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ANALYSE : Trump veut virer l’Espagne de l’OTAN — et il ne peut pas. Ce que cette menace dit de la destruction en cours
Crédit: Adobe Stock

Le texte fondateur signé le 4 avril 1949, article par article

Le Traité de l’Atlantique Nord a été signé à Washington le 4 avril 1949. Il compte 14 articles. Aucun d’eux ne prévoit de mécanisme d’exclusion, de suspension, ni de sanction institutionnelle contre un État membre. Ce n’est pas un oubli. C’est une architecture délibérée construite par des hommes qui sortaient d’une guerre mondiale et qui avaient compris que la solidarité d’une alliance ne peut pas être conditionnelle à l’obéissance totale — sinon ce n’est plus une alliance, c’est une tutelle. Le Dr Patrick Bury, ancien capitaine de l’armée britannique et chercheur spécialisé en sécurité à l’université de Bath, a été sans ambiguïté : « On ne peut pas exclure un pays sans violation majeure des règles de l’Alliance, ce qui n’est absolument pas le cas de l’Espagne. »

L’Espagne remplit ses obligations financières. L’Espagne participe aux missions collectives. L’Espagne n’a pas quitté le commandement intégré. Ce qu’elle a refusé, c’est de prêter son sol pour une guerre que ses dirigeants élus ont jugée contraire au droit international. Ce refus est un acte politique souverain, pas une trahison de l’Alliance. Et pourtant, Washington traite cette distinction comme si elle n’existait pas.

Il y a quelque chose de vertigineux dans le fait que la plus grande démocratie du monde soit aujourd’hui celle qui menace ses alliés pour les punir d’avoir exercé leur souveraineté. Le Traité de 1949 ne prévoyait pas ce cas de figure — non pas parce que ses rédacteurs manquaient d’imagination, mais parce qu’ils n’auraient jamais cru que Washington deviendrait la menace.

1986 : quand Paris et Madrid avaient déjà dit non — et survécu

L’histoire a une mémoire que Trump n’a visiblement pas consultée. En avril 1986, Ronald Reagan avait ordonné les frappes aériennes américaines contre la Libye — opération El Dorado Canyon, le 15 avril à 2h00 du matin. La France avait refusé l’accès à son espace aérien, forçant les avions décollés des bases britanniques à contourner la péninsule ibérique. L’Espagne avait refusé l’usage de ses bases. Deux alliés majeurs de l’OTAN avaient dit non à une opération militaire américaine en pleine Guerre froide. Reagan était furieux. Et pourtant : ni la France ni l’Espagne ne furent exclues. Ni sanctionnées. Ni isolées. Parce que l’Alliance n’est pas une garnison où le commandant en chef américain donne des ordres que les autres exécutent.

Quarante ans plus tard, la même séquence se reproduit. Avec la même réponse juridique. Et pourtant avec une différence fondamentale : en 1986, personne au Pentagone ne rédigeait de mémos pour expulser Paris. La menace elle-même est nouvelle. Ce qu’elle révèle sur l’état d’esprit de cette administration l’est tout autant.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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