Un an de plus à la tribune, un an de moins au multilatéralisme
Trump avait inauguré son second mandat par un discours long, offensif, mêlant vantardise et attaques frontales. Il avait dépassé le temps de parole réglementaire, moqué les bureaucraties internationales, et revendiqué la fin de plusieurs guerres, au prix d’un raccourci sur les faits. En 2026, il revient avec une autre guerre à son actif, celle contre l’Iran, déclenchée par des frappes américaines sur les installations nucléaires et les villes iraniennes. Le discours de mardi, selon les briefings diplomatiques cités par TRT World, devrait mêler l’apologie de soi, la dénonciation de l’ONU, et l’annonce d’une soi-disant fin d’une demi-douzaine de conflits.
Le casting du parvis est à lui seul un programme. Le Brésil qui ouvre, les États-Unis qui répliquent, l’Iran qui parle en cinquième position le 23 septembre, Israël qui ferme la marche diplomatique le jeudi. La distribution dessine une pièce en trois actes : le Sud global qui pose la question climatique, l’Occident qui se justifie, le Moyen-Orient qui s’affronte par tribune interposée.
Et derrière la scène, une arrière-salle où Trump rencontre les chefs du Golfe pour parler de l’après-guerre iranien. Riyad, Abou Dabi, Doha, Bahreïn, Koweït et Mascate sont attendus, d’après plusieurs dépêches. La géopolitique du pétrole s’invite à la table sans y être inscrite à l’ordre du jour. La guerre US-Iran se prolonge dans ses suites, et la séance générale devient un conseil d’administration de la reconstruction régionale.
La salle applaudit ou conteste. Les couloirs, eux, négocient ce que la salle ne votera jamais.
Ce que dit la deuxième année sans Abbas en salle
Mahmoud Abbas s’adressera à l’Assemblée par vidéo. C’est la deuxième année consécutive que le Département d’État lui refuse le visa d’entrée. L’Assemblée générale a voté, jeudi, pour autoriser cette intervention à distance, comme elle l’avait fait lors de la précédente session. Ce mécanisme de substitution, né d’un bras de fer, est devenu une coutume.
La coutume dit l’essentiel. Quand une institution invente une procédure d’urgence pour permettre à un chef d’État de parler depuis chez lui, ce n’est plus de la diplomatie. C’est de l’exception permanente. Le visa qui sert de droit de vote, la tribune qui sert de sauf-conduit. Le paradoxe n’échappe à personne, sauf à ceux qui l’organisent.
En arrière-plan, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, sous mandat de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre présumés dans la bande de Gaza, s’exprimera jeudi dans un hémicycle qui sait ce qu’il encourt. La délégation palestinienne sera physiquement dans la salle, en vidéo, à New York. L’asymétrie n’est pas qu’une image. C’est une hiérarchie.
Quand une institution déguise l’exception en coutume, c’est que l’exception est devenue sa propre règle.
Iran-Israël : la guerre qui s'invite sans avoir été invitée
Pezeshkian mercredi, Netanyahu jeudi, et un conflit qui déborde la salle
En 2025, l’offensive israélienne sur Gaza et la frappe américaine de douze jours sur l’Iran avaient déjà occupé la quasi-totalité des couloirs. En 2026, la guerre US-Iran est entrée dans son septième mois. Le président iranien Masoud Pezeshkian a obtenu un visa, selon la BBC, après une décision inhabituelle de l’administration américaine, qui a accepté la venue du ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi et de la délégation centrale. Les déplacements restent soumis à des restrictions d’achats de produits américains.
La concomitance n’est pas qu’un calendrier. Pezeshkian qui parle mercredi, Netanyahu qui parle jeudi, c’est deux récits du même affrontement qui se croisent dans le même couloir sans se rencontrer. Le premier qualifiera les frappes américaines et israéliennes d’agression sauvage et de trahison de la diplomatie, comme il l’avait fait l’an dernier. Le second défendra une opération militaire que la CPI qualifie de crime de guerre présumé, ce qu’Israël conteste.
Et pendant qu’ils parleront, leurs capitales continueront de se bombarder. L’armée israélienne a annoncé la destruction de plus de deux kilomètres de tunnels du Hezbollah dans la crête d’Ali Taher, au sud Liban. La guerre ne fait pas de pause pour la tribune.
L’hémicycle de l’ONU n’est pas le lieu où la guerre s’arrête. C’est le lieu où la guerre se raconte pendant qu’elle continue.
Le détroit d’Ormuz étranglé, le Bab el-Mandeb repris par les Houthis
Pendant que l’attention se portera sur la tribune, deux routes maritimes mondiales sont en train de se fermer. La première, le détroit d’Ormuz, est partiellement étranglée par l’Iran, en représailles aux frappes américaines. La seconde, le Bab el-Mandeb, au sud de la mer Rouge, est tombée la semaine dernière sous contrôle houthi. Les rebelles yéménites ont pris la ville portuaire de Mocha, et les forces gouvernementales yéménites se sont retirées de l’île de Perim, à l’entrée du détroit, selon Iran International.
Environ douze pour cent du commerce mondial transite habituellement par le Bab el-Mandeb. Une fumée a été observée près de l’oléoduc est-ouest saoudien, qui transporte le brut des champs pétrolifères orientaux vers la mer Rouge, selon Reuters cité par Iran International ; Riyad n’a pas confirmé d’incident. L’Organisation internationale pour les migrations chiffre à 46 000 le nombre de déplacés depuis la semaine dernière, et prévient que le chiffre monte vite.
Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir mardi à la demande de la France, qui préside le Conseil ce mois-ci, pour évoquer la situation. La France qui préside, les Houthis qui tiennent le détroit, les États-Unis qui préfèrent, selon plusieurs sources, ne pas intervenir directement pour l’instant. La passivité est une stratégie. Elle dit aussi son épuisement.
Deux routes maritimes mondiales s’étranglent en même temps. Ce n’est pas une coïncidence. C’est une stratégie documentée.
Ukraine : Zelensky à la tribune, Lavrov en contrebande
Le calendrier ukrainien ne s’aligne pas sur le calendrier onusien
Volodymyr Zelensky prendra la parole à l’Assemblée générale. Sergueï Lavrov également, côté russe. Le face-à-face est rituel depuis trois ans et demi. Cette fois, le calendrier est différent : l’Ukraine entre dans sa cinquième année d’invasion à grande échelle, sans qu’aucune percée diplomatique ne se dessine.
Zelensky a détaillé, le 11 septembre, sa stratégie en marge de la conférence Yalta European Strategy. Il a demandé des sanctions américaines immédiates sur la Russie, et plaidé pour une approche par étapes : d’abord la mer Noire rouverte, ensuite une trêve énergétique, enfin la négociation politique. Le message est sobre : on ne demande plus la victoire totale, on demande l’arrêt de l’hémorragie, segment par segment.
Le grain n’est plus exportable par voie maritime en toute sécurité, comme il l’était sous le corridor de 2022-2023. Les deux belligérants continuent d’échanger des frappes en mer Noire, endommageant des navires civils selon plusieurs sources. La faim ukrainienne est aussi un problème mondial. Zelensky l’a dit sans détour : les Ukrainiens ne seront pas sans nourriture, mais d’autres pays, plus loin, le seront.
L’Ukraine ne cherche plus la victoire à New York. Elle cherche un alphabet commun avec ceux qui ont encore les moyens de l’écrire.
Ce que la présence de Lavrov dit en creux
Sergueï Lavrov vient à New York. Ce n’est plus un événement diplomatique, c’est une donnée structurelle : la Russie continue de siéger, continue de parler, continue de voter. Sa présence vaut admission. Elle vaut aussi normalisation d’un statu quo que l’Ukraine combat.
Dans le même temps, plusieurs capitales européennes s’inquiètent ouvertement d’un possible tête-à-tête Trump–Zelensky en marge de l’Assemblée. Le calendrier est chargé : rencontre avec Ursula von der Leyen, rencontre avec Emmanuel Macron, rencontre attendue avec Trump. L’Ukraine qui demande, l’Europe qui paie, Trump qui arbitre. C’est la géométrie variable de l’année.
Et derrière les rencontres bilatérales, la trêve énergétique reste un horizon plus crédible que la trêve globale. Elle aurait l’avantage de couper l’argument russe sur la prétendue ukrainisation du réseau européen. Elle aurait l’inconvénient de récompenser la stratégie d’usure. Personne n’a encore tranché, et c’est précisément ce que Zelensky vient chercher.
La présence de Lavrov vaut admission. C’est l’inverse de ce que l’Ukraine combattrait si elle pouvait.
Intelligence artificielle : Guterres en garde, Trump en hoax
Le 16 septembre, deux mots sur l’IA qui dessinent deux mondes
Le 16 septembre, Antonio Guterres a mis en garde les dirigeants du monde contre les risques d’une course à l’intelligence artificielle sans garde-fous. C’est un vocabulaire inhabituel pour un Secrétaire général. Il a parlé de course vers le bas, de gigantesque catastrophe, de première responsabilité des gouvernements. Reuters a rapporté ces propos le jour même dans sa dépêche.
Deux jours plus tard, Donald Trump a répondu sur Truth Social. Il a qualifié les inquiétudes sur l’IA de HOAX, comparant le sujet aux impeachments et au changement climatique. Il a annoncé la création d’une AI Force, sur le modèle de la Space Force, et le recrutement prochain d’un AI czar qu’il espère voir entouré de personnes à haut QI. La charge est à la fois politique, technique et cosmétique.
Le contraste entre les deux déclarations dessine le clivage de l’année. Guterres qui demande des garde-fous, Trump qui les tourne en dérision. L’ONU est censée réglementer ce que la première puissance refuse de réglementer chez elle. Le dilemme n’est pas technique. Il est politique.
Une institution qui veut réguler l’IA, une superpuissance qui la déclare hoax. La semaine de New York commence par cette inversion.
Le Conseil de sécurité pourrait saisir le sujet, et c’est presque un événement
Reuters rapporte que le Conseil de sécurité pourrait inscrire l’IA à son ordre du jour pendant la semaine de haut niveau. Cette éventualité, encore non confirmée, constituerait une première. Elle donnerait à la question un cadre multilatéral, et un poids institutionnel que les communiqués de Genève ne possèdent pas.
Mais le scénario inverse est également documenté. Si Washington bloque, ou si la majorité automatique se délite sous la pression des nouvelles alliances, la fenêtre se refermera aussi vite qu’elle s’est ouverte. La gouvernance de l’IA est entrée dans le vocabulaire onusien. Elle n’est pas encore entrée dans le droit.
Et pendant que les chancelleries tergiversent, l’industrie intensifie ses appels à ralentir le développement. La semaine dernière, plusieurs PDG ont demandé un moratoire. Trump a qualifié ces appels de fabrication de la gauche politique, alignant l’IA sur le changement climatique et la participation des athlètes transgenres aux compétitions féminines. La liste s’allonge. Le silence, lui, se raccourcit.
Le silence sur l’IA à New York sera le test. Soit on légifère, soit on regarde la Maison-Blanche légiférer seule.
La succession de Guterres : Grynspan en tête, le Conseil en silence
Trois sondages, une candidate costaricaine et cinq vetos
Le 18 septembre, le troisième sondage informel du Conseil de sécurité a placé l’ancienne vice-présidente du Costa Rica Rebeca Grynspan en tête, avec neuf votes encourage, cinq votes discourage et une abstention, selon des diplomates cités par l’AFPS et le Straits Times. Sa rivale la plus proche, l’ex-ministre guyanienne Carolyn Rodrigues Birkett, a obtenu huit encourage, six discourage et une abstention.
Le système est connu : chaque candidat est soumis à un scrutin secret, encourage, discourage, no opinion. Un seul vote discourage d’un des cinq membres permanents suffit à éliminer un candidat. Le premier tour, en juillet, avait placé Grynspan en tête. Le second, en août, avait placé Rodrigues Birkett en tête. Le troisième revient à Grynspan.
Sept candidats sont encore en lice, dont la Chilienne Michelle Bachelet, l’Argentin Rafael Grossi, chef de l’AIEA, le Sénégalais Macky Sall, l’Équatorienne Ivonne A-Baki, l’Équatorienne Maria Fernanda Espinosa et l’Ougandais Olara Otunnu. Huit au total selon certaines dépêches, un de plus pouvant se présenter. Le processus doit aboutir avant la fin de l’année.
L’élection d’un Secrétaire général n’a jamais été un choix. C’est l’élimination patiente de ceux qui dérangent les cinq.
Pourquoi le silence du Conseil est le vrai sujet
Le Conseil ne parle pas, ne communique pas, ne rend pas compte. Les résultats des sondages informels ne sont jamais officiels. Ils filtrent par des diplomates qui prennent la parole sans être nommés. Cette opacité n’est pas un accident : elle est constitutive du système.
Guterres quittera ses fonctions le 31 décembre 2026, après deux mandats de cinq ans. La rotation régionale informelle favorise l’Amérique latine. Si Grynspan l’emporte, elle deviendrait la première femme, et la première Secrétaire générale d’origine juive, à diriger l’institution. Ses grands-parents maternels ont péri dans la Shoah. Elle dirige actuellement la CNUCED. La continuité est son principal argument.
Mais la continuité a un prix. Grynspan est vue par plusieurs diplomaties occidentales comme la candidate du sortant, et le sortant comme un Secrétaire général affaibli par les guerres qu’il n’a pas su nommer. Plusieurs analystes consultés par les dépêches estiment qu’un nouveau tour pourrait être organisé à la fin de la semaine de haut niveau. Ce n’est pas confirmé. C’est probable.
Le silence du Conseil dit le prix que paient les candidats pour traverser le filtre. C’est un prix en vetos, pas en votes.
L'arriéré américain : un vote sauvé, une crédibilité entamée
Le versement du 16 septembre et ce qu’il ne dit pas
Le versement de 725 millions de dollars du 16 septembre représente, selon Reuters, moins de vingt pour cent de la dette reconnue par l’ONU. Le geste a évité le déclenchement de l’article 19 pour 2027. Il n’a pas rétabli la parité. Et il ne dit rien sur l’avenir.
Car les versements américains sont conditionnels, selon un haut fonctionnaire cité par Reuters : ils restent liés à la poursuite des réformes de l’organisation. Le verbe est juridique : toute continuation est suspendue à un audit politique que l’ONU ne maîtrise pas. C’est une dette convertible en otage.
Le précédent est connu. Quand la première puissance contributrice fait de ses versements une monnaie d’échange, les autres puissances ajustent leur propre calendrier. Pékin a réglé sa contribution en intégralité début septembre, d’après plusieurs dépêches onusiennes. Le geste chinois est discret, mais il a reconfiguré l’équilibre.
Sauver son droit de vote n’est pas payer sa dette. C’est racheter le silence d’un an.
Ce que la trésorerie dit de la diplomatie
L’ONU vit sous perfusion depuis deux ans. Les fonds volontaires ont été sabrés par Washington, les contributions obligatoires sont arrivées au compte-gouttes. Le Secrétaire général a lancé un plan dit UN80 pour tailler dans les structures. Le mot est euphémistique pour ce qui ressemble à une amputation.
Et pendant que les caisses s’amenuisent, les mandats s’élargissent. La semaine de haut niveau comprendra cinq réunions de haut niveau sur les ODD, l’élévation du niveau de la mer, les pandémies, le Programme de Durban, le désarmement nucléaire. L’institution est invitée à tout faire avec de moins en moins.
Le paradoxe est documenté : plus la maison brûle, plus l’agenda s’épaissit, plus la note s’amenuise. Ce n’est pas un bug. C’est le résultat d’un choix politique opéré à Washington, où l’ONU n’est plus un partenaire mais un débiteur à qui l’on prescrit des réformes.
L’agenda commémore ce que les guerres du moment contredisent. Le déséquilibre est dans le calendrier, pas dans la salle.
Le casting géopolitique : Brésil, Europe, Golfe, et l'absence de Xi
Xi absent, Lula offensif, et l’Asie qui regarde
Xi Jinping ne viendra pas à New York. La rumeur, ancienne, a été confirmée par plusieurs dépêches : le président chinois rencontrera Trump à Washington en marge de la semaine, jeudi. La rencontre bilatérale remplace, en pratique, la tribune multilatérale. Pékin préfère l’arène bilatérale où le rapport de force est plus lisible.
Lula da Silva, en ouverture, défendra la souveraineté brésilienne menacée par l’ingérence américaine dans la campagne du 4 octobre. La tribune de l’ONU devient, pour une fois, un tribunal interne. Le Brésil qui accuse, Trump qui répond, et le reste de l’hémicycle qui regarde sans voter.
La dynamique sud-américaine est plus large que le duel Lula–Trump. Plusieurs chefs d’État de la région utilisent la session pour poser la question climatique et la réforme du Conseil de sécurité, deux sujets où l’Amérique latine dispose d’un argument de masse.
Quand le président du plus grand pays d’Asie évite la tribune du monde, c’est que la tribune du monde a perdu son monopole.
Les chefs du Golfe en arrière-salle, l’Europe en première ligne
Trump réunira, selon Ynet, les chefs du Golfe pour parler de l’après-guerre iranien. Riyad, Abou Dabi, Doha, Bahreïn, Koweït et Mascate. La réunion est à la fois économique et militaire : reconstruction, sécurité maritime, partage des coûts de la présence américaine. L’ONU n’est convoquée qu’en décor.
L’Europe, de son côté, cherche à exister sur deux fronts. Le Conseil européen a présenté ses priorités pour la quatre-vingt-et-unième session : soutien au multilatéralisme, réforme du Conseil, agenda 2030, crise climatique, santé mondiale. Le président du Conseil européen prononcera le discours de l’Union européenne en milieu de semaine. C’est le jour de la Palestine au calendrier onusien, et le choix n’est pas innocent.
Et pendant que l’Europe parle de multilatéralisme, elle paie une partie du prix ukrainien. Les rencontres Zelensky-von der Leyen et Zelensky-Macron en marge de l’Assemblée sont l’autre versant, plus discret, de la diplomatie européenne : celui où l’on refinance ce que l’on ne peut plus promettre.
L’Europe refinance ce qu’elle ne peut plus promettre. C’est le prix de la crédibilité quand le verbe n’a plus de budget.
Le Soudan, l'Ukraine, l'Iran : trois guerres, un même agenda
Le Soudan absent des gros titres, et c’est l’information
Le Soudan ne figurera pas en haut de l’agenda. Il figurera en bas, dans les réunions parallèles, dans les briefings d’experts, dans les marges. C’est l’information. Le silence n’est pas qu’une absence : c’est une hiérarchie implicite des urgences.
Plusieurs diplomaties africaines tentent de remettre le sujet en selle. Le Soudan est la plus grande crise de déplacés au monde, avec plus de dix millions de personnes contraintes au déplacement selon les chiffres onusiens. La famine est documentée dans plusieurs régions du Darfour.
Le contraste est rude. Quand la guerre US-Iran occupe la tribune, la guerre du Soudan occupe les camps de réfugiés. Le sujet est technique : le Conseil de sécurité n’a pas la volonté, l’Union africaine n’a pas les moyens. Et l’ONU n’a pas le quorum politique.
L’ordre des sujets à l’ONU dit l’ordre du monde. Le Soudan en bas, l’Iran en haut. L’inverse de l’urgence humaine.
Ukraine, Iran, Soudan : trois géométries de l’impuissance
Trois guerres, trois géométries. En Ukraine, l’ONU regarde sans agir. Le Conseil ne peut pas agir, l’Assemblée ne peut que déplorer. C’est l’impuissance documentaire. En Iran, l’ONU regarde, le Conseil davantage encore, la dynamique étant portée par les frappes bilatérales. C’est l’impuissance opérationnelle.
Au Soudan, l’ONU est sur place. Ses agences y sont. Ses financements y sont. Sa voix y est, et personne ne l’entend. C’est l’impuissance testimoniale. Trois impuissances distinctes, un même agenda qui les additionne sans les résoudre.
L’Assemblée générale n’a pas vocation à résoudre. Elle a vocation à dire. Et cette année, ce qu’elle dira est moins important que ce qu’elle taira. Le calendrier des intervenants est dense, mais le calendrier des silences est plus éloquent encore.
Trois géométries de l’impuissance, additionnées sans être résolues. C’est le propre d’une institution qui consigne ce qu’elle ne tranche pas.
Le multilatéralisme en procès : New York juge, New York est jugé
L’institution jugée par ceux qu’elle devait juger
L’ONU est jugée cette semaine. Par Trump, qui l’a qualifiée l’an dernier d’institution aux potentiels non utilisés. Par Netanyahu, qui doit justifier une guerre que la CPI qualifie de crime de guerre présumé. Par Abbas, qui parle en vidéo depuis Ramallah faute de visa. Par Pezeshkian, qui vient défendre une souveraineté bombardée. L’institution qui devait juger le monde est jugée par le monde.
Et ce retournement n’est pas nouveau. Il s’est accentué à chaque décennie. L’institution a été conçue comme l’arbitre des grandes puissances. Elle est devenue, au fil des guerres, l’arbitre des petits pays contre les grandes. Quand les grandes ne veulent plus être arbitrées, l’arbitre devient comptable.
C’est ce glissement que documentent les cinq réunions de haut niveau prévues cette semaine. Chaque réunion demande à l’institution ce que les États ne veulent plus faire eux-mêmes. C’est une dévolution à l’envers : l’institution hérite des tâches que les capitales abandonnent.
Le multilatéralisme n’est pas mort à New York. Il est en train d’apprendre qu’il n’a plus les moyens de ce qu’il dit.
L’ordre du jour comme photographie du moment
Le programme officiel de la semaine de haut niveau est lisible comme un diagnostic. Climat, pandémies, désarmement nucléaire, montée des eaux, Durban. Cinq sujets. Aucun d’eux n’a avancé en un an. Le désarmement recule, le climat dérape, les pandémies se préparent, les océans montent, Durban commémore.
Et au milieu de ce programme, trois guerres qui n’y figurent pas. L’Iran, l’Ukraine, le Soudan. Ce ne sont pas des sujets de haut niveau. Ce sont des sujets de bas niveau, dans le sens où l’institution ne les traite que par les interstices.
Le contraste est saisissant. Pendant que l’ordre du jour célèbre la commémoration, les bombardements continuent. C’est l’ironie structurelle de l’ONU contemporaine : l’agenda commémore ce que les guerres du moment contredisent.
Le calendrier consigne ce que la rue endure. Le contraste n’est pas rhétorique : il est calendaire.
Climax : ce que la salle dira sans le dire
Trois jours qui dessinent l’année
Trois jours structurent la semaine. Le 22 septembre, l’ouverture, le duel Lula–Trump. Le 23 septembre, la parole de Pezeshkian et l’ombre des frappes américaines. Le 25 septembre, la parole de l’Union européenne, le jour de la Palestine au calendrier onusien. Trois jours, trois postures, une seule photographie.
Le 22 septembre dit le rapport de force entre l’hémisphère sud et la première puissance. Le 23 septembre dit le rapport de force entre Téhéran et Washington. Le 25 septembre dit le rapport de force entre Bruxelles et Tel-Aviv. Trois rapports de force, un seul hémicycle.
Et derrière le calendrier, une arrière-salle qui compte plus que la tribune. Les rencontres bilatérales, les déjeuners, les couloirs où les décisions se préparent avant d’être officialisées. New York n’est pas une scène. C’est un couloir. La scène est ce que les caméras montrent. Le couloir est ce qui reste.
Le discours public est ce que la salle retient. Le couloir est ce que la semaine transforme.
Le jour où Trump annoncera l’AI Force, et ce que ça dira
L’annonce de l’AI Force, attendue en marge de la semaine, sera l’événement technique de la session. Elle créera une structure militaire et industrielle nouvelle, sur le modèle de la Space Force. Elle nommera un AI czar dont l’identité n’est pas encore connue.
L’annonce est à la fois industrielle et politique. Industrielle, parce qu’elle met l’IA sous tutelle présidentielle directe. Politique, parce qu’elle prend le contre-pied des appels à la régulation venus de l’industrie elle-même. Le président qui crée, le Secrétaire général qui réclame des garde-fous, les PDG qui demandent un moratoire. Trois positions, un seul continent.
Et derrière l’annonce, un détail qui dit l’inverse. La Maison-Blanche continue de qualifier les risques d’IA de HOAX, alignant la question sur les impeachments et le changement climatique. Le mot est en majuscules dans les publications de Trump. C’est un signal de campagne. C’est aussi un aveu : le président choisit de ne pas voir ce que les autres voient.
La majuscule est une sentence. Quand un président l’utilise, c’est qu’il ne veut plus débattre. Il veut conclure.
Climax : la semaine comme procès-verbal de l'impuissance
Ce que le calendrier ne dira pas
Le calendrier de la semaine ne dira pas ce que la semaine dira. Il ne dira pas que la succession de Guterres n’est pas tranchée. Il ne dira pas que l’arriéré américain n’est pas soldé. Il ne dira pas que l’Ukraine n’est pas à la table de la décision, et que l’Iran y est assis en accusé. Il ne dira pas que le Soudan est en bas du classement.
Et il ne dira pas, surtout, que l’ONU fonctionne comme un procès-verbal où chaque orateur dépose sa vérité sans toucher à celle du voisin. Procès-verbal est le mot juste. L’institution consigne. Elle ne tranche pas.
Ce qui est tranché, c’est ailleurs. Dans les capitales, dans les rencontres bilatérales, dans les sanctions américaines et les frappes israéliennes. L’ONU est la salle des témoins. La salle des juges est à Washington, à Moscou, à Pékin, à Tel-Aviv, à Téhéran. Le procès-verbal enregistre. Le jugement se rend ailleurs.
L’ONU ne juge plus personne. Elle enregistre ce que les juges font ailleurs.
L’ironie finale : la semaine qui devait restaurer la confiance
Le thème officiel est Restoring trust. La confiance est ce qui manque. Le paradoxe n’est pas littéraire, il est budgétaire : quand le premier contributeur retient ses versements, la confiance est une dépense qu’il refuse de faire. Et quand le premier contributeur parle de HOAX pour qualifier les risques qu’il ne veut pas réguler, la confiance est un capital qu’il brûle.
Le thème officiel est aussi transformé. Managing transformation, c’est-à-dire : l’institution ne se réforme plus, elle se transforme sous contrainte. La contrainte est celle des contributeurs. Le vocabulaire est managérial. La réalité est financière.
Et c’est pourquoi la semaine sera jugée, à la fin, sur deux critères seulement. Le premier, arithmétique : combien de versements sont arrivés pendant la session. Le second, photographique : une seule image aura survécu aux coulisses. Le reste sera oublié.
La confiance est ce que le premier contributeur refuse de payer. Le paradoxe n’est pas littéraire : il est comptable.
Résidu : ce qui hantera la lecture une heure après
Le chiffre qui restera : 1,312 milliard, et ce qu’il dit
Le chiffre qui restera est 1,312 milliard. C’est l’arriéré américain au budget régulier après le versement du 16 septembre. C’est un chiffre qui ne dit pas une crise. Il dit la géométrie d’une crise : la première puissance solvable refuse de solder, la première puissance contributrice exige des réformes, et l’institution accepte les deux.
Ce chiffre sera cité dans six mois, dans un an, dans cinq ans. Il sera comparé à l’arriéré russe, à l’arriéré chinois, à l’arriéré britannique. Il dira ce que les discours taisent : l’ONU n’a plus de base contributive stable. 1,312 milliard, c’est le prix de l’impuissance documentée.
Et derrière le chiffre, un détail qui dit l’inverse. Les versements américains sont conditionnels à des réformes que l’ONU ne contrôle pas. Pékin, en réglant sa contribution en intégralité début septembre, a montré qu’un autre chemin était possible. La voie chinoise est silencieuse. Elle est efficace.
Le chiffre qui restera est celui qu’on n’a pas voulu payer.
La phrase qui restera : HOAX, en majuscules
La phrase qui restera est HOAX. En majuscules, sur Truth Social, alignée sur les impeachments, le changement climatique et la participation des athlètes transgenres. Elle dit une méthode : invalider par le mot plutôt que par l’argument. Elle dit aussi un style : la majuscule comme sentence, comme verdict sans procès.
Cette phrase survivra aux autres parce qu’elle est simple. Une seule syllabe, une seule accusation, un seul horizon. Et elle survivra parce qu’elle est vraie dans sa forme : l’IA est traitée comme un hoax politique, c’est-à-dire comme un sujet de campagne, pas comme un sujet de gouvernance.
Le parallèle avec le climat est documenté. Le parallèle avec les impeachments est assumé. La méthode est constante. Le sujet change. La réponse est la même : ce mot d’accusation. Et derrière la méthode, une question qui ne sera pas posée publiquement : que reste-t-il d’un débat quand la première puissance a décidé qu’il n’y avait rien à débattre ?
HOAX est la syllabe qui invalide un sujet sans l’argumenter. C’est une méthode, pas un argument.
Résidu : ce que la semaine dira aux historiens dans dix ans
Le précédent Grynspan : ce que son élection dira si elle advient
Si Grynspan l’emporte, l’élection dira trois choses. La première : le Conseil de sécurité est capable de s’entendre sur une candidate qui ne dérange personne. La deuxième : la rotation régionale a fonctionné, l’Amérique latine a eu son tour. La troisième : le précédent d’une femme, et d’une Secrétaire générale d’origine juive, ouvre un cycle.
Si elle n’emporte pas, l’élection dira autre chose. Elle dira que le système reste verrouillé par les cinq. Elle dira que la première femme à la tête de l’ONU attendra. Elle dira que la rotation régionale est un slogan.
Les deux issues sont historiques. L’une et l’autre disent quelque chose de durable sur la capacité du multilatéralisme à se reproduire. C’est pourquoi le processus est plus important que le résultat : le processus dit comment l’institution fonctionne, le résultat dit qui la dirige.
L’élection d’un Secrétaire général est un miroir. Le visage qu’on y voit est celui du Conseil qui l’a choisi.
Le précédent arriéré : ce que la dette américaine dira dans dix ans
Le précédent arriéré américain restera comme la photographie de la présidence Trump. Non pas parce que la dette est nouvelle, elle existait avant, mais parce que son mode de gestion est devenu un précédent : conditionnalité politique, paiement partiel, menace d’article 19 comme levier de réforme.
C’est une innovation. Avant, l’arriéré était un accident. Avec Trump, l’arriéré est une politique. La différence est considérable : un accident se résout, une politique s’installe. L’arriéré politique est désormais un instrument. Les successeurs de Trump l’utiliseront ou le combattront. Les deux options sont désormais ouvertes.
Et derrière l’arriéré, un précédent plus discret. Le versement chinois de début septembre a rétabli la pleine contribution de Pékin. Le geste est technique, mais il est politique : Pékin paie quand Washington retient. La bascule est silencieuse. Elle est documentée.
Quand un arriéré devient une politique, ce n’est plus un accident comptable. C’est une doctrine.
Résidu : ce que la semaine dira aux peuples qui ne parlent pas
Les peuples sans tribune, et ce qu’ils disent quand même
Au Soudan, en Birmanie, en Haïti, au Sahel, des peuples entiers ne parlent pas à New York. Ils ne sont pas dans le calendrier. Ils ne sont pas dans les communiqués. Ils sont dans les chiffres, quand les chiffres daignent les compter. Et c’est cette absence qui est, cette année, le principal indicateur du décalage entre l’agenda officiel et l’urgence humaine.
Le chiffre le plus consolidé concerne le Soudan, avec plus de dix millions de déplacés selon les estimations onusiennes. Pour la Birmanie et le Sahel central, aucun bilan consolidé n’est disponible au moment de l’écriture. Ces chiffres ne sont jamais cités à la tribune. Ils sont cités en marge. Et la marge est, depuis longtemps, le lieu où l’institution range ce qu’elle ne peut pas résoudre.
Ce que ces peuples disent, sans tribune, c’est que l’ordre du jour commémore ce que leur quotidien contredit. C’est que la semaine de haut niveau célèbre la montée des eaux pendant que des enfants meurent de soif dans des camps. C’est que la pandémie est commémorée pendant que des épidémies locales courent. Le décalage n’est pas littéraire : il est clinique.
Les peuples sans tribune paient l’agenda officiel en monnaie de sang. C’est le prix d’une commémoration qui ne les regarde pas.
Ce que l’absence dit de la présence
L’absence de ces peuples à New York dit quelque chose de précis sur ceux qui y sont. Elle dit que la parole est distribuée selon la solvabilité diplomatique, pas selon l’urgence humanitaire. Elle dit que le filtrage est financier : qui paie, parle. Qui ne paie pas, se tait. Et c’est pourquoi le versement du 16 septembre n’est pas qu’un acte comptable : c’est un billet de parole.
Et derrière le filtrage, un effet plus pervers. Quand les peuples sans tribune sont oubliés, leur cause perd sa force de rappel. Les diplomaties qui les portent n’ont plus de levier. Les ONG qui les documentent n’ont plus d’écho. L’oubli devient une politique par défaut, et la politique par défaut devient une doctrine.
Le Soudan, la Birmanie, Haïti, le Sahel ne sont pas en bas du calendrier par hasard. Ils y sont parce que personne ne les a défendus avec un budget. Et c’est ici, sur ce point précis, que la semaine de New York mérite sa propre archive. Non pas pour ce qu’elle dira, mais pour ce qu’elle confirmera en le taisant.
L’absence d’un peuple à New York n’est pas un vide : c’est une décision. Et la décision a un prix, qui se paie ailleurs.
Résidu : ce qui hantera la prochaine génération de diplomates
Ce que les jeunes diplomates retiendront, et ce qu’ils oublieront
Les jeunes diplomates retiendront les images. Trump à la tribune, deuxième année, bras croisés. Pezeshkian en cinquième position mercredi, défendant une capitale bombardée. Abbas en vidéo depuis Ramallah. Zelensky en costume sombre devant l’hémicycle. Lavrov, visage fermé, dans le couloir.
Ils oublieront les discours. Les discours ne laissent pas de trace dans la mémoire corporelle. Ce qui reste, c’est l’image, le geste, le silence. Et c’est pourquoi la photographie de la semaine comptera plus que la transcription.
Ils retiendront aussi les chiffres. 725 millions, 1,312 milliard, 46 000 déplacés, cinquante mois de guerre. Les chiffres sont la mémoire courte des crises. Ils sont la première chose que les historiens futurs citeront quand ils raconteront l’année 2026.
Les diplomates futurs ne liront pas les discours. Ils regarderont les images et compteront les chiffres.
Le métier de chroniqueur, ici, maintenant
Le métier de chroniqueur, dans cette semaine, consiste à dire ce que la salle ne dira pas. La salle dira des discours. Le chroniqueur dira les chiffres que les discours taisent, les arrière-salles que les caméras ne filment pas, les conditions que les versements taisent.
Ce métier a une limite. La limite est l’invention. Le chroniqueur ne sait pas ce que Trump dira mardi. Il sait ce que Trump a déjà dit. Il sait ce que le calendrier prévoit. Il sait ce que les diplomates murmurent. Et c’est avec ces trois savoirs qu’il rédige, sans jamais aller au-delà.
La semaine est dense. Elle est aussi lourde. Dense parce que le calendrier est serré. Lourde parce que les guerres qu’elle doit nommer sont plus que ce que l’institution peut porter. C’est cette densité et cette lourdeur qui donnent au métier sa raison d’être.
Le métier de chroniqueur tient en trois savoirs : ce qui a été dit, ce qui est prévu, ce qui est murmuré. Jamais au-delà.
Conclusion : New York, l'inventaire avant la liquidation
Ce que la semaine dira dans six mois
Dans six mois, la semaine de haut niveau de la quatre-vingt-et-unième session sera réduite à deux ou trois images. Une déclaration forte. Un geste diplomatique. Une phrase en majuscules. Le reste sera oublié. C’est la loi du genre : la semaine dense devient légende courte.
Ce qui restera, c’est la géométrie. Une première puissance qui retient ses versements. Une première puissance asiatique qui paie en silence. Une succession non tranchée. Une guerre de sept mois qui n’a pas de cadre multilatéral. Une IA que la Maison-Blanche qualifie de HOAX. C’est cette géométrie que l’année 2026 laissera à 2027.
Et derrière la géométrie, une question. Est-ce que l’ONU de 2027 ressemblera à celle de 2026, ou est-ce que la semaine de New York aura été le dernier inventaire avant la liquidation ? La réponse dépend moins de New York que de Washington. Et c’est pourquoi le procès-verbal new-yorkais est, cette année, un acte comptable autant qu’un acte diplomatique.
L’inventaire est dressé. La liquidation, si elle vient, sera comptable. C’est la première fois que l’ONU fait sa propre comptabilité de fin.
Le dernier mot de la semaine, s’il est choisi
Le dernier mot de la semaine sera, s’il est choisi, un mot comptable. 1,312. Ou un mot d’accusation. HOAX. Ou un prénom. Abbas. Ou un toponyme. Bab el-Mandeb. Le choix n’est pas anodin. Il dit ce que la semaine a voulu dire, et ce qu’elle a tu.
Les chroniqueurs ne choisissent pas le dernier mot de l’institution. Ils choisissent le dernier mot de leur texte. Et le dernier mot doit faire ce que les discours n’ont pas fait : tenir. Une image, un chiffre, un silence, un verdict. Tenu.
Je choisis, pour ma part, le silence. Parce que la semaine new-yorkaise est plus grosse que ce qu’elle dira, et que le silence est, parfois, la seule manière de ne pas trahir la matière. Et c’est ici, précisément ici, que je mesure ma propre fatigue de chroniqueur : dire ce que je ne sais pas avec les mots que je n’ai pas encore.
Le dernier mot que je choisis, c’est le silence. Parce que la matière est plus grosse que ce que je peux dire sans la trahir.
New York, l’ONU en état de siège face aux guerres qu’elle ne peut plus nommer
Et si New York, cette année, n’était plus la tribune du monde mais son propre procès-verbal de liquidation : qui d’autre que Washington en tiendrait la plume ?
Signé Maxime Marquette, Chroniqueur
Sources :
Sources primaires :
Reuters — Paiement américain de 725 millions de dollars à l’ONU, 16 septembre 2026
Nations Unies — Calendrier officiel de la quatre-vingt-et-unième session de l’Assemblée générale
Nations Unies — Processus de sélection du prochain Secrétaire général, état au 20 septembre 2026
Sources secondaires :
The Guardian — Profil de Rebeca Grynspan, candidate au Secrétariat général, 9 août 2026
Seoul Economic Daily — Annonce par Trump d’une AI Force, 20 septembre 2026
Reuters — Guterres met en garde contre les risques de l’IA, 16 septembre 2026
Iran International — Avancée des Houthis vers le Bab el-Mandeb, 11 septembre 2026
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