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Le village de 26 habitants que Moscou a « libéré » deux fois : anatomie d’un mensonge cartographique
Crédit: Adobe Stock

Le détail qui tue est ailleurs. Le village s’appelait Pershe Travnia — « Premier Mai », en ukrainien — jusqu’au 26 septembre 2024. Ce jour-là, la loi ukrainienne de « décolonisation de la toponymie », signée par Volodymyr Zelensky en avril 2023, entre en vigueur pour ce hameau précis. La Verkhovna Rada avait voté le renouvellement le 19 septembre 2024. Une semaine plus tard, Pershe Travnia devient officiellement Novokostiantynivka. Un village de 26 âmes efface soixante-dix ans de langage soviétique et prend un nom ukrainien neuf.

Moscou a délibérément choisi l’ancien nom

Le communiqué russe du 24 août 2026 dit « Pershe Travnia ». Pas « Novokostiantynivka ». Ce choix lexical n’est pas une erreur d’archive. C’est un geste politique. En reprenant l’ancien nom soviétique, deux ans après la décolonisation, Moscou refuse de reconnaître la souveraineté ukrainienne sur sa propre toponymie. La Russie n’annonce pas seulement une prise militaire fictive : elle annonce qu’elle rebaptise l’endroit à sa manière. La carte truquée passe par les mots avant de passer par le terrain.

Le geste et l’aveu

Un impérialiste rebaptise avant d’occuper. Ou rebaptise au lieu d’occuper. C’est exactement ce que fait le Kremlin depuis 2022 : parler ukrainien à l’envers, appeler Kiev « Kyiv » à Moscou, refuser Kharkiv pour Kharkov, dire Perhe Travnia pour Novokostiantynivka. Ce n’est pas de la nostalgie. C’est un acte de propriété. On revendique la carte en revendiquant la langue. Le village n’a pas besoin d’être conquis. Il suffit de le renommer à l’antenne russe.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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