Ma génération a été élevée dans un mensonge cosmétique : « les autres vont venir vous sauver. » Ottawa va venir. Les libéraux vont venir. La péréquation va venir. Les subventions vont venir. Les programmes fédéraux, bilingues, multiculturels, inclusifs, stratégiques, transversaux, intersectionnels, vont venir.
Personne n’est jamais venu.
Quand ma sœur a cherché un médecin de famille en 2023, personne n’est venu. Quand les urgences débordaient l’hiver dernier, personne n’est venu. Quand l’Office de la langue française a publié les chiffres sur le déclin du français à Montréal, personne n’est venu — au contraire, on a ri, on a qualifié les inquiets de « xénophobes » et on a continué à importer des travailleurs temporaires par dizaines de milliers sans demander au Québec son avis.
Personne ne viendra.
Et c’est là, exactement là, que je vous demande de faire avec moi un pas inconfortable : arrêter d’attendre.
« Maîtres chez nous », ce slogan-là — celui de Jean Lesage en 1962, celui qu’on a gravé sur les murs d’Hydro-Québec comme on grave une promesse sur un monument funéraire — ce n’est pas juste trois mots sur une affiche. C’est une manière d’habiter sa vie. C’est une posture debout. C’est une colonne vertébrale politique que chaque peuple doit refaire à chaque génération, sinon elle se voûte.
Je me redresse en écrivant ces lignes. Je me redresse chaque fois que je lis PSPP parler de souveraineté sans la parfumer, sans l’édulcorer, sans y mettre de light beer. Je me redresse chaque fois qu’un jeune de 22 ans me dit qu’il va voter pour la première fois de sa vie en octobre 2026, et qu’il va voter pour devenir libre.
III. Le sponsorship, la Clarté, et les deux baffes qu'on a prises dans la face
Soyons clairs sur une chose : la démocratie québécoise a été giflée. Deux fois. Fort. Et on fait comme si de rien n’était.
La première baffe : le scandale des commandites
On s’en souvient moins qu’on le devrait. On l’a rangé dans le tiroir avec les vieilles cassettes VHS. Mais rappelez-vous : des millions de dollars publics, nos dollars, détournés via des firmes de communication pour « acheter » la loyauté du Québec au Canada. Pour mettre des petits drapeaux canadiens sur des festivals québécois. Pour faire semblant que le fédéralisme, c’était de la fête, alors que c’était de la propagande payée avec notre propre argent. On nous a pris notre argent pour nous manipuler nous-mêmes. Relisez la phrase précédente. Lentement. C’est ça, la dignité qu’on a acceptée.
La deuxième baffe : la Loi sur la clarté
2000. Stéphane Dion. Ottawa se donne le droit — le droit, vous entendez ? — de juger si la question posée par le peuple québécois à son propre peuple est assez « claire ». De juger si la majorité qu’on atteint est assez « claire ». Le colonisateur se réserve le droit d’évaluer la qualité grammaticale de notre émancipation. Imaginez un mari qui dirait à sa femme qui veut divorcer : « ta demande de divorce n’est pas assez claire, je ne l’accepte pas. » On appellerait ça du contrôle coercitif. On mettrait le mari en prison. Mais quand Ottawa le fait à un peuple, on appelle ça de la prudence constitutionnelle.
Ces deux baffes-là, elles ne sont pas de l’histoire ancienne. Elles sont le cadre juridique et moral dans lequel on vit encore. Elles disent quelque chose de brutal sur le respect que le Canada a pour la démocratie québécoise : zéro.
IV. Les 90 milliards — et ce qu'on achète avec, au-delà des chiffres
Parlons cash. Parlons portefeuille. Parlons chiffres, parce que les chiffres, eux, n’ont pas d’idéologie.
Le Parti québécois, dans son document Finances d’un Québec indépendant — signé par six économistes indépendants, pas par des militants en chemise rouge — a chiffré que le Québec envoie chaque année environ 82 milliards de dollars à Ottawa en impôts. Avec les gains d’efficacité liés à l’élimination des dédoublements, les ministères en double, les agences fédérales qui font ce que nos propres agences font déjà, on parle de récupérer jusqu’à 90 milliards de marge budgétaire annuelle dans un Québec souverain.
Quatre-vingt-dix. Milliards. Par année.
Personne — personne — ne peut être contre ces chiffres sans mentir. On peut les contester à la marge. On peut dire « oui mais la dette », « oui mais les pensions », « oui mais l’armée ». Le PQ a répondu à chacune de ces objections dans un document public que tout le monde peut lire. On peut ne pas aimer la réponse. Mais on ne peut pas dire qu’il n’y a pas eu de réponse.
Et là, honnêtement, je vous pose la question qui fait mal : à quoi ça sert, 90 milliards ?
Ça sert à ce que ta mère, à 78 ans, ne meure pas sur une civière dans un corridor. Ça sert à ce que ta fille, à 6 ans, apprenne à lire dans une classe de 18 et non de 32. Ça sert à ce que la 132, entre Gaspé et Sainte-Anne-des-Monts, n’ait pas l’air d’une photo de la Bosnie en 1995. Ça sert à ce que les PME de la Beauce qui exportent 70% de leur production n’aient pas à attendre 14 mois qu’Ottawa daigne signer un traité commercial avec les intérêts de l’Ontario en priorité.
Ça sert à tout ça. Et à autre chose aussi, de plus grand, de moins comptable.
Ça sert à arrêter d’avoir honte.
