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REPORTAGE : Bochkové, village que la 71e division russe n’a pas pris, six groupes d’assaut, deux axes, zéro mètre gagné
Crédit: Adobe Stock

126e et 127e régiments motorisés, chair envoyée par grappes

La 71e division de fusiliers motorisés est une unité de l’armée russe reformée après les pertes massives de 2022-2023. Elle opère dans le secteur de Kharkiv depuis des mois. Ses hommes sont pour beaucoup des contractuels recrutés dans les régions pauvres de Russie — Bouriatie, Daghestan, Tchouvachie. On leur promet 210 000 roubles par mois, environ 2 100 euros. Dans leurs villages, c’est dix fois le salaire local.

Six groupes d’assaut. Dans la doctrine russe de 2025-2026, un groupe d’assaut compte entre six et douze hommes. Faites le calcul. Entre 36 et 72 soldats russes ont été envoyés vers Bochkové ce jour-là. Deux sont revenus dans un sac. Plusieurs sont revenus blessés. Les autres ont reculé, probablement pour recommencer demain. C’est ça, la tactique russe depuis Bakhmout : vagues humaines, reconnaissance par le feu, on use l’adversaire par accumulation de cadavres.

On les appelle « l’ennemi » dans les communiqués. Et ils le sont. Ils tirent, ils tuent, ils brûlent. Mais quelque part en Bouriatie, ce soir, une femme va apprendre que son fils ne rentre pas. On ne lui dira pas Bochkové. On ne lui dira pas pourquoi. On lui enverra un certificat et une médaille. Je n’ai pas de compassion pour le commandement de la 71e division. J’en ai pour cette mère-là, qui n’a jamais voté pour cette guerre et qui vient de perdre son fils pour un village qu’elle n’aurait jamais su prononcer.

« Mouvement détecté à temps » — quatre mots qui cachent une organisation entière

Le communiqué du 16e corps utilise une formule sèche : « les actions coordonnées des unités et le commandement clair du groupement des Forces conjointes ». Derrière cette phrase militaire, il y a une chaîne. Des drones de reconnaissance qui survolent la zone 24 heures sur 24. Des opérateurs de guerre électronique qui écoutent les fréquences russes. Des artilleurs qui attendent les coordonnées. Des pilotes de drones FPV qui filent vers leur cible à 140 km/h avec 1,5 kg d’explosif.

Les Ukrainiens ont appris. Depuis trois ans, ils apprennent. Ils savent maintenant lire un ordre de bataille russe avant même qu’il soit exécuté. Ils savent que trois groupes d’assaut sur deux axes signifie tentative de percée coordonnée. Ils savent où les Russes placent leurs réserves. Ils savent quand tirer. Cette science-là s’est payée en sang, village après village, depuis Irpin jusqu’à Bakhmout, jusqu’à Avdiivka, jusqu’à Bochkové aujourd’hui.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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