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ANALYSE : Téhéran joue la montre pendant que Vienne attend — l’art iranien de faire pourrir une négociation
Crédit: Adobe Stock

Les dates que personne n’ose rappeler

Le mécanisme de snapback des sanctions onusiennes, réactivé en octobre dernier par la troïka européenne — France, Royaume-Uni, Allemagne —, n’est pas une menace abstraite. C’est un compte à rebours. Les résolutions 1696, 1737, 1747, 1803, 1835, 1929 sont revenues. Les sanctions financières, l’embargo sur les armes, les restrictions sur les transferts de technologie — tout est techniquement rétabli depuis le 28 septembre.

Sauf que « techniquement rétabli » et « concrètement appliqué » ne sont pas le même monde. La Chine achète toujours le pétrole iranien. La Russie livre toujours des composants duaux. Et Téhéran le sait. Téhéran sait que derrière les communiqués indignés de Bruxelles, il y a des tankers qui continuent de charger à Bandar Abbas, et des containers qui partent de Chabahar vers des destinations pudiquement appelées « tierces ».

Le snapback est devenu un théâtre. Les Occidentaux jouent la pièce, les Iraniens regardent le spectacle, et quelque part entre les deux, des ingénieurs en blouse blanche assemblent des choses qu’on ne veut pas nommer.

Quinze mois depuis l’effondrement

Quinze mois. Voilà le temps écoulé depuis que les frappes israéliennes de juin 2024 ont sérieusement amputé le programme nucléaire iranien. Quinze mois pendant lesquels Téhéran a reconstruit, redéployé, replanifié. Les images satellite commerciales montrent des travaux intensifs à Fordo, à Ispahan, dans des sites dont les noms ne figurent dans aucun communiqué officiel.

Et pourtant, on continue de parler de « fenêtre diplomatique ». Quelle fenêtre ? Celle qui se referme depuis quinze mois ? Celle qu’on redécouvre chaque trimestre en espérant qu’elle soit encore ouverte ? À un moment, il faudra nommer les choses : la fenêtre n’est pas fermée, elle n’a jamais été ouverte comme nous le prétendions.

Sources

Articles consultés

Source principale : WION News — Peace talks in doldrum: Iran hasn’t yet decided on sending delegation for talks, says Tehran

Références complémentaires : rapports publics de l’AIEA (Conseil des gouverneurs, novembre 2025), communiqués du Service européen pour l’action extérieure sur le snapback, briefings de l’Institute for Science and International Security sur les stocks d’uranium enrichi, documentation publique sur les victimes civiles ukrainiennes des attaques de drones Shahed, rapports d’Amnesty International et de Human Rights Watch sur la répression en Iran.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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