La définition retenue
Le texte décrit les opérations hybrides comme des actes délibérés, combinés, guidés par le renseignement et coordonnés par des États.
Il précise qu’elles sont conçues pour apparaître comme des incidents isolés et pour rester sous le seuil du conflit armé.
C’est une définition sobre, technique, sans emphase. Elle décrit un mode opératoire, pas une intention morale.
Voter contre une telle définition suppose de contester soit sa précision, soit son existence.
On peut refuser une condamnation, on refuse plus difficilement une description technique sans expliquer laquelle des lignes est fausse
Qui est désigné
Le Parlement identifie la Russie, agissant directement ou par des acteurs contrôlés et des intermédiaires, y compris le Bélarus, comme la principale menace hybride étatique pesant sur l’Union.
Le texte nomme également la Chine, l’Iran, la Corée du Nord, des groupes terroristes, des organisations criminelles, des sociétés militaires privées et des réseaux oligarchiques.
Ce n’est donc pas un texte monofocal. Il désigne un paysage de menaces, dont une principale.
Cette nuance retire l’argument habituel selon lequel de telles résolutions seraient obsessionnelles. Le texte décrit un environnement de menaces multiples et hiérarchisées, ce qui est exactement le travail attendu d’une assemblée.
Un texte qui nomme sept catégories de menaces avant d’en désigner une principale ne peut pas être accusé de fixation
Les objectifs attribués, un par un
Ce que la résolution énumère
Le texte attribue à l’adversaire six objectifs. Affaiblir l’unité européenne. Saper les institutions démocratiques. Approfondir les divisions politiques.
Puis : répandre la peur, réduire la préparation à la défense, diminuer le soutien à l’Ukraine.
Ces six objectifs ne sont pas des hypothèses. Ils sont déduits d’opérations documentées depuis plusieurs années par les services européens.
Et pourtant chacun d’eux décrit exactement une position politique qui existe aujourd’hui dans plusieurs parlements du continent.
La liste des objectifs adverses ressemble ligne pour ligne au programme de certaines formations qui siègent légalement parmi nous
Le piège logique de cette liste
Il faut immédiatement poser une limite, sinon l’éditorial devient une accusation.
Le fait qu’une position politique coïncide avec un objectif adverse ne prouve absolument pas qu’elle soit téléguidée.
Des citoyens et des élus peuvent être hostiles au soutien à l’Ukraine pour des raisons parfaitement autonomes, budgétaires ou pacifistes.
Confondre convergence et complicité serait une faute grave, et c’est précisément le piège que tend une campagne hybride réussie.
Une opération d’influence réussit deux fois, la première en vous divisant, la seconde en vous faisant accuser vos propres voisins
Les cent vingt-neuf
Ce que l’on sait et ce que l’on ignore
Le détail nominatif du vote n’a pas été publié dans les éléments consultés. Nous ne savons donc pas qui a voté contre.
Aucune attribution partisane ne sera avancée ici, parce qu’elle serait une invention.
Ce qui est établi, c’est le nombre. Cent vingt-neuf députés ont voté contre un texte définissant la guerre hybride et désignant ses auteurs principaux.
Ce nombre, à lui seul, est une information politique majeure.
On peut ignorer les noms et comprendre parfaitement ce que signifie le total
Les raisons possibles d’un vote contre
Plusieurs motifs légitimes peuvent conduire à rejeter une telle résolution.
Une objection sur la compétence de l’Union en matière de sécurité nationale. Une opposition au régime de sanctions horizontal proposé. Une réticence à créer un centre de coordination supplémentaire.
Ces objections sont recevables et relèvent du débat parlementaire normal.
Elles n’expliquent pas, en revanche, pourquoi elles conduiraient à refuser la partie du texte qui se contente de définir un phénomène.
On vote contre une solution qu’on juge mauvaise, on ne vote pas contre le fait que le problème existe
Les soixante-deux abstentions
Le vote le plus difficile à lire
Une abstention, dans un parlement, peut signifier trois choses. Un désaccord partiel. Une contrainte de groupe. Ou un refus de se prononcer publiquement.
La troisième hypothèse est la plus intéressante et la moins vérifiable.
S’abstenir sur un texte nommant une menace revient à refuser d’être enregistré comme l’ayant nommée.
C’est une position, même si elle se présente comme une absence de position. Et dans un registre où l’adversaire cherche précisément à empêcher l’émergence d’une parole commune, cette absence a une valeur opérationnelle.
S’abstenir n’est jamais neutre, c’est simplement choisir de ne pas laisser de trace
Ce que l’abstention coûte
Dans une confrontation où l’adversaire cherche précisément à empêcher la formation d’une position commune, l’abstention produit exactement l’effet recherché.
Elle n’exprime aucun soutien à cet adversaire. Elle sert néanmoins son objectif.
Cette distinction entre intention et effet est au cœur de toute réflexion sur la guerre hybride.
Elle est aussi ce qui la rend si difficile à combattre dans une démocratie, où l’abstention est un droit.
Une démocratie ne peut pas interdire l’abstention, et c’est exactement pour cela qu’on la vise
La rapporteure, et d'où elle vient
Une voix balte
La résolution a été portée par Rasa Juknevičienė, députée lituanienne du Parti populaire européen.
La Lituanie fait partie des États qui ont le plus tôt et le plus clairement identifié les opérations hybrides russes.
Ce n’est pas un hasard géographique. Les pays baltes subissent ces opérations depuis bien avant 2022.
Leur expérience précoce en a fait les experts involontaires d’un domaine que l’Europe occidentale découvrait à peine.
Les pays qu’on a longtemps trouvés alarmistes étaient simplement en avance de quinze ans sur notre calendrier
Ce que cette provenance implique
Qu’un texte majeur sur la sécurité européenne soit porté par une députée balte constitue un déplacement du centre de gravité intellectuel de l’Union.
Pendant des décennies, la doctrine stratégique européenne s’écrivait à Paris, Berlin et Londres.
Elle s’écrit désormais aussi à Vilnius, Varsovie et Helsinki, et ce déplacement est l’une des transformations les plus profondes de cette période.
Le centre intellectuel de la sécurité européenne s’est déplacé de mille kilomètres vers l’est sans qu’aucun traité ne l’ait décidé
Ce que le texte demande concrètement
Du réactif au proactif
La résolution appelle à passer d’une stratégie réactive à une stratégie proactive.
Cette formule paraît creuse. Elle ne l’est pas. Elle signifie agir avant l’incident plutôt qu’enquêter après.
Cela suppose des capacités d’anticipation, donc du renseignement, donc une mise en commun que les États répugnent à consentir.
C’est probablement la demande la plus difficile du texte, et la moins commentée.
Demander à vingt-sept services de renseignement de partager avant plutôt que d’expliquer après est la révolution la plus improbable qui soit
Le régime de sanctions horizontal
Le texte propose la création d’un régime de sanctions horizontal dédié aux actions hybrides.
Horizontal signifie qu’il viserait un type de comportement plutôt qu’un pays désigné, et pourrait donc s’appliquer à tout auteur.
C’est un outil juridique puissant, et c’est probablement l’un des points qui ont motivé une partie des votes contre.
Un régime de sanctions applicable à des comportements plutôt qu’à des États peut inquiéter légitimement ceux qui redoutent son extension.
Tout instrument assez puissant pour frapper l’adversaire d’aujourd’hui inquiète ceux qui imaginent le lendemain
Les partenaires cités
Quatre noms, un ordre
Le texte appelle à renforcer la coopération avec l’Ukraine, la Moldavie, l’Arménie et les partenaires des Balkans occidentaux.
Les trois premiers pays ont en commun d’être soumis à des pressions russes directes, militaires, énergétiques ou politiques.
Les citer ensemble dans un texte sur la guerre hybride revient à reconnaître que la ligne de front européenne est bien plus large que l’Ukraine.
La ligne de front européenne ne mesure pas mille kilomètres, elle va de la Baltique au Caucase et personne n’ose la dessiner entièrement
L’Arménie, le nom qui surprend
La présence de l’Arménie dans cette liste mérite attention. Ce pays ne figure pas habituellement dans les documents européens de sécurité.
Son inclusion signale une reconnaissance des pressions qu’il subit, dans une région où l’influence russe s’exerce par des moyens non militaires.
C’est un élargissement discret du périmètre européen de préoccupation, et il mérite d’être noté.
Le nom le plus inattendu d’une liste diplomatique est presque toujours celui qui a demandé le plus de négociation
Ce que ce vote mesure vraiment
Une majorité solide
Il faut d’abord reconnaître ce qui est solide. Quatre cent soixante-dix voix constituent une majorité large et confortable.
Ce texte ne passe pas de justesse. Il passe nettement,, avec plus de sept députés sur dix parmi les votants.
Il serait malhonnête de présenter ce vote comme un échec ou comme une division profonde.
Le Parlement européen a dit clairement ce qu’il pensait, et il l’a dit à une large majorité.
Avant de commenter la minorité, il faut reconnaître que la majorité a fait exactement ce qu’on attendait d’elle
Une minorité qui compte
Et pourtant cent vingt-neuf voix contre n’est pas un résidu. C’est un bloc. Compact.
Un bloc de cette taille, s’il se maintient, peut peser sur les votes exigeant des majorités renforcées, et sur les équilibres nationaux dont dépendent les décisions du Conseil.
Surtout, il constitue un indicateur de tendance. La question n’est pas combien ils sont aujourd’hui, mais combien ils seront après les prochaines élections.
Cent vingt-neuf voix aujourd’hui ne bloquent rien, la seule question est de savoir ce qu’elles deviendront dans trois ans
L'objectif adverse, mesuré par le vote
Le raisonnement, posé proprement
La résolution affirme que l’adversaire cherche à approfondir les divisions politiques et à réduire le soutien à l’Ukraine.
Le vote sur cette même résolution montre qu’environ trois députés sur dix ne la soutiennent pas.
Ces deux faits ne prouvent aucune causalité. Ils sont seulement juxtaposés, et cette juxtaposition suffit à poser une question.
La question est celle-ci : comment mesure-t-on le succès d’une campagne visant à diviser, sinon par le degré de division observé ?
Le seul indicateur fiable d’une campagne de division est le vote de ceux qu’elle visait, et il vient d’être publié
Les limites de cette lecture
Il faut écarter immédiatement l’interprétation paresseuse. Une division parlementaire n’est pas la preuve d’une influence étrangère.
Les désaccords sur la sécurité européenne existaient bien avant 2022 et existeraient sans aucune campagne.
Une opposition politique est le fonctionnement normal d’un parlement, et l’unanimité y serait plus inquiétante que la division.
Ce qui est proposé ici n’est pas une accusation mais un indicateur à suivre.
Un parlement unanime serait un signe de maladie bien plus grave qu’un parlement divisé, et il faut le rappeler avant tout commentaire
Ce que ce vote annonce pour le Conseil
Du Parlement aux capitales
Une résolution du Parlement européen n’a pas force contraignante. Elle exprime une position.
Les décisions opérationnelles, notamment en matière de sanctions, relèvent du Conseil, où siègent les gouvernements.
Or les majorités parlementaires et les majorités gouvernementales ne coïncident pas.
Un texte adopté à 470 voix peut donc rester lettre morte si quelques capitales s’y opposent.
Le Parlement européen exprime ce que l’Europe pense, le Conseil décide ce qu’elle fait, et l’écart entre les deux est toute notre faiblesse
La règle qui bloque
Les décisions de politique étrangère de l’Union requièrent l’unanimité des États membres.
