Le retrait mis en scène
Le retrait n’a pas été traité comme une opération administrative discrète. L’ambassadrice Leah Campos a publié une vidéo où l’œuvre apparaît d’abord couverte par une bâche imprimée du drapeau américain. La bande sonore choisie était We’re Not Gonna Take It. Son message annonçait qu’elle tournait le dos aux idéologies « globalistes et woke » pour embrasser le patriotisme américain et la beauté du pays.
On peut aimer le drapeau. On peut vouloir que les ambassades projettent la force, la liberté et la confiance nationales. Rien de cela n’oblige à draper une acquisition publique comme si elle contaminait le mur, puis à accompagner son départ d’un hymne de défi. La mise en scène a changé une décision curatoriale en victoire partisane.
Quand l’État fabrique lui-même le scandale
Erin Scavino, directrice d’Art in Embassies, a dit avoir travaillé fort pour faire enlever le tableau. Elle l’a qualifié de « très woke » et d’« esthétiquement terrifiant », avant d’ajouter qu’il était de l’homme ayant peint Obama. Aucun de ces mots n’explique ce qui, dans les quatre figures, leurs poses ou les références dominicaines, contredirait la mission américaine.
Le gouvernement pouvait décrocher le tableau. Il a choisi de l’humilier. Cette différence n’est pas esthétique. Elle est institutionnelle.
Une superpuissance ne gagne rien à faire semblant d’avoir peur d’une toile.
Ce que le tableau représente vraiment
Quatre étudiants, deux maîtres dominicains
La brochure officielle de l’ambassade, publiée bien avant la présente bataille, décrit une collaboration avec des étudiants de la Facultad de Artes et de l’Altos de Chavón School of Design. Leurs poses reprennent deux œuvres de l’histoire dominicaine : Desnudo Femenino, peint par Celeste Woss y Gil en 1940, et Siamesas, réalisé par Gilberto Hernández Ortega en 1960.
L’œuvre mesure 107 pouces sur 150, soit près de 2,72 mètres sur 3,81 mètres. Elle ne dissimule donc ni son ambition ni son langage visuel. Wiley transpose dans le présent des poses autrefois réservées aux figures de prestige. On peut trouver le résultat monumental, chargé, trop décoratif ou tout simplement laid. Le goût n’a pas besoin d’un permis.
Le message que Washington avait lui-même choisi
Le catalogue fédéral disait que la collection célébrait les liens profonds entre les cultures dominicaine et américaine. Il présentait la toile comme un pont entre histoire locale, nouvelles conventions et avenir artistique. Autrement dit, l’explication « globaliste » ne dévoile pas un projet caché. Elle renomme avec mépris la mission explicite que le Département d’État avait commandée.
Ce tableau ne cachait pas son programme. Washington l’avait imprimé dans son propre catalogue.
Une administration peut conclure que cette vision ne sert plus ses objectifs. Mais elle doit alors dire lesquels, montrer la contradiction et proposer mieux. « Woke » ne fait aucun de ces travaux.
Le droit de changer de cap
Trump a reçu un mandat politique réel
Il faut reconnaître ce que plusieurs critiques refusent d’admettre : Donald Trump a le droit de réorienter la politique culturelle de l’exécutif. Les ambassades ne sont pas des musées autonomes échappant au suffrage. Elles représentent le gouvernement en place. Si ce gouvernement veut exposer davantage de symboles nationaux, d’histoire militaire, d’invention américaine ou de récits sur la liberté, ce choix appartient au débat démocratique.
L’exposition officielle Passport to Patriotism illustre cette orientation. Présentée pour le 250e anniversaire des États-Unis, elle réunit 30 artistes ou entités artistiques et relie patriotisme, diplomatie et identité nationale. Il ne s’agit pas d’une idée absurde. Un pays qui ne sait plus raconter ce qu’il admire finit par laisser ses adversaires raconter ce qu’il est.
Le patriotisme n’exige pas l’amnésie
Trump a aussi raison sur un point plus large : les institutions culturelles ne sont jamais complètement neutres. Les choix d’acquisition, les cartels, les absences et les thèmes établissent tous une hiérarchie. Demander qui choisit et selon quelles valeurs est légitime.
