres cycles de développement, souvent interminables.
Je ne vous demande pas de copier aveuglément un modèle né dans l’urgence de la guerre, mais d’en tirer les leçons d’efficacité qui manquent cruellement à plusieurs de vos programmes d’armement actuels, trop lents face aux menaces contemporaines.
Je vous le dis avec une certaine gêne assumée : voir une startup ukrainienne surpasser en agilité certains de vos programmes de défense devrait vous pousser à l’humilité, pas seulement à des félicitations de façade.
À vous qui pensez encore que la Chine est un problème lointain
Le même rythme de production vous attend ailleurs
Ce que Fire Point démontre en Ukraine face à la Russie, la Chine l’observe attentivement pour Taïwan. Une industrie de défense capable de produire massivement, rapidement et à moindre coût constitue précisément le type d’avantage stratégique que Pékin cherche à développer pour ses propres ambitions régionales.
Ignorer cette leçon industrielle ukrainienne, c’est aussi négliger votre propre préparation face à une menace chinoise qui ne partage aucune de vos hésitations bureaucratiques actuelles en matière de production militaire.
Je vous avertis sans détour : la Chine regarde cette guerre comme un laboratoire stratégique, et votre lenteur industrielle actuelle pourrait un jour se retourner contre vous dans le détroit de Taïwan.
À vous qui hésitez encore sur les livraisons d'armes longue portée
L’Ukraine a déjà tranché le débat
Pendant que vous débattiez de l’opportunité de livrer des missiles à longue portée, l’Ukraine a construit sa propre solution. Ce constat devrait clore définitivement vos hésitations passées : la question n’est plus de savoir si l’Ukraine doit frapper en profondeur, mais comment l’Occident peut désormais l’accompagner efficacement.
Refuser encore aujourd’hui d’assumer pleinement ce soutien reviendrait à nier une réalité militaire déjà établie sur le terrain, avec ou sans votre bénédiction diplomatique.
Je vous demande, avec toute la fermeté nécessaire, de cesser vos hésitations passées : le débat sur les frappes en profondeur est tranché, il ne vous reste qu’à en assumer les conséquences politiques.
À vous qui financez Fire Point indirectement
Un investissement, pas une charité
Chaque euro versé à l’Ukraine pour financer sa production de défense n’est pas un acte de générosité désintéressée : c’est un investissement direct dans la sécurité collective de l’Europe, face à une Russie qui n’a jamais renoncé à ses ambitions impériales sur le continent.
Je vous demande de présenter cet investissement à vos opinions publiques respectives non comme une dépense contestable, mais comme la garantie la plus rentable de votre propre sécurité future face au Kremlin.
Je vous exhorte à changer votre discours public : arrêtez de présenter ce financement comme un fardeau, commencez à le présenter comme l’assurance-vie la plus rentable de votre propre sécurité nationale.
À vous qui négligez la dépendance stratégique ukrainienne
Diversifiez, avant qu’il ne soit trop tard
Fire Point assurerait aujourd’hui environ 60 % des frappes profondes ukrainiennes. Cette concentration industrielle, si elle traduit une efficacité indéniable, constitue aussi une vulnérabilité que la Russie pourrait chercher à exploiter par une frappe ciblée sur ses sites de production.
Vous devez aider Kyiv à diversifier ses capacités de production militaire, plutôt que de vous satisfaire du succès apparent d’une seule entreprise, aussi remarquable soit-elle dans les circonstances actuelles.
Je vous alerte avec insistance : cette dépendance envers une seule entreprise m’inquiète sincèrement, et votre aide devrait aussi viser à multiplier les acteurs industriels ukrainiens, pas seulement à célébrer Fire Point.
À vous, alliés de l'Allemagne et de l'Europe du Nord
Diehl Defence montre la voie
L’allemand Diehl Defence envisage déjà de produire le missile Flamingo sur son propre territoire. Ce partenariat naissant devrait être encouragé, accéléré, et étendu à d’autres industriels européens, plutôt que de rester une initiative isolée dépendant de la seule bonne volonté allemande.
