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CHRONIQUE : Le visa suspendu, la famille condamnée à attendre
Crédit: Adobe Stock

Une formation, vraiment

Washington appelle cela une initiative de formation approfondie. Les agents consulaires doivent recevoir de nouvelles directives afin d’évaluer les demandeurs de façon « complète et cohérente », notamment leur risque futur de dépendre de prestations publiques. Former des fonctionnaires n’a rien d’illégitime. Une administration responsable doit expliquer une règle, harmoniser son application et corriger les écarts. Mais ici, le moyen choisi n’est pas une séance interne accompagnée d’un calendrier public. C’est un ajustement mondial des rendez-vous d’immigration. La formation est la justification administrative; la mise en attente de familles, de travailleurs et de futurs résidents en est l’effet politique immédiat. Appeler le premier ne fait pas disparaître le second.

Le verbe qui absorbe tout

« Ajuster » est un verbe commode. Il ne dit ni combien, ni jusqu’à quand, ni selon quel ordre les rendez-vous reviendront. Il ne distingue pas un report de 48 heures d’un gel de plusieurs mois. Il ne dit pas si les cas urgents seront protégés ni si les dossiers arrivés au terme d’un long parcours retrouveront leur place initiale. Il fabrique une brume où l’administration conserve toute sa latitude pendant que le demandeur conserve toutes ses obligations. Quand le pouvoir refuse de mesurer l’attente qu’il impose, son vocabulaire devient une forme de pouvoir. Ce n’est pas une querelle de mots. C’est la différence entre gérer un service et gouverner des vies par l’indétermination.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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