Mais une réorientation sérieuse devrait être capable de nommer une faute précise. Ici, le tableau montre des jeunes Dominicains dans un dialogue avec leur propre patrimoine artistique. Le remplacer par une vision patriotique peut être un choix; prétendre que sa simple présence trahit l’Amérique est une paresse.
Le mandat autorise la direction. Il n’abolit pas la démonstration.
Le mot « woke » comme formulaire vide
Une étiquette sans objet
« Woke » peut désigner une bureaucratie obsédée par les identités, une politique de quotas, un langage coercitif ou une lecture raciale qui écrase tout le reste. Ces phénomènes existent. Les conservateurs ne les ont pas inventés. Mais lorsqu’un mot finit par signifier tout ce qu’un responsable n’aime pas, il ne décrit plus rien.
Qu’y a-t-il de « woke » dans cette œuvre précise? Quatre personnes noires? La taille des fleurs? Le fait que les modèles soient dominicains? La reprise de deux peintres du pays hôte? Les responsables cités n’ont offert aucun examen de la toile elle-même. Ils ont livré un adjectif, une association avec Obama et une condamnation générale de l’artiste.
Le langage de campagne entre à l’ambassade
Une campagne gagne en simplifiant. Une diplomatie réussit en distinguant. L’une cherche le mot qui rassemble son camp; l’autre cherche le geste que l’autre pays peut comprendre sans perdre la face. Importer le vocabulaire d’un rassemblement partisan dans une collection diplomatique produit donc un coût immédiat : le pays hôte n’est plus partenaire de la conversation, il devient décor d’une bataille américaine.
Le mot devait expliquer le retrait. Il a surtout révélé l’absence d’explication.
Ce n’est pas une défense sacrée de l’art contemporain. C’est une exigence minimale envers l’État : quand il agit au nom des citoyens, il doit pouvoir parler plus précisément qu’un compte partisan.
Le dossier troublant de Kehinde Wiley
Des paroles qui méritent une condamnation
La réponse du Département d’État n’est pas entièrement inventée. Wiley a décrit une autre œuvre, Judith and Holofernes, comme un jeu sur l’expression « kill whitey ». La toile de 2012 réinterprète un récit biblique dans lequel Judith décapite un général envahisseur; chez Wiley, une femme noire tient la tête d’une femme blanche. La formule raciale de l’artiste était irresponsable, provocatrice et indigne d’une institution qui prétend rapprocher les peuples.
Les partisans de Wiley ne devraient pas dissoudre cette phrase dans un cours d’histoire de l’art. Le contexte biblique éclaire l’image; il n’efface pas les mots. Une administration peut raisonnablement se demander si elle veut continuer d’honorer publiquement un artiste qui a parlé ainsi.
Des accusations graves, mais contestées
Plusieurs personnes ont aussi accusé Wiley d’inconduite et d’agression sexuelles. Il a nié, parlant de relations consensuelles ou d’allégations fausses et diffamatoires. Des musées ont suspendu des projets. Ces accusations sont graves. Leur statut doit rester exact : ce sont des allégations contestées, pas un jugement rendu.
Le Département d’État pouvait annoncer une révision de sa relation avec l’artiste, suspendre de nouvelles commandes ou demander un avis éthique. Il a plutôt utilisé ce dossier personnel pour justifier après coup le retrait d’une œuvre sans rapport avec les gestes allégués.
On peut condamner les paroles sans falsifier le statut des accusations.
Le manuel du Département contredit le spectacle
Une autorité réelle, encadrée
Le Foreign Affairs Manual donne à l’Office of Art in Embassies une autorité considérable. Ce bureau supervise la curation, l’acquisition, le placement, l’entretien et la programmation des collections permanentes dans les bâtiments diplomatiques. Il doit approuver par écrit les déplacements et les retraits.
Cette règle empêche de raconter que l’ambassadrice aurait agi sans aucun pouvoir ou que l’œuvre serait intouchable. Le bureau dirigé par Scavino possède précisément l’autorité administrative requise pour permettre un déplacement. Une critique honnête doit l’admettre.
