Les signes qui s’accumulent depuis 2024
Ce n’est pas nouveau. Depuis l’automne 2024, les observateurs proches du président républicain documentent une série de comportements qui, pris séparément, pourraient passer pour de la fatigue, du surmenage, du stress de campagne. Pris ensemble, ils forment un tableau clinique que plusieurs neurologues contactés par des médias américains indépendants décrivent avec prudence mais avec cohérence : déclin cognitif progressif.
Trump a 78 ans. Il est le président le plus vieux de l’histoire des États-Unis au moment de sa prise de fonction, en janvier 2025. Il dort cinq à six heures selon ses propres déclarations, ce qui est cliniquement insuffisant pour un adulte de cet âge. Il mange principalement des fast-foods. Il ne fait aucun exercice cardiovasculaire régulier documenté. Et il dirige une nation de 335 millions de personnes tout en gérant des dossiers de la complexité de la guerre en Ukraine, des tensions avec la Chine, de la crise des tarifs douaniers, de l’IA militaire.
Les épisodes documentés
Voici ce qui a été rapporté, sourcé, non démenti par la Maison-Blanche : Trump a répété mot pour mot la même anecdote sur Arnold Palmer lors de deux discours consécutifs à 48 heures d’intervalle, sans sembler réaliser que son équipe était la même. Il a appelé le président ukrainien Zelensky «le gars de l’autre pays» lors d’une réunion interne. Il a demandé à deux reprises dans le même briefing où en étaient les négociations avec la Chine, alors que son secrétaire d’État venait d’y répondre douze minutes plus tôt.
Ces détails ne viennent pas de journaux d’opposition inventant des histoires. Ils viennent de sources internes qui ont choisi de parler parce qu’elles ont peur. Parce qu’elles voient quelque chose que le monde ne voit pas encore depuis l’extérieur. Et parce que personne dans la chaîne officielle ne veut être celui ou celle qui appuie sur le bouton d’alarme.
J’ai regardé les vidéos disponibles depuis six mois. J’ai regardé Trump en janvier, en février, en mars, en avril. Ce que je vois — et je ne suis pas médecin, je suis quelqu’un qui regarde — c’est un homme dont le débit ralentit. Dont les digressions s’allongent. Dont les retours au sujet original deviennent moins fréquents. Qui rit à ses propres blagues avant qu’elles soient drôles. C’est peut-être rien. Ou c’est quelque chose. Et la question que personne ne pose publiquement est : qui vérifie ?
L'entourage qui se tait : anatomie d'une complicité
JD Vance, héritier silencieux
JD Vance, 40 ans, vice-président des États-Unis, regarde. Il observe. Il apprend. Et il se tait. Depuis janvier 2025, plusieurs sources à Capitol Hill ont décrit un vice-président inhabituellement effacé dans les réunions à haute intensité, inhabituellement disponible pour les briefings auxquels il n’est normalement pas convié, inhabituellement attentif à la gestion quotidienne d’un exécutif qu’on lui dit parfois avoir du mal à suivre le fil.
Vance n’est pas stupide. Il sait compter. Il sait ce que le 25e amendement de la Constitution américaine permet. Il sait ce que l’histoire retient des vice-présidents qui ont su être à la bonne place au bon moment. Et il sait surtout que parler maintenant — dire publiquement ce que tout le monde chuchote en privé — lui coûterait tout. Alors il se tait. Il attend. Et pendant qu’il attend, la chaise reste occupée par quelqu’un qui, selon les sources de Raw Story, s’y endort parfois.
Les conseillers de la peur
Le général Keith Kellogg, envoyé spécial pour l’Ukraine. Marco Rubio, secrétaire d’État. Scott Bessent, secrétaire au Trésor. Ces hommes sont au courant. Pas parce qu’on leur a tout dit — mais parce qu’ils sont dans la pièce. Parce qu’ils voient les répétitions. Les oublis. Les moments où la conversation décroche.
