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CHRONIQUE : Hryshyne craque — des soldats russes agonisent dans une cave ensevelie que personne ne viendra déterrer
Crédit: Adobe Stock

Le rythme d’attrition qui épuise tout le monde

L’état-major ukrainien a confirmé ce soir : 52 attaques russes sur les positions défensives ukrainiennes depuis le début de la journée du 20 avril 2026. L’essentiel concentré sur l’axe Pokrovsk. Cinquante-deux assauts. Cinquante-deux fois où des hommes sortent d’une tranchée, courent sous le feu, sont fauchés ou survivent, recommencent.

Le rythme russe sur ce secteur n’a pas baissé depuis octobre 2024. Il a même augmenté. Les estimations de l’Institute for the Study of War indiquent une moyenne de 47 assauts quotidiens sur l’axe Pokrovsk au premier trimestre 2026, contre 31 assauts au premier trimestre 2025. Les Russes envoient plus d’hommes. Ils avancent moins vite. Le rendement stratégique de chaque mort russe s’effondre.

Ce que coûte un kilomètre carré à Pokrovsk

Faisons le calcul brutal que personne n’ose faire dans les capitales occidentales. Entre septembre 2024 et avril 2026, l’armée russe a gagné approximativement 340 kilomètres carrés sur l’axe Pokrovsk, au prix d’environ 82 000 pertes selon les estimations croisées de l’état-major ukrainien et du renseignement britannique. 241 soldats russes tués ou blessés par kilomètre carré conquis.

À ce rythme, pour prendre Pokrovsk elle-même — ville de 60 000 habitants avant-guerre, superficie 29 kilomètres carrés — il faudrait 7 000 pertes supplémentaires. Pour prendre toute l’agglomération, incluant Myrnohrad, Hryshyne et les villages satellites — environ 180 kilomètres carrés — il faudrait 43 000 pertes russes. Trois fois la population annuelle de Krasnodar en hommes mobilisables. Un an et demi du budget de recrutement mercenaire du Kremlin.

Quand je pose ces chiffres, je sens la nausée. Pas parce qu’ils sont faux — ils sont sourcés, vérifiés, conservateurs. La nausée vient d’autre part. Elle vient du fait que je calcule des vies humaines comme un comptable calcule des stocks. Quarante-trois mille morts russes pour un morceau de steppe ukrainienne. Je peux écrire cette phrase parce que je suis à Montréal, dans un appartement chauffé, devant un écran. Les soldats ukrainiens de la 7e Corps, eux, n’ont pas le luxe du calcul. Ils ont le luxe de la survie immédiate. Chaque assaut russe repoussé, c’est une nuit de plus avant qu’un ami ne soit enterré. Je pense à eux ce soir. Je pense à l’opérateur de drone qui a filmé l’impact sur la cave. Je pense à la main qui a appuyé sur le bouton. Je pense qu’il a peut-être 22 ans. Je pense qu’il dormira mal cette nuit, même s’il a fait son travail. Même s’il a fait le seul travail possible.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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