Skip to content
ANALYSE : L’entrée en bourse de SpaceX, ou comment Elon Musk achète l’éternité avec votre argent
Crédit: Adobe Stock

Starlink seul justifie la valorisation — et Musk le sait

SpaceX n’est plus une entreprise de fusées. C’est une entreprise de télécommunications spatiales qui construit des fusées pour maintenir son monopole. Starlink, le réseau de satellites en orbite basse, compte aujourd’hui plus de 4 millions d’abonnés actifs dans 100 pays. Le chiffre d’affaires de Starlink pour 2024 a dépassé les 8 milliards de dollars — en croissance de 80% sur un an. Chaque satellite lancé consolide un avantage concurrentiel que ni Amazon Kuiper ni OneWeb ne peuvent rattraper en moins d’une décennie. Le fossé n’est pas technologique. Il est orbital : SpaceX contrôle physiquement des portions du ciel.

Mais Starlink, c’est aussi un outil géopolitique à double tranchant que Musk a déjà utilisé à sa convenance. En septembre 2023, Walter Isaacson révélait dans sa biographie que Musk avait personnellement désactivé la couverture Starlink au-dessus de la Crimée en août 2022, empêchant une attaque de drones ukrainiens contre la flotte russe à Sébastopol. Musk avait alors justifié sa décision en affirmant vouloir éviter une « mini-Pearl Harbour » et une escalade nucléaire. Une décision stratégique militaire prise par un homme seul, sans mandat électif, sans consultation alliée, depuis son téléphone. Et pourtant, c’est cet homme dont on s’apprête à financer l’empire en bourse.

Il faut s’arrêter là une seconde. Pas sur le fond du débat Crimée — sur la structure de pouvoir qu’il révèle. Une décision qui a potentiellement influencé le cours d’une guerre a été prise par un homme qui n’est comptable de ses actes devant personne. Pas ses actionnaires — il n’y en avait pas encore de publics. Pas son conseil d’administration — il le contrôle. Pas un gouvernement — il n’est élu par personne. La clause de contrôle du dépôt SEC n’est pas un détail de gouvernance. C’est la pérennisation légale de cette situation.

Falcon 9, Starship : le monopole des infrastructures critiques

En 2024, SpaceX a réalisé 134 lancements orbitaux — soit plus que tous les autres opérateurs spatiaux mondiaux combinés. Falcon 9 est le lanceur le plus fiable de l’histoire de l’astronautique commerciale, avec un taux de réussite supérieur à 99% sur 300 missions. La NASA dépend de SpaceX pour accéder à la Station spatiale internationale. Le Département de la Défense américaine dépend de SpaceX pour ses satellites militaires. La Maison-Blanche dépend de SpaceX pour son programme Artemis de retour sur la Lune. Quand une entreprise privée devient l’infrastructure d’accès à l’espace d’une superpuissance, la question n’est plus financière. Elle est constitutionnelle.

Starship, le lanceur géant dont le cinquième vol d’essai en octobre 2024 a démontré la récupération réussie des deux étages, promet de réduire le coût de mise en orbite de 97% par rapport aux lanceurs classiques. Si Starship tient ses promesses opérationnelles d’ici 2027, SpaceX ne contrôlera plus seulement l’accès à l’orbite basse — elle contrôlera l’accès à la Lune, à Mars, à l’ensemble du système solaire proche. L’introduction en bourse ne finance pas une entreprise. Elle finance le rachat de l’infini par un actionnaire unique.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu