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Chronique : 150 000 soldats autour de Pokrovsk, Odessa suffoque sous les bombes
Crédit: Adobe Stock

Le commandant en chef ukrainien Oleksandr Syrskyi l’a dit sans détours au New York Post le 10 novembre : la Russie concentre environ 150 000 soldats sur l’offensive de Pokrovsk. Sur les quelque 700 000 troupes russes déployées sur le territoire ukrainien, un cinquième — un cinquième entier — est mobilisé pour prendre cette ville. Zelensky a avancé un chiffre encore plus élevé : 170 000 soldats dans la région de Pokrovsk et de Myrnohrad. Pour vous donner une idée de l’ampleur, c’est plus que toute l’armée active de l’Italie. C’est presque autant que celle de l’Allemagne. C’est une force comparable à celle que Moscou avait déployée aux frontières ukrainiennes en février 2022 pour envahir tout le pays. Sauf que maintenant, cette armée entière est concentrée sur une seule ville. Un seul point sur la carte. Pokrovsk.

Pourquoi un tel acharnement ? Parce que Pokrovsk, ce n’est pas juste une ville parmi d’autres. C’est la porte d’entrée vers le reste du Donbass. Les routes majeures y convergent — vers Donetsk à l’est, vers Kostyantynivka, Kramatorsk et Sloviansk au nord-est. Ces villes forment la « ceinture de forteresses » ukrainienne, le dernier rempart dans le Donbass occidental. Si Pokrovsk tombe, cette ceinture est percée. Les Russes pourront alors se déverser vers l’ouest, vers les régions industrielles de Dnipropetrovsk et au-delà. Syrskyi l’a expliqué : « Ils ont massé un nombre significatif de troupes, essayant d’établir la dominance pour percer nos lignes défensives et saisir la région. » Les forces russes engagées incluent des groupes mécanisés massifs, quatre brigades de marines — les troupes d’élite de la marine russe — et des éléments non spécifiés de Spetsnaz, les forces spéciales. Ce n’est plus une offensive ordinaire. C’est une opération stratégique majeure, comparable aux grandes batailles de la Seconde Guerre mondiale par son ampleur.

Le ratio qui terrifie : 8 contre 1

Zelensky l’a dit publiquement le 27 octobre : les troupes ukrainiennes à Pokrovsk sont surpassées en nombre de 8 contre 1. Huit soldats russes pour chaque soldat ukrainien. Cette disparité numérique est écrasante. Elle explique pourquoi les Russes peuvent continuer à lancer des vagues d’assaut malgré des pertes catastrophiques. Ils ont les hommes. Ils ont les ressources. En octobre seul, selon Zelensky, les forces russes ont subi 25 000 morts et blessés dans le secteur de Pokrovsk. Vingt-cinq mille en un mois. C’est plus que toutes les pertes américaines durant la guerre du Vietnam réparties sur quinze ans. Mais Moscou s’en fiche. Parce que Moscou peut se permettre ces pertes. La Russie peut mobiliser environ 9 000 nouveaux soldats par mois selon Syrskyi. Ils remplacent les morts. Ils remplacent les blessés. Et ils continuent d’avancer. Lentement, au prix du sang, mais ils avancent.

L’Ukraine, elle, n’a pas ce luxe. Chaque soldat perdu est irremplaçable. Kyiv fait face à des pénuries critiques de main-d’œuvre malgré près de 900 000 hommes sous les armes à travers le pays. Mais ces 900 000 doivent défendre une ligne de front qui s’étire sur 1 200 kilomètres — 200 kilomètres de plus qu’il y a un an. La pression est partout. À Kharkiv au nord. À Zaporizhzhia au sud. Dans le Donbass à l’est. À Kursk en Russie, où les Ukrainiens tiennent encore 90 kilomètres carrés de territoire russe occupé. Les forces sont dispersées. Épuisées. Et à Pokrovsk, elles tiennent face à un raz-de-marée humain qui ne s’arrête jamais. Syrskyi a confirmé que les Russes tentent d’encercler Pokrovsk et les villes voisines depuis le nord, le sud et l’est pour couper les routes d’approvisionnement. Le plan russe ? Forcer les civils à fuir, isoler la garnison ukrainienne, puis lancer l’assaut final. C’est leur « dernière mise » dans le Donbass, comme dit Syrskyi. Tout ou rien.

Les trois armées russes qui convergent

Selon l’analyste militaire ukrainien Pavlo Lakiychuk, trois armées russes entières sont concentrées autour de Pokrovsk. Au sud, la 2ème Armée. Au nord, la 51ème Armée — c’est là que se concentre actuellement l’effort principal. Et la 8ème Armée opère également dans le secteur. Ajoutez à cela une réserve improvisée de brigades de marines, et vous comprenez la masse de feu, de blindés, d’artillerie qui s’abat sur Pokrovsk jour après jour. Trois armées. Ça ne se voit pas tous les jours dans les guerres modernes. La dernière fois qu’on a vu une concentration de forces similaire sur un seul secteur, c’était pendant les grandes offensives soviétiques de 1944-1945. Et maintenant, en 2025, Poutine réutilise les mêmes tactiques que Staline il y a 80 ans : submerger par le nombre, peu importe les pertes. C’est brutal. C’est archaïque. C’est horriblement efficace quand vous avez les ressources pour encaisser les pertes.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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