Retirer n’est pas vendre
Le même manuel distingue aussi la désinstallation, le transfert et la disposition. Une collection permanente ne doit pas être déplacée, recouverte, masquée, entreposée ou désaffectée sans autorisation. La vente d’un bien culturel exige des approbations écrites, des instructions sur l’affectation des fonds et une déclaration au moyen du formulaire DS-132.
Le Département a donc dit consulter des représentants juridiques pour savoir si la toile pouvait être vendue. Cette prudence est bienvenue. Elle confirme aussi que la vidéo triomphale précédait la conclusion du processus le plus important.
Le drapeau est arrivé avant l’avis juridique.
Le contribuable n’a pas acheté un accessoire de parti
Un actif public possède une mémoire
La peinture a été payée avec des fonds publics dans le cadre d’un projet d’ambassade. Son prix exact n’a pas été rendu public dans les sources consultées. Il serait donc irresponsable d’inventer une valeur ou de déduire sa valeur marchande d’une autre œuvre de Wiley.
Ce que nous savons suffit : un actif public ne devient pas le butin idéologique du gouvernement du jour. Il peut être déplacé, prêté, conservé, transféré ou même vendu si le droit et les règles patrimoniales le permettent. Chacune de ces options exige un motif, une trace et une protection de l’intérêt public.
La vente changerait la nature du geste
Décrocher une œuvre laisse ouverte la possibilité de la réinstaller ailleurs ou de la conserver. La vendre la fait sortir de la collection. Ce n’est plus seulement un changement de décor : c’est une décision patrimoniale potentiellement irréversible.
Une administration soucieuse des contribuables devrait publier l’autorité juridique invoquée, l’évaluation indépendante, la méthode de vente, le traitement des recettes et la raison pour laquelle un transfert vers une autre institution publique ne conviendrait pas. « Fièrement » vendre n’est pas un processus de disposition.
On peut gouverner une collection. On ne la liquide pas pour produire un extrait vidéo.
Soixante-treize ans de diplomatie par l’art
Une fenêtre ouverte en 1953
L’histoire officielle du programme commence en 1953, lorsque le Museum of Modern Art imagine de placer des œuvres américaines dans des résidences diplomatiques. L’idée était simple : une ambassade pouvait devenir une fenêtre sur la création d’un pays, au-delà des discours et des communiqués.
John F. Kennedy a formalisé Art in Embassies au Département d’État en 1963. Après la dissolution du comité du MoMA en 1970, le Département a pris en charge l’ensemble des expositions dans les postes. Aujourd’hui, le programme dit travailler dans 189 pays et avoir établi plus de 100 collections permanentes.
La diversité n’était pas un accident tardif
Dès ses origines, le programme mêlait des œuvres américaines et celles des pays d’accueil. Il voulait montrer la qualité, l’étendue et la diversité des cultures. Ce vocabulaire n’est pas une greffe récente de consultants en diversité. Il appartient à l’architecture diplomatique du projet.
La force du programme résidait justement dans la pluralité qu’un régime autoritaire aurait peur de montrer. Les États-Unis pouvaient exposer une œuvre controversée sans demander au visiteur de l’aimer. Cette confiance était le message.
La vitrine américaine impressionnait parce qu’elle n’avait pas besoin d’un seul style.
Le fantôme du foyer de la Maison-Blanche
Obama avait déjà été déplacé
En avril 2025, la Maison-Blanche a installé dans son foyer une peinture de Trump levant le poing après la tentative d’assassinat de Butler. Le portrait officiel de Barack Obama, dévoilé en 2022, a été déplacé sur le mur opposé. Le portrait de George W. Bush devait à son tour rejoindre celui de son père près de l’escalier.
La tradition voulait que les portraits des deux présidents précédents occupent une place visible dans le foyer. Trump, redevenu président après avoir lui-même été un ancien président, présentait un cas inédit. Il était parfaitement légitime d’exposer l’image de Butler, devenue un morceau de l’histoire politique américaine. S’installer à la place réservée aux prédécesseurs restait un geste de rupture.
Une association devenue méthode
Le tableau de Saint-Domingue n’est pas le portrait déplacé à Washington. Pourtant, la manière dont Scavino a invoqué « l’homme qui a peint Obama » inscrit l’affaire dans le même langage symbolique. L’artiste devient Obama par proximité; l’œuvre dominicaine devient suspecte par filiation.
