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ANALYSE : 1 505 380 — ce que le compteur des pertes russes dit vraiment
Crédit: Adobe Stock

Ce que « pertes » veut dire, et ce que ça ne veut pas dire

Il faut ici une précision que beaucoup de reprises médiatiques escamotent. Le terme employé par l’état-major ukrainien recouvre les tués et les blessés, pas uniquement les morts. Un blessé grave évacué et un soldat tué comptent tous deux dans le total. Présenter ce chiffre comme un nombre de morts, ce qui arrive constamment dans les partages sur les réseaux sociaux, en fausse la lecture d’un facteur de trois ou quatre.

Il faut ajouter que ces données émanent d’une partie belligérante et n’ont fait l’objet d’aucune vérification indépendante. Les estimations occidentales, généralement plus basses, convergent toutefois sur l’ordre de grandeur : le renseignement britannique estimait récemment à un demi-million le nombre de militaires russes tués depuis le début de l’invasion — un chiffre distinct, qui porte sur les morts seulement, et qui est compatible avec un total de pertes toutes catégories dépassant le million et demi.

Le chiffre exact est invérifiable. L’ordre de grandeur, lui, ne l’est plus.

Ce que ces pertes achètent

Et c’est là que l’arithmétique devient accablante pour Moscou. Mettons ces pertes en regard du gain territorial. Depuis 2024, l’avancée russe se mesure en dizaines de kilomètres carrés par mois, parfois moins, dans un pays qui en compte six cent mille. Des villages disputés maison par maison pendant des mois, au prix de plusieurs milliers d’hommes chacun.

Pour la comparaison historique : l’Union soviétique a perdu environ quinze mille hommes en dix ans en Afghanistan, et cette guerre a contribué à faire tomber le régime. La Russie en perd aujourd’hui davantage en deux semaines. La différence n’est pas militaire : elle est politique. Un régime sans élections libres, sans presse indépendante et sans opposition organisée peut absorber des pertes qu’aucune démocratie ne supporterait.

Ce n’est pas que ces pertes soient soutenables. C’est que personne, là-bas, n’a le droit de dire qu’elles ne le sont pas.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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