Skip to content
ANALYSE : CENTCOM revendique 67 navires détournés et 3 désactivés, mais personne d’autre ne tient le compte
Crédit: Adobe Stock

Que signifie « désactiver » un navire ? Deux cas documentés donnent la réponse. Elle tient en un mot. Un mot que le vocabulaire officiel évite : missile.

Le 15 juillet, moins de vingt-quatre heures après la reprise du blocus, le commandement central annonce avoir neutralisé le M/T Belma, un tanker sous pavillon de Curaçao qui faisait route vers l’île de Kharg, terminal pétrolier iranien. Méthode décrite par la note officielle elle-même : un missile Hellfire dans la cheminée. Le premier bilan de vingt-quatre heures tombe dans la même publication : 2 navires redirigés, 1 désactivé.

Le 11 août, Al Jazeera rapporte le second cas : le Vela Nova, cargo sous pavillon panaméen qui tentait selon Washington de forcer le blocus. Deux missiles Hellfire tirés d’un hélicoptère de la marine américaine, l’un dans la salle des machines, l’autre dans les organes de gouverne. À cette date, le décompte américain s’établissait à 55 redirigés, 3 désactivés, 2 arraisonnés.

« Désactivé » signifie donc : frappé au missile antichar, immobilisé en mer, équipage livré à la suite. Le participe passé est administratif. L’acte ne l’est pas. Quand un état-major choisit un mot pareil, il ne décrit pas une opération : il en règle la température.

L’euphémisme comme politique éditoriale d’état-major

Ce n’est pas un détail de traduction. Entre « nous avons tiré deux missiles sur un cargo » et « nous avons désactivé un navire non-compliant », il y a toute la distance entre une image de guerre et une ligne de tableur. Le commandement central a choisi la ligne de tableur, et la quasi-totalité de la presse mondiale recopie le verbe sans le déplier. Nous le déplions ici, une fois pour toutes, parce qu’un lecteur qui lit « désactivé » doit voir un impact de missile, pas un interrupteur.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu