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ANALYSE : New York, l’ONU en état de siège face aux guerres qu’elle ne peut plus nommer
Crédit: Adobe Stock

Un an de plus à la tribune, un an de moins au multilatéralisme

Trump avait inauguré son second mandat par un discours long, offensif, mêlant vantardise et attaques frontales. Il avait dépassé le temps de parole réglementaire, moqué les bureaucraties internationales, et revendiqué la fin de plusieurs guerres, au prix d’un raccourci sur les faits. En 2026, il revient avec une autre guerre à son actif, celle contre l’Iran, déclenchée par des frappes américaines sur les installations nucléaires et les villes iraniennes. Le discours de mardi, selon les briefings diplomatiques cités par TRT World, devrait mêler l’apologie de soi, la dénonciation de l’ONU, et l’annonce d’une soi-disant fin d’une demi-douzaine de conflits.

Le casting du parvis est à lui seul un programme. Le Brésil qui ouvre, les États-Unis qui répliquent, l’Iran qui parle en cinquième position le 23 septembre, Israël qui ferme la marche diplomatique le jeudi. La distribution dessine une pièce en trois actes : le Sud global qui pose la question climatique, l’Occident qui se justifie, le Moyen-Orient qui s’affronte par tribune interposée.

Et derrière la scène, une arrière-salle où Trump rencontre les chefs du Golfe pour parler de l’après-guerre iranien. Riyad, Abou Dabi, Doha, Bahreïn, Koweït et Mascate sont attendus, d’après plusieurs dépêches. La géopolitique du pétrole s’invite à la table sans y être inscrite à l’ordre du jour. La guerre US-Iran se prolonge dans ses suites, et la séance générale devient un conseil d’administration de la reconstruction régionale.


La salle applaudit ou conteste. Les couloirs, eux, négocient ce que la salle ne votera jamais.

Ce que dit la deuxième année sans Abbas en salle

Mahmoud Abbas s’adressera à l’Assemblée par vidéo. C’est la deuxième année consécutive que le Département d’État lui refuse le visa d’entrée. L’Assemblée générale a voté, jeudi, pour autoriser cette intervention à distance, comme elle l’avait fait lors de la précédente session. Ce mécanisme de substitution, né d’un bras de fer, est devenu une coutume.

La coutume dit l’essentiel. Quand une institution invente une procédure d’urgence pour permettre à un chef d’État de parler depuis chez lui, ce n’est plus de la diplomatie. C’est de l’exception permanente. Le visa qui sert de droit de vote, la tribune qui sert de sauf-conduit. Le paradoxe n’échappe à personne, sauf à ceux qui l’organisent.

En arrière-plan, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, sous mandat de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre présumés dans la bande de Gaza, s’exprimera jeudi dans un hémicycle qui sait ce qu’il encourt. La délégation palestinienne sera physiquement dans la salle, en vidéo, à New York. L’asymétrie n’est pas qu’une image. C’est une hiérarchie.


Quand une institution déguise l’exception en coutume, c’est que l’exception est devenue sa propre règle.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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