Ce raisonnement est faible. Il est aussi politiquement efficace, parce qu’il transforme une discussion complexe sur l’art public en nouvel épisode du duel Trump-Obama. Un gouvernement qui veut sortir de l’ombre d’Obama devrait commencer par cesser de voir Obama dans chaque tableau.
À force de vouloir effacer un prédécesseur, on le peint partout.
Le vieux piège américain des guerres culturelles
Le Corcoran croyait éteindre l’incendie
En 1989, la Corcoran Gallery of Art de Washington a annulé à la dernière minute une rétrospective de Robert Mapplethorpe, alors que le financement public de l’art et l’obscénité déclenchaient une bataille au Congrès. L’institution espérait éviter une confrontation. Elle a plutôt placé la censure au centre du débat; des manifestants ont projeté les images sur sa façade.
Le contenu des photographies de Mapplethorpe était autrement plus explicite que quatre étudiants posant dans une toile fleurie. Le parallèle ne porte pas sur l’équivalence des œuvres. Il porte sur le mécanisme : une institution tente de réduire un risque politique en retirant une image et donne à cette image une puissance nationale qu’elle n’avait pas.
La morale publique se retourne vite
Les guerres culturelles promettent toujours de protéger le public. Elles finissent souvent par récompenser les provocateurs, affaiblir les institutions prudentes et convertir chaque conservateur en combattant partisan. Le tableau retiré devient plus célèbre; le geste administratif devient un symbole; la question de fond disparaît.
Trump comprend mieux que presque tous ses adversaires la valeur politique d’une image. C’est précisément pourquoi son administration aurait dû éviter le piège. La bâche étoilée n’a pas enterré la toile. Elle lui a offert sa campagne de publicité.
Le pouvoir voulait fermer le cadre. Il l’a agrandi.
La République dominicaine reléguée au second plan
Les modèles n’étaient pas des accessoires américains
Le tableau représente des étudiants dominicains et cite des artistes dominicains. Il avait été pensé pour Saint-Domingue, pas transporté au hasard depuis une réserve de Washington. Cette dimension locale explique sa valeur diplomatique : des visiteurs pouvaient reconnaître leur propre histoire dans un bâtiment américain.
La vidéo du retrait a recentré le récit sur la politique intérieure des États-Unis. Obama. MAGA. « Woke ». Patriotisme. L’élection américaine a mangé la relation bilatérale. Les quatre jeunes du tableau ont cessé d’être des interlocuteurs; ils sont devenus des figurants dans une victoire culturelle importée.
Le soft power commence par regarder l’autre
Une ambassade n’est pas un salon privé. Son décor communique avant le premier rendez-vous. Montrer seulement des images de soi peut exprimer la confiance; montrer aussi le pays hôte exprime le respect. Les meilleurs programmes de diplomatie culturelle font les deux.
Campos veut que l’ambassade reflète la beauté, la force et l’engagement américain envers la liberté. Très bien. Mais la liberté américaine n’est-elle pas assez grande pour dialoguer avec Woss y Gil, Hernández Ortega et quatre étudiants de leur pays? Le patriotisme qui refuse le visage du voisin ressemble moins à une conviction qu’à une fermeture.
Une ambassade parle au nom de l’Amérique, mais elle parle toujours à quelqu’un.
La bonne réponse aux idéologies n’est pas une autre orthodoxie
Réformer sans purger
L’administration Trump a placé la lutte contre les récits divisifs au centre de sa politique culturelle. Son décret sur l’histoire américaine demande des musées inspirants, attachés aux réalisations nationales et hostiles à l’endoctrinement. Cette ambition peut répondre à un malaise réel : trop d’institutions ont parfois traité le public comme un élève à corriger plutôt que comme un citoyen à convaincre.
Mais le décret vise notamment le Smithsonian et les sites historiques fédéraux; il ne constitue pas, à lui seul, l’ordre juridique de vendre cette œuvre du Département d’État. Et surtout, combattre une orthodoxie par une autre ne restaure ni la vérité ni la confiance. Cela change seulement les mots interdits et les gardiens de la porte.