Un seul gouvernement peut donc empêcher l’adoption d’un régime de sanctions voulu par une large majorité parlementaire.
Cette règle a été conçue pour protéger les petits États. Elle protège aujourd’hui, dans les faits, celui qui souhaite bloquer.
Et pourtant sa modification exigerait elle-même l’unanimité.
La règle qui paralyse l’Europe ne peut être changée que par la procédure qu’elle paralyse, et c’est là toute l’élégance du piège
Ce que l'Europe subit déjà
Des incidents, pas une hypothèse
Le débat ne porte pas sur une menace théorique. Le même mois, un drone est tombé à proximité d’une base aérienne allemande, quelques semaines après que Berlin eut attribué à Moscou une attaque contre l’aéroport de Leipzig.
Le même jour, la Pologne fortifiait sa frontière avec l’Ukraine après des frappes sur des points de passage, et convoquait une réunion de sécurité.
Ces événements sont documentés et datés. Ils ne relèvent d’aucune spéculation.
On ne débat plus d’une menace possible, on débat d’objets qui sont déjà tombés sur des territoires que nous habitons
Le rythme des incidents
Sabotages de câbles, incursions aériennes, attaques informatiques, incendies dans des entrepôts logistiques : la liste s’allonge depuis deux ans dans plusieurs pays de l’Union.
Chacun de ces événements a été traité nationalement, avec des conclusions variables et parfois aucune conclusion.
C’est exactement la fragmentation que la résolution cherche à corriger, et c’est pourquoi le vote contre est difficile à justifier autrement que politiquement.
Vingt enquêtes nationales séparées sur vingt incidents coordonnés produisent vingt conclusions et aucune compréhension
Ce que ce texte ne fait pas
Aucune obligation créée
Il faut être précis sur la portée. Cette résolution ne crée aucune obligation, ne débloque aucun financement et n’établit aucune structure.
Elle définit, désigne et recommande. C’est tout ce qu’une résolution parlementaire peut faire.
Ceux qui la présentent comme un tournant se trompent autant que ceux qui la présentent comme un danger.
Elle constitue une base juridique et politique pour des textes ultérieurs, et rien de plus.
Une résolution n’a jamais arrêté un drone, elle rend seulement possible le texte qui, un jour, permettra de le faire
Le temps que cela prendra
Entre une résolution parlementaire et un dispositif opérationnel, l’Union met généralement entre dix-huit mois et quatre ans.
Ce délai est connu, documenté et n’a jamais été sensiblement réduit, y compris dans les périodes d’urgence.
Il faut donc lire ce vote comme le début d’un processus dont les effets, s’ils existent, se manifesteront vers 2028 ou 2029.
Nous votons en 2026 des dispositifs qui protégeront peut-être quelqu’un en 2029, et l’adversaire, lui, agit ce soir
La responsabilité de ceux qui ont voté
Ce que le vote engage
Un vote parlementaire est public, enregistré, et conservé. Il constitue une trace durable.
Dans dix ans, lorsqu’on établira la chronologie de cette période, ce vote figurera parmi les documents consultés.
Ceux qui ont voté pour auront nommé la menace en 2026. Ceux qui ont voté contre auront refusé de le faire.
Cette asymétrie devant l’histoire est la seule sanction dont dispose une assemblée démocratique.
La seule punition qu’un parlement puisse infliger à ses propres membres est de conserver la trace exacte de ce qu’ils ont voté
La charge de la preuve
Ceux qui ont voté contre ce texte assument désormais une charge particulière. Ils doivent expliquer publiquement quelle partie du constat leur paraît fausse.
Si c’est la définition des opérations hybrides, qu’ils proposent la leur. Si c’est la désignation de la Russie, qu’ils nomment l’auteur qu’ils estiment plus probable.
S’ils ne contestent aucun des deux, alors leur vote portait sur autre chose, et il faudrait qu’ils disent quoi.
