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ANALYSE : Le Vietnam et le nouvel accord de sécurité maritime avec Washington
Crédit: Adobe Stock

Une transmission au ralenti

Le CSB 8022 n’est pas arrivé seul. Il complète une petite flotte à trois coques : le CSB 8020, ex-USCGC Morgenthau, transféré en 2017; le CSB 8021, ex-USCGC John Midgett, transféré en 2020; et désormais l’ex-Mellon depuis Ninh Hoa. Trois cutters à haute endurance en huit ans, 2 700 tonnes chacun, autonomie de dix mille milles nautiques : Washington n’offre pas une flotte, elle installe une capacité.

La cérémonie du 19 juin 2025 s’est tenue à sept heures trente-six du matin, à l’heure vietnamienne. La chargée d’affaires Courtney Beale et le général de brigade Ngo Binh Minh, commandant de la troisième région des garde-côtes, ont serré la main devant une coque encore fraîche. Le rendez-vous coïncidait avec les trente ans de la normalisation diplomatique. Aucune date n’est choisie au hasard dans ce dossier.

Trois cutters ne changent pas le rapport de forces en mer de Chine méridionale. Ils changent autre chose, moins spectaculaire et plus durable : la capacité vietnamienne à rester sur zone, à documenter, à revenir. Le grand poisson de la puissance chinoise ne recule pas devant un patrouilleur, mais il ralentit devant une présence qui ne s’efface plus.

Les armes qui ne montent pas à bord

Sur le pont du Mellon, autrefois, il y avait des missiles Harpoon, des torpilles, des sonars actifs. Les garde-côtes américains ont tout démonté avant la cession. Le message tient dans ce qui est absent : Washington ne livre pas un bâtiment de combat, il livre un outil de présence civile armée d’un canon léger et d’une passerelle moderne.

Cette pudeur technologique est stratégique. Elle permet à Hanoï de recevoir sans se justifier, à Washington de donner sans provoquer, et à Pékin de ne pas trouver dans le geste l’argument d’une escalade. La coque grise reste dans le domaine du droit de la mer, jamais dans celui de la guerre navale.

C’est ainsi que se dessine la nouvelle sécurité maritime : elle ne se compte pas en armements, mais en jours de mer. Chaque cutter en patrouille prolonge l’existence pratique d’une revendication vietnamienne autour des Spratleys, autour de Vanguard Bank, autour de tous les blocs pétroliers que Pékin conteste avec des flottilles de pêche transformées en milice.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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