Le calcul de septembre — élections d’abord, appel du bureau ensuite
La Douma vote les 18, 19 et 20 septembre 2026. Åslund écrit que la spéculation est déjà largement répandue : Poutine ordonnerait une mobilisation militaire juste après, une fois les urnes rangées. On appelle ça faire les choses dans l’ordre. On appelle ça aussi savoir que le mot mobilisation, prononcé une seconde fois, ne passera pas comme la première.
Septembre 2022, le précédent que personne n’oublie
La première mobilisation de septembre 2022 a vidé le pays de ses jeunes hommes éduqués — « en masse », écrit Åslund. Ils sont partis vers la Géorgie, le Kazakhstan, la Turquie, Dubaï. Ils ne sont pas revenus. Le Kremlin sait combien lui a coûté cette hémorragie. Il sait aussi que la main-d’œuvre russe est déjà rare. Une deuxième mobilisation viderait ce qui reste. Le régime a le choix entre saigner son économie ou saigner son front. Il ne peut plus faire les deux.
Plus d'obus qui viennent des bons endroits
Pyongyang, fournisseur principal, qui commence à fatiguer
La Corée du Nord fournit désormais entre 35% et 50% des besoins russes en munitions, selon le renseignement extérieur ukrainien cité par le Congrès mondial ukrainien : environ 200 000 à 260 000 obus de 152 mm et de 122 mm chaque mois. Sur trois ans, l’estimation publique tourne autour de huit millions d’obus livrés, avec un plafond parfois avancé à onze millions. Ce n’est pas rien. C’est même énorme. Mais c’est aussi ce que la Russie ne peut plus produire elle-même.
La qualité, la cadence, le plafond
Les analystes de terrain notent des taux de ratés plus élevés qu’attendu sur certains lots nord-coréens. Ukrainska Pravda a rapporté en mars 2026 que les livraisons de Pyongyang avaient sensiblement ralenti depuis le début de l’année : sur les deux premiers mois, une seule livraison identifiée, contre une moyenne antérieure de plusieurs voyages par mois. Un fournisseur unique dont la cadence baisse et la qualité vacille, ce n’est pas une alliance stratégique. C’est un pansement.
Plus de raffineries qui tiennent debout
58% de la capacité russe touchée à un moment donné
Mi-juillet 2026, Kpler chiffre l’immobilisation combinée à environ 4,3 millions de barils par jour de capacité de raffinage soit touchée, soit à l’arrêt. C’est près de 58% de la capacité russe de raffinage. Un journal de trading indépendant, en août 2026, évoque une capacité de raffinage effectivement hors service supérieure à 40% après les frappes du week-end sur Saratov et Engels. Les deux chiffres ne se contredisent pas. Ils décrivent la même chose vue à des moments différents. La Russie a construit des raffineries pendant soixante-dix ans. L’Ukraine les débranche en dix-huit mois.
Orsk, Ryazan, Novokouïbychevsk, Volgograd, Saratov
La liste s’allonge chaque semaine. Le 11 août 2026, la raffinerie d’Orsk cesse de traiter du pétrole après un incendie causé par une frappe de drones ukrainiens — à 1 900 kilomètres de la frontière, précise Reuters. La raffinerie d’Ilsky brûle le 8 août. Yaroslavl brûle le 6 août. TANECO, qui a traité 17 millions de tonnes de brut en 2024, est frappée le 10 août. Les onze plus grosses raffineries russes ont toutes été touchées au moins une fois en 2026. Il y a le rationnement d’essence dans des dizaines de régions russes. Il y a la file d’attente aux pompes. Il y a la moisson russe qui ralentit parce que les machines ne trouvent plus de carburant.
Plus d'alliés qui parient sur lui
La Chine qui regarde, la Chine qui ne prête pas
Åslund est net sur ce point : « la Chine ne consent pas de crédits à la Russie ». Pékin achète du pétrole à prix cassé. Pékin vend des composants qui contournent les sanctions. Pékin ne prête pas d’argent. Cette absence-là est un verdict. Xi Jinping laisse Poutine dépendre de ses banques d’État et de ses obligations placées de force. Un ami qui ne prête pas quand tu saignes n’est pas un ami. C’est un client.
L’Iran, du drone au vide
La chaîne Shahed a été le miracle industriel de Téhéran pendant deux ans. Elle a permis à Moscou de saturer les défenses ukrainiennes à un coût dérisoire par unité. Cette chaîne existe encore. Mais l’Iran de 2026 n’est plus celui de 2023 : il a encaissé des frappes israéliennes majeures, il a vu son axe régional se déliter, il a de nouveau serré la ceinture intérieure. Un régime qui vacille chez lui n’exporte pas de rêve. Il exporte des inquiétudes.
