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ANALYSE : La suppression silencieuse des visas T et le silence qu’elle impose aux victimes de traite
Crédit: Adobe Stock

Le 27 janvier 2025, une note de service d’ICE bouleverse un équilibre construit sur deux décennies. La directive 11005.3 de 2021, qui imposait aux agents une approche centrée sur la victime, et le policy statement 10076.1 de 2011 sur la discrétion prosécutoriale envers les témoins de crimes, sont formellement rescindés. Les agents ne sont plus tenus de vérifier si la personne devant eux porte une demande U ou T pendante avant d’engager une procédure d’éloignement. La coordination systématique entre USCIS et ICE pour accélérer l’adjudication des demandes fondées sur la qualité de victime disparaît de la doctrine officielle.

Un memo, deux effets, mille conséquences

Le mémo ne supprime pas les visas T. Il ne le pourrait pas : ils ont été créés par le Congrès et seuls des textes législatifs pourraient les abolir. Mais il retire la protection informelle qui rendait leur poursuite possible sans risquer l’expulsion. Le Tahirih Justice Center, qui accompagne des milliers de survivantes, résume la mécanique en une phrase : les protections demeurent sur le papier, la peur les vide sur le terrain.

Le vocabulaire administratif de l’effacement

Rien de spectaculaire dans la formulation. On y lit un lexique gestionnaire, dépourvu de trace émotionnelle, où la victime devient un cas et la protection un paramètre. C’est précisément là que se joue la violence politique : dans une langue de bureau qui neutralise ce qu’elle détruit. Les termes changent, la vie des survivants aussi, sans qu’aucun mot fort ne vienne signaler le glissement.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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