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ENQUÊTE : Pékin coupe l’Afrique à 2,1 milliards de prêts mais amarre l’Amérique latine à Chancay
Crédit: Adobe Stock

En Angola, la dette a une odeur. Celle du brut.

Luanda avait gagé son pétrole contre les milliards chinois. Baril par baril. Cargaison par cargaison.

Depuis 2020, cette ardoise pétrolière a fondu de moitié et davantage. L’analyse d’Oxford Economics la voit passer de 16,3 milliards à 6,8 milliards à la mi-2026.

Bonne nouvelle sur le papier.

Mais chaque baril qui part rembourser est un baril qui ne paie ni l’école, ni l’hôpital, ni la route.

Le pétrole angolais rembourse d’abord.

Il nourrit ensuite, s’il en reste.

Le mécanisme porte un nom propre, presque élégant : prêt adossé aux ressources.

En clair, les cargaisons partent vers les raffineries chinoises, et l’argent qu’elles valent transite par des comptes que Luanda ne contrôle qu’à moitié. Le créancier se sert à la source, avant même que le trésor angolais voie la couleur des billets.

On appelait cela du troc quand c’étaient des villages qui le pratiquaient.

On appelle cela de l’ingénierie financière quand c’est une puissance nucléaire.

La Zambie, elle, a fait défaut en 2020 — premier pays africain tombé pendant la pandémie — et elle vient à peine de finir de se relever.

Le Fonds monétaire international a bouclé en janvier la sixième et dernière revue de son programme de sauvetage. Environ 1,7 milliard de dollars au total depuis l’approbation du 31 août 2022, décaissé tranche par tranche. Lusaka, elle, négociait chaque ligne de sa dette avec ses créanciers — Pékin en tête de table.

Trois ans et demi de revues, d’austérité mesurée, de files d’attente devant les décisions des autres.

L’Éthiopie attend toujours.

Sa restructuration est au point mort, et un pays qui attend ses créanciers est un pays qui retient son souffle.

On ne rembourse pas un rêve ; on rembourse un échéancier.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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