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ANALYSE : La Crimée sous le feu ukrainien — quand la nuit change de camp
Crédit: Adobe Stock

Une frappe sur le nerf énergétique de Zaporijjia occupée

À Melitopol, ville occupée de la région de Zaporijjia, une sous-station électrique a été touchée dans la même séquence de frappes. Sternenko l’a confirmé sans détour. Cette sous-station n’est pas un détail logistique — c’est un nœud d’alimentation qui dessert à la fois les infrastructures civiles et les positions militaires russes dans le sud de l’Ukraine occupée. Frapper une sous-station à Melitopol, c’est couper le courant à des postes de commandement, à des systèmes radar, à des centres de communication. C’est rendre la nuit plus longue pour ceux qui planifient les frappes sur Dnipro et Kryvy Rih.

Et pourtant, Melitopol reste une ville fantôme de la souveraineté ukrainienne. Ivan Fedorov, son maire légitime, gouverne depuis l’exil à Zaporijjia. 150 000 habitants vivaient là avant l’invasion. Combien restent aujourd’hui sous l’occupation, contraints de vivre avec des passeports russes imposés et des coupures de courant que personne ne viendra réparer avant des jours ? La sous-station touchée cette nuit alimentait aussi leurs cuisines, leurs réfrigérateurs, les respirateurs de leurs malades. La guerre ne trie pas les électrons.

Je ne sais pas comment on écrit sur une frappe « réussie » sans penser à la femme de Melitopol qui cherche une bougie dans le tiroir de sa cuisine à trois heures du matin. Elle n’a pas choisi l’occupation. Elle n’a pas choisi la guerre. Elle vit entre deux feux, et les deux la brûlent. C’est la vérité la plus inconfortable de ce conflit : la libération a un prix, et ce ne sont pas toujours les coupables qui le paient.

La stratégie d’attrition énergétique inversée

Depuis l’automne 2022, Vladimir Poutine a ordonné la destruction systématique du réseau électrique ukrainien. Des dizaines de centrales thermiques, de sous-stations, de transformateurs ont été pulvérisés par des missiles de croisière et des drones Shahed. L’objectif était clair : plonger l’Ukraine dans le froid et l’obscurité pour briser le moral civil. Deux hivers plus tard, les Ukrainiens chauffent toujours leurs appartements. Et c’est la Crimée occupée qui commence à connaître des coupures.

L’ironie n’est pas poétique. Elle est stratégique. Les forces ukrainiennes appliquent désormais à la logistique russe en territoire occupé la même doctrine que Moscou a tenté d’imposer à Kyiv : dégrader l’infrastructure énergétique pour rendre l’occupation insoutenable. Chaque sous-station détruite en Crimée ou à Melitopol est un transformateur que la Russie doit remplacer — en acheminant du matériel par le pont de Kertch, lui-même sous menace constante, ou par les routes terrestres du sud, elles-mêmes sous le feu des drones longue portée.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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