Une politique conservatrice digne de ce nom
Conserver signifie aussi transmettre ce qu’on n’aurait pas choisi soi-même. Une politique culturelle conservatrice pourrait inventorier rigoureusement les actifs, publier ses critères, protéger les œuvres de valeur, contextualiser les controverses et commander de nouvelles pièces qui expriment la vision du gouvernement.
Elle pourrait même accrocher près de Wiley une œuvre patriotique qui le contredit. Le visiteur verrait alors une Amérique assez sûre d’elle pour soutenir une conversation. Enlever, bâcher et vendre constitue la réponse la plus courte, pas la plus forte.
Une politique de confiance ajoute des œuvres. Une politique de peur retire des témoins.
Le test que le camp Trump doit accepter
La règle doit survivre au changement de pouvoir
Imaginons une prochaine administration démocrate jugeant « toxique » une œuvre représentant la frontière, une église, un soldat ou un drapeau. Elle la couvre, célèbre son retrait sur une chanson militante et annonce vouloir la vendre parce que son auteur a soutenu Trump. Les conservateurs dénonceraient, avec raison, une purge partisane.
Le principe ne change pas selon la couleur du ruban. Si l’on veut protéger l’art public contre la gauche militante, il faut aussi le protéger contre la droite triomphante. Sinon, on ne défend pas une institution; on demande seulement le contrôle de ses murs jusqu’à la prochaine élection.
Le soutien critique est plus exigeant
Soutenir Trump lorsqu’il force des bureaucraties opaques à rendre des comptes ne commande pas d’applaudir chaque mise en scène. Au contraire. Une présidence qui promet compétence, ordre et respect de l’argent public doit être jugée plus sévèrement lorsqu’elle substitue un slogan à une procédure.
Les adversaires de Trump exagèrent souvent jusqu’à rendre leurs critiques inutiles. Le titre laissant croire à l’enlèvement d’un portrait d’Obama en est un exemple. Leur imprécision ne blanchit pourtant pas celle du Département d’État. Deux récits paresseux ne fabriquent pas une vérité.
Le soutien qui refuse de juger devient une permission.
Le tableau final
Ce qui est défendable
Oui, l’administration peut revoir les collections diplomatiques. Oui, elle peut vouloir plus d’art patriotique. Oui, les propos de Wiley sur « kill whitey » méritent d’être condamnés. Oui, les allégations visant l’artiste justifient un examen prudent, tout en restant des allégations qu’il nie. Oui, une œuvre permanente peut être déplacée selon les règles.
Ces concessions ne sont pas des politesses. Elles sont le socle sans lequel la critique devient une autre propagande. Trump ne doit pas être jugé coupable parce qu’il est Trump, pas plus que son administration ne doit être déclarée innocente parce qu’elle combat le mot « woke ».
Ce qui ne tient pas
Ce qui ne tient pas, c’est l’association paresseuse avec Obama. C’est le refus de critiquer le contenu réel de la toile. C’est l’emploi d’accusations contestées comme verdict moral prêt à servir. C’est la célébration avant la fin de l’examen juridique. C’est la confusion entre patriotisme et effacement.
Le tableau peut ne jamais revenir sur ce mur. Cette décision peut même être légale et politiquement populaire. Mais la puissance américaine ne se mesure pas au nombre d’images qu’elle réussit à cacher.
Le vrai patriotisme n’a pas besoin d’une bâche.
Elle se mesure à la solidité des raisons qu’elle ose laisser visibles.
Signé Maxime Marquette, chroniqueur
Sources :
Sources Primaires :
Département d’État, gestion des collections permanentes d’Art in Embassies
Département d’État, retrait et cession des œuvres
Art in Embassies, histoire officielle du programme
Art in Embassies, initiative Passport to Patriotism
Maison-Blanche, décret sur l’histoire américaine, 27 mars 2025
Sources Secondaires :
Ambassade des États-Unis à Saint-Domingue, catalogue de la collection
The New York Times, retrait du tableau de Kehinde Wiley, 24 août 2026
TIME, le tableau, les justifications et les réactions, 25 août 2026
The Art Newspaper, retrait et statut de l’œuvre, 25 août 2026
Associated Press, déplacement du portrait d’Obama à la Maison-Blanche, 11 avril 2025
CNN, accusations contre Kehinde Wiley et dénégation de l’artiste, 20 mai 2024
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