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Chronique : Zaporizhzhia, l’Ukraine recule sous le feu, cinq villages abandonnés
Crédit: Adobe Stock

La déclaration des Forces de défense du Sud est brutale dans sa clarté : « Dans l’oblast de Zaporizhzhia, en particulier dans les directions d’Oleksandrivka et Huliaipole, des combats intenses se poursuivent depuis plusieurs jours consécutifs. L’ennemi utilise tous les types d’armes disponibles pour déloger les Forces armées d’Ukraine de leurs positions. Au cours des derniers jours seulement, jusqu’à cent affrontements ont été enregistrés. » Cent affrontements. En quelques jours. C’est un rythme d’assaut terrifiant. Ça signifie que les Russes attaquent sans relâche, vague après vague, groupe d’infiltration après groupe d’infiltration. Le porte-parole des Forces de défense du Sud, Vladyslav Voloshyn, l’a confirmé à Suspilne le 11 novembre : « Nous nous sommes complètement retirés d’Uspenivka et de Novomykolaivka. Des combats très féroces se poursuivent pour Yablukove et trois ou quatre autres endroits. L’opération défensive est en cours, et la ligne de contact reste assez dynamique. »

Les chiffres donnent le vertige. Plus de 400 frappes d’artillerie par jour. Environ 2 000 obus utilisés quotidiennement. Une pression de feu tellement intense que presque tous les abris et fortifications ont été détruits. « L’ennemi mène des frappes de feu intenses sur nos positions. En fait, ils ont détruit toutes les fortifications et abris existants, nous forçant à nous retirer de certaines positions dans plusieurs localités — soit sur les flancs, soit plus profondément dans nos lignes défensives », a expliqué Voloshyn. C’est pas une décision prise à la légère. C’est une décision de survie. Rester dans des positions pulvérisées, sans abri, sous un déluge d’artillerie constant, c’est du suicide. Alors les commandants ukrainiens ont fait ce qu’ils devaient faire : ils ont ordonné le repli. Vers des positions mieux préparées. Vers des lignes où les défenseurs peuvent survivre. Parce qu’un soldat vivant aujourd’hui peut se battre demain. Un soldat mort dans une tranchée détruite ne sert à rien à personne.

Les Russes tentent de s’installer, mais rencontrent une résistance acharnée

Mais le retrait ukrainien ne signifie pas que les Russes contrôlent maintenant ces villages. Loin de là. Selon les Forces de défense du Sud, « l’ennemi tente d’amener des groupes de consolidation dans ces localités, mais les défenseurs ukrainiens font tout leur possible pour les empêcher de prendre pied ». C’est la réalité de la guerre moderne dans le Donbass et à Zaporizhzhia — une zone grise permanente où ni l’Ukraine ni la Russie ne contrôlent complètement le terrain. Les Russes peuvent infiltrer des groupes, planter des drapeaux, filmer des vidéos de propagande. Mais maintenir une présence, établir des positions défensives, amener du ravitaillement ? C’est une autre histoire. Parce que les drones ukrainiens patrouillent constamment. Parce que l’artillerie ukrainienne frappe chaque mouvement ennemi. Parce que les unités d’assaut ukrainiennes lancent des contre-attaques pour repousser les infiltrés. Selon le colonel Valentyn Manko, commandant des Forces d’assaut ukrainiennes, qui s’est exprimé le 9 novembre, les forces ukrainiennes ont même dégagé les villages de Solodke et Rivnopillia, suggérant que les Russes avaient réussi à s’y infiltrer mais en ont été chassés. « Les combats se poursuivent près des villages de Poltavka et Uspenivka, où les forces russes poussent vers la ville de Huliaipole », a ajouté Manko.

Huliaipole. Voilà le véritable enjeu. Cette ville de 15 000 habitants avant la guerre — maintenant presque déserte — est un nœud logistique crucial. Les routes qui traversent Huliaipole permettent de ravitailler les forces ukrainiennes dans l’est de l’oblast de Zaporizhzhia. Si Huliaipole tombe, toute la logistique ukrainienne dans la région s’effondre. Les Russes le savent. C’est pourquoi ils poussent depuis l’est, essayant d’encercler Huliaipole et de couper les routes d’approvisionnement depuis le village de Pokrovske dans l’oblast de Dnipropetrovsk. Selon Voloshyn, « l’ennemi, avançant depuis l’est, tente d’encercler Huliaipole et de couper les routes logistiques menant depuis Pokrovske ». Si ce plan réussit, les forces ukrainiennes à Huliaipole seront isolées. Et une garnison isolée est une garnison condamnée. L’Ukraine fait tout pour empêcher ça. Mais la pression est immense. Et les ressources limitées.

Le brouillard, allié silencieux de la Russie

Un facteur crucial joue en faveur des Russes en ce moment : la météo. Novembre dans le sud de l’Ukraine, c’est le brouillard. Des brumes épaisses qui peuvent durer des jours. Et ce brouillard neutralise partiellement l’avantage ukrainien dans la guerre des drones. Voloshyn l’a expliqué clairement : « La Russie exploite la météo pour avancer en petits groupes, se déplaçant à pied ou en utilisant des motos. En même temps, les conditions météorologiques défavorables empêchent les forces ukrainiennes de déployer des drones contre eux. » C’est un problème majeur. Les drones ukrainiens — notamment les drones FPV qui ont été si dévastateurs contre les assauts russes — dépendent de la visibilité. Quand le brouillard est dense, les caméras embarquées ne voient rien. Les opérateurs ne peuvent pas identifier les cibles. Et les Russes en profitent. Ils lancent des groupes d’infiltration de trois, cinq, dix hommes à pied ou sur des motos, sachant que les drones ne pourront pas les détecter à temps. Certains groupes sont décimés quand le brouillard se lève. D’autres réussissent à atteindre leurs objectifs et s’établissent dans les ruines des villages.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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