V. Le regard des petits-enfants
Je n’ai pas encore de petits-enfants. J’ai peut-être 20, 25 ans devant moi avant qu’un être minuscule, à qui je devrai répondre, me pose la question :
« Popa, t’as fait quoi, toi, en 2026 ? »
Je ne veux pas répondre : « J’ai rien fait. J’ai voté pour le parti qui gérait le moins pire le statu quo. J’ai scrollé mon téléphone. J’ai regardé RDS. J’ai chialé dans les commentaires Facebook. »
Je veux pouvoir répondre : « J’ai pris mon crayon. J’ai écrit. J’ai voté. J’ai parlé à des gens qui votaient autrement. Je les ai convaincus, ou ils m’ont convaincu, ou on est sorti du café à égalité mais on s’est serré la main. J’ai fait partie d’une génération qui a refusé la honte. »
La génération de mes parents a eu 1980 et 1995. Deux chances. Deux défaites, la première honnête, la deuxième volée. Ma génération, la tienne peut-être aussi, on en est à notre première chance. Peut-être notre dernière, démographiquement parlant. Parce que si on ne la saisit pas maintenant, avec un chef qui ne craint plus le mot référendum, avec une conjoncture où l’Alberta elle-même parle de quitter le Canada, avec un fédéral en déliquescence, avec des projections qui nous donnent une majorité parlementaire… alors quand ?
Quand, dites-moi ?
Dans 20 ans, quand le français à Montréal sera passé sous 40% ? Dans 30 ans, quand nos institutions auront été vidées de leur substance ? Dans 40 ans, quand nos enfants auront oublié la différence entre « je me souviens » et une phrase de manuel scolaire ?
Non. C’est maintenant. C’est en 2026. C’est dans six mois.
VI. PSPP — parce qu'il faut nommer l'homme
Je n’aime pas le culte de la personnalité. Je m’en méfie. Mais je dois être honnête : Paul St-Pierre Plamondon n’est pas un sauveur. C’est un serviteur.
Ce n’est pas la même chose.
Un sauveur demande qu’on le suive. Un serviteur demande qu’on marche à côté de lui.
Regardez l’homme. Écoutez-le cinq minutes — même si vous ne l’aimez pas, même si son timbre de voix vous tombe sur les nerfs. Écoutez ce qu’il dit. Il ne parle pas comme un politicien qui calcule. Il parle comme un homme qui a fait ses devoirs. Il a déposé un Livre bleu, un chapitre à la fois, sur la politique étrangère, sur les finances, sur les pensions, sur l’immigration. Il n’a pas caché son jeu. Il n’a pas dit, comme tant d’autres avant lui : « on verra après l’élection. »
Il a dit : référendum dans un premier mandat. Et il l’a écrit. Et il l’a répété. Et il n’a pas reculé.
Un homme qui ne recule pas sur sa promesse centrale alors qu’il est en tête des intentions de vote depuis deux ans, ce n’est pas courant dans la politique québécoise du XXIe siècle. C’est même, disons-le, une espèce en voie de réapparition.
VII. Le cynisme, ce poison lent
Le plus grand ennemi du Québec en 2026, ce n’est pas Ottawa. Ce n’est même pas Mark Carney. Ce n’est pas Trump non plus.
C’est le cynisme.
Le cynisme, c’est ce qui fait qu’un type de 34 ans, à Laval, intelligent, cultivé, bilingue, me dit : « Bah, ça change rien qui gagne. » Le cynisme, c’est ce qui fait qu’une prof de cégep à Rimouski me dit : « Moi je vote plus. Ça donne rien. » Le cynisme, c’est ce qui fait qu’un plombier de Drummondville, qui paye 38% d’impôt et qui voit ses routes finir en cratères, me dit : « Tous des voleurs, les politiciens. »
Et il a raison. Il a raison en surface. Mais il a tort sur PSPP. Parce que le cynisme, ce poison lent qu’Ottawa a mis 30 ans à nous administrer goutte à goutte, c’est précisément ce que PSPP refuse d’alimenter.
Refuser le cynisme, c’est un acte politique. C’est peut-être même le seul qui compte.
VIII. Ne plus se laisser humilier
Je finis par la blessure vraie. Celle d’où part tout le reste.
On a été humiliés. Et le pire, c’est qu’on s’est habitués.
Humiliés en 1982, quand on a signé notre constitution sans nous. Humiliés en 1990, quand Meech est mort. Humiliés en 1995, quand 1 million de Canadiens sont venus à Montréal nous supplier de rester avec de l’argent illégal. Humiliés chaque fois qu’un ministre fédéral vient nous expliquer notre propre langue. Humiliés chaque fois qu’un éditorial du Globe and Mail nous traite de « whiny ». Humiliés quand on apprend qu’on est la seule province à financer la péréquation avec sa propre dette.
Et moi, je vous le dis : j’ai fini d’être humilié. J’ai fini de baisser la tête. J’ai fini de regarder mes impôts partir pour financer des programmes fédéraux dont on ne veut pas.
Le 3 octobre 2026, je mettrai un X. Pas par haine. Pas par rage. Par dignité.
Et si vous lisez ça, et que vous hésitez encore, je vous demande juste ça : prenez un crayon, prenez un bout de papier, écrivez pour vous-même, à la main — la main, ça oblige à la vérité — la phrase suivante :
« Je refuse d’avoir honte d’exister comme peuple. »
Si vous pouvez signer cette phrase, vous savez déjà quoi faire en octobre.
Le rêve nous appartient. Les chiffres nous appartiennent. Le pays est à portée de main.
Cessons nos luttes fratricides.
Unissons-nous.
— Signé Maxime Marquette
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