Il ne suffit pas de voter contre, il faut pouvoir dire laquelle des lignes on refuse et par quoi on la remplace
Ce que devraient faire les Vingt-Sept
Trois obligations immédiates
Première obligation. Publier le détail nominatif du vote, afin que les électeurs sachent ce que leurs représentants ont décidé.
Deuxième obligation. Créer le centre de coordination demandé entre la Commission et le service européen pour l’action extérieure, qui ne requiert aucune modification de traité.
Troisième obligation. Fixer une échéance pour le régime de sanctions horizontal, faute de quoi il rejoindra les dizaines de propositions parlementaires jamais reprises.
Trois mesures sans traité, sans unanimité et sans argent, et rien ne garantit qu’aucune des trois soit prise
Ce qui dépend de nous
Un électeur européen peut vérifier le vote de ses représentants. Cette information est publique et accessible.
C’est un geste modeste et c’est le seul dont chacun dispose réellement.
Une campagne visant à diviser une société échoue précisément lorsque cette société vérifie qui a voté quoi.
La meilleure défense contre une campagne de division tient dans un geste ennuyeux, aller lire comment votre député a voté
Le texte et son double
Ce qui a été adopté le même jour
Le Parlement a également adopté, le 16 septembre, un ensemble de mesures de préparation à la défense visant à accroître la production de drones, de capteurs et de munitions.
Il a par ailleurs autorisé le financement d’essais de défense en Ukraine par un fonds spécial.
Trois décisions convergentes en une seule journée constituent un signal institutionnel cohérent.
Ce signal mérite d’être salué, et il l’a été beaucoup moins que les controverses qui l’ont accompagné.
Trois décisions justes le même jour méritaient davantage qu’un entrefilet, et c’est peut-être cela le vrai problème
La question du financement
Autoriser le financement d’essais de défense en Ukraine par un fonds européen est une décision techniquement mineure et politiquement considérable.
Elle signifie que du matériel européen sera éprouvé dans des conditions réelles, sur un territoire non membre de l’Union.
C’est un transfert de risque et un transfert de valeur, et il s’opère dans les deux sens. L’Ukraine reçoit du financement et des équipements. L’Europe reçoit des données d’emploi réel qu’aucun polygone d’essai ne produira jamais.
L’Europe teste ses armes sur un champ de bataille qu’elle n’a pas choisi, et elle appelle cela un fonds spécial
Conclusion : Un vote qui mesure ce qu'il dénonce
Ce que ce 16 septembre établit
Le Parlement européen a défini la guerre hybride, désigné la Russie comme principale menace étatique, nommé six objectifs adverses et réclamé quatre mesures concrètes.
Il l’a fait à 470 voix, ce qui est une majorité nette et sans ambiguïté.
Il l’a fait aussi avec 191 députés qui n’ont pas suivi, soit près de trois sur dix.
Les deux chiffres sont vrais en même temps, et c’est précisément ce qui rend cette journée difficile à raconter
Ce qu’il faudra compter la prochaine fois
La résolution affirme que l’adversaire cherche à diviser et à réduire le soutien à l’Ukraine. Le meilleur indicateur de son succès sera le prochain vote comparable.
Si la minorité croît, l’objectif progresse. Si elle décroît, il recule. C’est un indicateur simple, public et gratuit.
Il ne demande qu’une chose : que quelqu’un prenne la peine d’additionner les colonnes.
Quatre cent soixante-dix ont nommé la menace, cent quatre-vingt-onze ont refusé, et c’est ce second chiffre qu’il faudra relire dans trois ans
Cent vingt-neuf députés européens ont refusé de nommer la menace
Savez-vous comment votre propre député européen a voté le 16 septembre, et avez-vous déjà pris cinq minutes pour le vérifier
Signé Maxime Marquette, Chroniqueur
Sources :
Sources primaires :
Sources secondaires :
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