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ANALYSE : Le SBU frappe trois navires, un MiG-31, des radars. La Crimée n’est plus un sanctuaire
Crédit: Adobe Stock

Ce que cette flotte était censée être

La flotte russe de la mer Noire basée à Sébastopol était, en février 2022, la fierté de la marine de Poutine en Méditerranée orientale. Une flotte de projection de puissance. Des navires capables de lancer des missiles de croisière Kalibr depuis la mer, de débarquer des troupes sur n’importe quelle côte ukrainienne, d’interdire la navigation commerciale en mer Noire et d’étrangler économiquement l’Ukraine. Un outil de guerre maritime qui devait, dans les plans initiaux du Kremlin, encercler Odessa et couper l’Ukraine de la mer.

Ce plan n’a pas fonctionné. La flotte a perdu son vaisseau amiral — le croiseur Moskva, coulé le 14 avril 2022 par deux missiles ukrainiens Neptune — dans ce qui reste l’une des destructions les plus symboliques de cette guerre. Depuis, les frappes s’accumulent. Le sous-marin Rostov-sur-le-Don. Le navire de débarquement Minsk. Le Serna. Le Novocherkassk. Et maintenant, dans la nuit du 25 au 26 avril 2026, le Yamal et le Filchenkov ajoutent leurs noms à cette liste funèbre.

Le Yamal, le Filchenkov et l’Ivan Khours

Le Yamal et le Filchenkov sont des navires de débarquement de classe Ropucha. Conçus en URSS, capables de transporter des chars, des véhicules blindés, des centaines de soldats. Des outils d’invasion amphibie — exactement le type de matériel que la Russie aurait utilisé pour débarquer des troupes sur la côte ukrainienne si la résistance militaire ne l’avait pas empêchée. Des navires qui figuraient dans les plans de débarquement autour d’Odessa. Des navires qui ne figureront plus dans aucun plan.

L’Ivan Khours est différent. Ce n’est pas un navire de combat au sens traditionnel. C’est un navire de renseignement — un collecteur d’intelligence électronique, capable d’intercepter des communications, de cartographier les fréquences radar adverses, de guider des missiles de croisière vers leurs cibles. Sa destruction ne retire pas un canon à la Russie. Elle lui retire des yeux et des oreilles. Elle aveugle partiellement ses systèmes de commandement en mer Noire. C’est, en termes stratégiques, une perte potentiellement plus significative que la destruction des deux navires de débarquement.

L’Ivan Khours. Un navire qui écoute. Qui voit. Qui guide. Qui permet à d’autres de tuer avec précision. Sa destruction ne fera pas la une de beaucoup de journaux parce qu’il n’y a pas de photo spectaculaire — pas de boule de feu comme le Moskva, pas d’image satellite d’un hangar éventré. Mais dans les salles d’opérations du SBU, dans les centres de commandement ukrainiens, la destruction de l’Ivan Khours représente quelque chose de concret : un angle mort dans le système de surveillance russe en mer Noire. Un silence là où il y avait une voix. Et dans une guerre électronique comme celle-ci, le silence de l’adversaire est parfois la victoire la plus précieuse.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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