La Corée du Nord donne juste assez pour ne pas mourir, jamais pour gagner
Kim Jong-un a envoyé entre quatorze mille et quinze mille soldats depuis l’automne 2024, selon le Council on Foreign Relations, plus une unité de missiles balistiques désormais déployée à l’ouest de la Russie selon les Ukrainiens cités par Defense News. Les Nord-Coréens gardent des lignes, tirent des obus, réparent des tranchées. Ils n’ont pas retourné la ligne de front. Ils ont tenu la Russie hors du gouffre sans jamais la mettre en position de gagner. C’est le rôle exact d’un fournisseur payé au tarif du désespoir.
Plus de rouble qui inspire confiance
Le taux directeur à 14%, la dette à 15% du PIB, la boucle qui se referme
La Banque centrale russe tient son taux à 14%. Ce n’est pas un choix, c’est une contrainte. À ce niveau, le crédit privé ne finance plus grand-chose. La dette publique russe reste à environ 15% du PIB, non pas parce que Moscou est sage, mais, écrit Åslund, parce que « le gouvernement ne peut virtuellement pas emprunter d’argent en dehors de la Russie ». Un pays qui a une dette basse parce que personne ne veut lui prêter n’est pas prudent. Il est isolé.
Le déficit qui gonfle, la manœuvre qui se voit
Pendant les trois premières années de la guerre, Moscou tenait son déficit à environ 2% du PIB. En 2025, il monte à 2,6%. Sur les sept premiers mois de 2026, il grimpe à 2,8% du PIB — presque le double de ce qui était planifié. Le gouvernement place ses obligations dans les banques d’État. Les banques d’État prêtent aux fabricants d’armes. La banque centrale refinance les banques par repo. C’est un mot compliqué pour une chose simple : on imprime de l’argent en le cachant dans un couloir. Craig Kennedy du Davis Center à Harvard le dit dans les mots de sa profession. Åslund le traduit dans ceux du bon sens.
Plus de généraux, plus de ministres, plus de fidèles
Choïgou, Patrouchev, Starovoït, Kozak, Ivanov
Mai 2024 : Poutine sacque Sergueï Choïgou, son ministre de la Défense longtemps populaire. Plusieurs adjoints de Choïgou sont arrêtés pour corruption et écopent de longues peines. Le même mois, Poutine écarte Nikolaï Patrouchev, allié de très longue date, du poste de secrétaire du Conseil de sécurité. Juillet 2025 : le ministre des Transports Roman Starovoït se donne la mort, rapporte-t-on, après avoir été démis. Septembre 2025 : Dmitri Kozak, adjoint de cabinet et vieux compagnon, démissionne brusquement — il aurait été opposé à la guerre. Juin 2026 : Sergueï Ivanov, autre proche, meurt à 73 ans. La table s’est vidée en deux ans. Un homme qui s’entoure de sièges vides ne gouverne plus une nation. Il gère un couloir.
Makhov, Traber, l’oligarchie qui morfle
Konstantin Makhov, bras droit d’Arkadi Rotenberg, arrêté pour corruption. Ilia Traber, ancien chef d’une bande qui contrôlait le trafic pétrolier à Saint-Pétersbourg dans les années 90, arrêté pour meurtre. Poutine coupe des têtes, y compris celles qu’il a lui-même faites. Un régime qui purge ses fondateurs a peur de ses fondateurs.
Plus de bunker, plus d'armée, plus d'avancée
« À peine avancé » — le verdict brut d’Åslund
Åslund ne fait pas dans le lyrisme : « Les troupes russes ont à peine avancé en Ukraine cette année. » Le budget 2026 alloue 183 milliards de dollars à la sécurité nationale et à la défense — à peu près le même montant qu’en 2025. Un budget stable qui ne produit plus de kilomètres, c’est un régime qui achète du surplace. L’industrie d’armement russe reste concentrée dans Rostec, la « société d’État léthargique » — le mot est d’Åslund — dirigée par Sergueï Tchemezov. Sa seule qualification, écrit l’économiste : avoir servi avec Poutine au KGB à Dresde il y a des décennies. En face, l’économie plus libre de l’Ukraine fait « d’énormes progrès » en drones et en nouvelles technologies. Un ancien de la Stasi ne bat pas une nation en réseau qui invente sous le feu.
Le train blindé, les bunkers, la peur qui a changé de côté
Åslund écrit une phrase qu’on lit deux fois : Poutine « court épouvanté », « se déplace en train blindé entre ses divers bunkers », et sa peur « s’étend à son cercle rapproché ». Cette phrase-là n’est pas une insulte, c’est un diagnostic. Un chef qui se déplace en train blindé entre ses forteresses ne dirige plus une guerre. Il se cache d’elle.
