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ANALYSE : Macron dit que la clause de défense mutuelle de l’UE n’est « pas que des mots », mais ce n’est pas suffisant
Crédit: Adobe Stock

Ce qui s’est passé cette nuit-là

Le 28 février 2026, à 2h43 du matin, plusieurs drones — leur origine n’a pas été officiellement confirmée mais les services de renseignement européens pointent vers des milices pro-iraniennes — ont frappé la base aérienne d’Akrotiri, territoire britannique souverain sur l’île de Chypre. Pas une attaque massive. Pas une explosion qui fait trembler les murs. Des impacts précis. Trois infrastructures touchées. Une piste endommagée. Deux soldats britanniques blessés.

Mais Chypre, ce n’est pas seulement la base britannique. Chypre, c’est un État membre de l’Union européenne. Et dans les heures qui ont suivi l’attaque, alors que la guerre américano-israélienne contre l’Iran entrait dans sa deuxième semaine et que Nicosie tremblait — pas métaphoriquement, littéralement, les habitants avaient peur d’une frappe de représailles élargie — six nations européennes ont décidé d’activer l’article 42.7. Pour la première fois de l’histoire de l’Union.

Les chasseurs qui ont décollé

Des Rafale français. Des F-16 grecs. Des avions espagnols et italiens. Une frégate néerlandaise repositionnée en Méditerranée orientale. Des frégates portuguaises en alerte. En moins de 72 heures, une présence militaire européenne coordonnée s’était déployée autour de Chypre sans passer par le quartier général de l’OTAN à Bruxelles, sans attendre l’aval de Washington, sans que Trump ait à décrocher son téléphone et décider si ça valait la peine de risquer quoi que ce soit pour une petite île méditerranéenne.

Mitsotakis a appelé ça un «tournant décisif» pour le bloc. Et pour une fois dans la langue aseptisée de la diplomatie européenne, il n’avait pas complètement tort. Ce qui s’est passé le 28 février, ce n’est pas juste une démonstration militaire. C’est la preuve qu’une coalition de volonté peut se former en Europe sans attendre la permission de personne. Que les mécanismes existent. Que les hommes et les femmes en uniforme peuvent bouger. Que le «handbook» qu’António Costa dit être en train de finaliser n’est pas un document théorique — c’est une leçon tirée d’une nuit réelle, avec de vrais drones, de vraies explosions, et une vraie peur.

J’ai regardé les photos de la base d’Akrotiri après les frappes. Les trous dans le tarmac. La piste éventrée. Et j’ai pensé à tous les discours européens depuis 2022 — depuis l’invasion de l’Ukraine — qui disaient que l’Europe était prête à se défendre, que la solidarité était un principe fondateur, que personne ne serait laissé seul. Des mots. Et puis, le 28 février 2026, des avions ont décollé. Des frégates ont changé de cap. Et les mots sont devenus du kérosène, du métal, de la vitesse. Je ne dis pas que c’est suffisant. Je dis que c’est différent. Et que différent, dans cette partie du monde, en ce moment précis, ça compte.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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