Une production partagée du Flamingo en Europe renforcerait simultanément la sécurité ukrainienne et l’autonomie stratégique européenne, deux objectifs que vous prétendez pourtant défendre depuis le début de cette guerre.
Je vous encourage vivement à suivre l’exemple allemand : chaque usine européenne qui produit du Flamingo est une usine qui renforce directement notre sécurité collective face à la Russie.
À vous qui doutez encore du courage ukrainien
La preuve est désormais industrielle
Le courage ukrainien ne se mesure plus seulement sur les lignes de front : il se mesure aussi dans les ateliers, les usines, les centres de recherche où des milliers de civils reconvertis produisent, chaque jour, les armes qui permettent à leur pays de continuer à résister.
Cette preuve industrielle devrait clore définitivement tout débat sur la détermination réelle de l’Ukraine à se défendre jusqu’au bout, malgré les sacrifices humains et économiques considérables que cette guerre continue d’imposer à sa population.
Je vous demande de cesser tout doute résiduel sur la détermination ukrainienne : cette industrie née sous les bombes est la preuve la plus tangible qu’aucun découragement n’a jamais eu raison de ce peuple.
À vous, futurs partenaires de l'Ukraine d'après-guerre
Préparez déjà la coopération industrielle
Iryna Terekh a exprimé le souhait que l’Ukraine devienne, après la guerre, exportatrice de technologies à forte valeur ajoutée. Vous devez, dès maintenant, préparer les cadres juridiques et commerciaux qui permettront cette coopération industrielle durable, plutôt que d’attendre la fin du conflit pour improviser.
Anticiper cette relation économique future n’est pas prématuré : c’est une nécessité stratégique, tant l’expertise ukrainienne acquise sous le feu pourrait devenir un atout majeur pour l’ensemble de l’industrie de défense occidentale.
Je vous invite à ne pas attendre la fin de cette guerre pour construire ce partenariat industriel : chaque mois de retard est une opportunité stratégique perdue pour l’ensemble de l’Occident.
À vous qui portez la responsabilité historique de ce moment
L’histoire jugera vos hésitations
Ce que Fire Point accomplit aujourd’hui restera dans l’histoire comme la preuve qu’une nation agressée peut, par nécessité, rattraper industriellement des puissances bien plus riches et mieux équipées au départ. Votre rôle, désormais, est de ne pas freiner cette dynamique par des calculs politiques de court terme.
Chaque décision que vous prendrez dans les prochains mois, sur le financement, les livraisons d’armes ou les partenariats industriels, sera scrutée par l’histoire comme un test de votre engagement réel envers l’Occident que vous prétendez défendre.
Je vous rappelle solennellement que l’histoire retiendra vos choix : soutenir pleinement cette dynamique industrielle ukrainienne, ou porter la responsabilité de son ralentissement par pure frilosité politique.
Conclusion : à vous, une dernière exigence
Agissez, sans plus attendre
Je vous demande, avec toute la fermeté que cette lettre porte depuis sa première ligne, de débloquer sans délai les financements promis, d’accélérer les partenariats industriels avec Fire Point et ses équivalents, et de cesser de traiter la production de défense ukrainienne comme un simple sujet secondaire dans vos agendas diplomatiques.
L’Ukraine a prouvé, par les faits, qu’elle mérite votre confiance industrielle pleine et entière. Il vous reste désormais à prouver, par vos actes, que vous méritez la vôtre.
Une dernière pensée, personnelle
Je conclus cette lettre avec la conviction que l’Occident ne peut pas se permettre d’observer passivement cette réussite industrielle sans en tirer toutes les conséquences stratégiques qui s’imposent, face à la Russie, mais aussi face à la Chine et à ses ambitions grandissantes.
Vous avez entre les mains l’occasion de transformer une résistance ukrainienne exemplaire en victoire stratégique collective pour tout l’Occident. Ne la laissez pas filer par excès de prudence ou de calcul électoral court-termiste.
Je referme cette lettre avec une exigence simple mais non négociable : soutenez pleinement cette industrie, car elle ne défend pas seulement l’Ukraine, elle défend aussi, directement, notre propre sécurité occidentale.
Signé Maxime Marquette, chroniqueur
Sources :
Sources Primaires :
Sources Secondaires :
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.