Les 500 000 morts et le cauchemar afghan
Environ 15 000 soldats soviétiques sont morts dans la guerre ratée de l’URSS en Afghanistan dans les années 1980 — et ce chiffre a suffi à provoquer un retour de flamme politique majeur, avec des gangs de vétérans qui ont ravagé la Russie post-soviétique. Åslund pose maintenant l’autre chiffre : près de 500 000 soldats russes estimés tués en Ukraine. Le cohort de vétérans souffrant de trouble de stress post-traumatique sera « bien plus large » que celui d’Afghanistan. Poutine le sait. Åslund suggère que c’est « probablement l’une de ses plus grandes inquiétudes ». Cette inquiétude explique pourquoi il ne peut pas signer la paix. La paix libère les vétérans. Et les vétérans se souviennent de ceux qui les ont envoyés là-bas.
Plus de bonne option qui reste
Continuer la guerre : la déroute lente
S’il continue, l’inflation cachée devient inflation visible, le rationnement d’essence s’étend, la mobilisation devient inévitable, la mobilisation vide l’économie, l’économie vidée alimente la colère, la colère alimente une nouvelle vague de purges, les purges creusent le cercle. C’est le scénario Åslund. C’est aussi le scénario du bon sens.
Arrêter la guerre : le retour du refoulé
S’il signe un cessez-le-feu, le voile tombe. Les mères apprennent le vrai bilan. Les vétérans rentrent. Les entreprises réclament leurs pertes. Les régions oubliées demandent des comptes. Le régime survit à la guerre bien mieux qu’à sa fin. Poutine le sait, et c’est pour ça qu’il ne signe pas.
Trump devant le tableau — ce qu'il faut voir maintenant
La leçon Reagan que la MAGA a oubliée
Ronald Reagan n’a pas négocié faiblement avec Moscou. Il l’a poussé jusqu’à l’épuisement, il a armé ses ennemis, il a construit des systèmes que l’URSS ne pouvait pas suivre, il a serré la vis économique jusqu’à ce que Gorbatchev vienne à la table parce qu’il n’avait plus le choix. C’est cette table-là qui a produit un accord réel. Pas la table où l’on offre des concessions à un régime qui vient de plier.
Le moment n’est pas au sommet — le moment est à l’étau
La tentation, en 2026, sera de proposer un sommet, une poignée de main, une photo, un cessez-le-feu qui gèle des lignes. Ce serait la pire chose qu’un président américain puisse faire aujourd’hui. Poutine ne veut pas la paix. Il veut l’oxygène. Un cessez-le-feu bâclé lui rendra les moyens de tenir cinq ans de plus, et de recommencer.
Ce que Trump peut faire cette semaine
Livrer, livrer, livrer
Des Tomahawks à longue portée. Des Patriots avec munitions. Des systèmes de guerre électronique. Des batteries anti-drone. Des ATACMS sans conditions de portée. Pas des promesses. Des palettes. Des dates. Des chiffres. La différence entre un armement décoratif et un armement décisif, c’est la fréquence des livraisons.
Saisir 300 milliards de dollars gelés
Les avoirs russes gelés à Bruxelles et à Washington existent. Ils sont là. Ils rendent des intérêts. On les utilise, ou on avoue qu’on n’a pas voulu s’en servir. Un régime qui vient de reconnaître son Zugzwang, on ne le finance pas indirectement en lui laissant l’espoir de les récupérer un jour.
Sanctionner les acheteurs de brut russe
La Chine achète, l’Inde raffine, la Turquie transbord. On peut choisir de ne rien faire. On peut aussi choisir de leur envoyer une facture. Le pétrole russe finance encore la moitié de cette guerre. Couper cette moitié, c’est finir la guerre.
Ce que Trump ne doit pas faire
Croire Poutine sur parole une seconde fois
Poutine ment. Il ment à ses ministres, il ment à son peuple, il ment à ses propres statistiques. Il ne mentira pas moins à un président américain qu’à ses caissières. Un accord signé avec ce régime, sans levier durable, ne vaut pas le papier. C’est la leçon de 1994, de 2008, de 2014. Trois fois, on aurait pu apprendre. Une quatrième serait impardonnable.
Écouter les voix qui parlent d’équilibre
Des voix, dans certains cercles MAGA, plaident pour un désengagement — pour laisser l’Europe se débrouiller, pour arrêter de nourrir cette guerre, pour prioriser Taïwan. C’est un raisonnement. Ce n’est pas le bon en 2026. Parce que la victoire américaine sur Poutine, cette année, est la meilleure lettre à Xi Jinping. Ce que Xi lira dans les décombres russes décidera de Taïwan. Abandonner l’Ukraine maintenant, c’est écrire Taïwan sur la liste.
Ce que ce moment dit à Xi Jinping
La leçon industrielle
La Chine regarde. Elle voit une superpuissance nucléaire, immense, qui n’arrive pas à raffiner son propre pétrole face à une nation trois fois plus petite. Elle voit une armée d’un million d’hommes qui n’avance plus. Elle voit un budget de 183 milliards qui n’achète plus de kilomètres. Elle recalcule ce qu’elle croyait savoir sur la guerre longue.
La leçon politique
Elle voit aussi un dirigeant autocratique qui purge ses fidèles, qui vit dans un train blindé, qui ne trouve plus d’argent chez ses voisins. Un dirigeant tenu par sa propre guerre. Le prix d’une aventure militaire n’est pas seulement militaire. Il est intérieur. Xi additionne. Xi soustrait. Xi ajourne peut-être.
Ce que les deux peuples portent — le russe qui encaisse, l'ukrainien qui tient
La caissière de Perm et la vérité des 14,7%
Une caissière de Perm ne connaît pas les termes de repo, elle ne lit pas les rapports Kpler, elle ne suit pas Craig Kennedy. Elle sait que le prix de la farine, du carburant, des œufs, des médicaments monte plus vite que son salaire. Elle sait que son cousin n’est jamais revenu de Donetsk. Elle sait que son fils va peut-être passer devant un bureau de recrutement en octobre. Les 14,7% d’anticipations d’inflation, c’est elle qui les a dit. Elle a raison contre le Kremlin.
Les files aux pompes, les moissons qui ralentissent
Dans des dizaines de régions russes, l’essence est rationnée. Les tracteurs attendent. Le grain, dont la Russie est le premier exportateur mondial, met plus de temps à sortir des champs. Une guerre qu’on livrait pour restaurer la grandeur ralentit maintenant la moisson. C’est la définition d’un régime qui se mord la queue.
Le drone ukrainien qui frappe à 1 900 kilomètres
La raffinerie d’Orsk se trouve à 1 900 kilomètres de la frontière ukrainienne. Les drones qui l’ont mise à l’arrêt le 11 août 2026 ont fait ce trajet, guidés, ravitaillés, corrigés par une chaîne d’ingénieurs qui n’existait pas il y a trois ans. Ce que l’Ukraine a construit sous les bombes, la Russie n’arrive pas à le construire sous ses propres drapeaux. Les frappes russes, en face, visent maintenant les centres commerciaux, les jardins d’enfants, les blocs résidentiels. Une nation qui continue d’aller au bureau, à l’école, au marché après trois ans et demi de missiles n’est pas une nation à négocier — c’est une nation à armer. Elle a déjà fait le plus dur toute seule.
Ce que l'Occident doit se rappeler cette semaine
L’histoire ne récompense pas les hésitants
Un régime qui vacille peut être poussé, ou peut être ménagé. Poussé, il tombe ou négocie sérieusement. Ménagé, il reprend son souffle, achète du temps, prépare la suite. L’Occident a ménagé Poutine en 2008 en Géorgie. Il l’a ménagé en 2014 en Crimée. Il l’a ménagé encore en 2022 par des livraisons lentes. Trois hésitations qui ont coûté cher. La quatrième coûterait le siècle.
Le prix de finir maintenant, le prix de traîner
Finir maintenant, c’est livrer massivement, saisir les avoirs, sanctionner les acheteurs, refuser tout sommet théâtral, exiger le retrait complet. Le prix est un effort budgétaire concentré sur six mois. Traîner, c’est refinancer la guerre par petites doses, laisser Kyiv saigner, laisser Poutine reconstituer un stock, revoir tout cela dans deux ans. Le premier prix est haut et fini. Le deuxième est bas et infini.
Poutine, cette semaine, est à un coup près de sa propre déroute. On peut lui laisser le temps de se remettre. On peut aussi choisir de l’y pousser. C’est cela, un moment historique — et c’est cela, la responsabilité qu’un président américain porte sur ses épaules aujourd’hui.
Alors : Donald, tu vois ce tableau. Tu vois les 58% de raffineries touchées, les 14,7% d’anticipations d’inflation, les 500 000 morts russes, les Choïgou et les Patrouchev balayés, le train blindé de Poutine, le Zugzwang qu’un Russe lui-même a nommé. Qu’est-ce que tu veux qu’on écrive de toi en 2036 — celui qui a fini la guerre, ou celui qui l’a rendue possible dix ans de plus ?
Signé Maxime Marquette, chroniqueur
Sources :
Sources Primaires :
Anders Åslund, « Putin has run out of moves », Kyiv Independent, 21 août 2026
Reuters, « Russia’s Orsk refinery halted processing after August 11 drone attack », 12 août 2026
Reuters, « What has been hit in Ukraine’s attacks on Russian energy sites », 11 août 2026
Sources Secondaires :
Council on Foreign Relations, « How North Korea Has Bolstered Russia’s War in Ukraine »
Defense News, « How North Korean forces are bolstering Russia’s war against Ukraine », 7 août 2026
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