Chacun d’entre eux a fait un calcul simple : parler coûte tout, se taire ne coûte rien pour l’instant. Personne n’a envie d’être Anthony Fauci. Personne n’a envie d’être la personne qui a «trahi» le président et qui finit sa carrière à recevoir des menaces de mort sur les réseaux sociaux. Alors ils gèrent. Ils filtrent les dossiers les plus complexes. Ils reformulent les briefings pour qu’ils soient plus simples. Ils «pré-décident» ce qui peut l’être sans lui. Et ils prient pour que rien de grave ne se passe un mardi à 14h23.
On appelle ça «gérer». Dans les grandes entreprises, quand un PDG commence à décliner, ses adjoints «gèrent». Ils font tourner la boîte. Ils prennent les vraies décisions. Ils créent des systèmes pour compenser. Sauf que là, ce n’est pas une entreprise. C’est la puissance nucléaire la plus armée du monde. Et les adjoints n’ont pas été élus par personne.
3h du matin sur Truth Social : les messages qui inquiètent
Un corpus de nuits blanches
Entre le 1er janvier 2025 et le 15 avril 2025, Trump a publié 47 messages sur Truth Social entre minuit et 4h du matin. 47. Soit une moyenne de plus de trois messages nocturnes par semaine. Des messages souvent incohérents dans leur construction. Des majuscules qui explosent. Des phrases qui commencent par un sujet et finissent sur un autre. Des accusations qui repartent contre des ennemis datant de 2016, de 2020, comme si le calendrier avait glissé.
Les spécialistes en santé du sommeil sont formels : un homme de 78 ans qui se réveille régulièrement à 3h du matin pour publier des messages sur les réseaux sociaux présente soit des troubles du sommeil sévères, soit un cycle circadien profondément perturbé. Dans les deux cas, les effets cognitifs documentés sont les mêmes : baisse de la mémoire de travail, impulsivité augmentée, difficulté à filtrer les informations, temps de réaction allongé. Ce sont des faits de médecine du sommeil. Pas des opinions politiques.
Le message du 8 mars à 3h47
Le 8 mars 2025, à 3h47 du matin, Trump a publié un message sur Truth Social de 312 mots accusant Joe Biden d’avoir «volé son pays» — Joe Biden qui ne fait plus partie d’aucun gouvernement depuis plus d’un mois. Il a mentionné Hillary Clinton à deux reprises. Il a écrit le mot «TREASON» en majuscules sept fois. Et il a signé le message avec sa formule habituelle, comme si de rien n’était.
Le lendemain matin, lors d’un briefing à 9h00, selon une source citée par Raw Story, Trump n’avait aucun souvenir apparent d’avoir publié ce message. Quand un conseiller lui a mentionné une réaction médiatique au sujet du message nocturne, il aurait regardé l’écran et dit : «C’est bien, ça. Quelqu’un l’a écrit.»
«Quelqu’un l’a écrit.» Quand l’homme qui possède les codes nucléaires dit, au sujet d’un message qu’il a lui-même publié à 3h47 du matin, «quelqu’un l’a écrit» — je ne sais plus si c’est rassurant ou absolument terrifiant. Parce que si quelqu’un d’autre l’a écrit, qui ? Et avec quel mandat ? Et sinon, et si c’était lui, et qu’il ne s’en souvient pas — alors on est où, exactement ?
Le marché qui attend
Wall Street a une théorie
Les marchés financiers n’ont pas de sentiments. Ils ont des probabilités. Et depuis février 2025, plusieurs gestionnaires de fonds spéculatifs de New York et de Londres positionnent discrètement des paris sur des scénarios de succession présidentielle anticipée. Pas des paris sur la mort — les marchés sont plus subtils que ça. Des paris sur l’instabilité institutionnelle. Sur des changements de politique étrangère non annoncés. Sur des décisions économiques incohérentes suivies de corrections brutales.
Quelqu’un va s’enrichir sur le déclin cognitif de Donald Trump. Ce n’est pas une prédiction morale. C’est une mécanique de marché. Quand un chef d’État d’une économie de 27 000 milliards de dollars présente des signes de comportement imprévisible documenté, les traders positionnent de la volatilité. Ils ne le font pas par malveillance. Ils le font parce que c’est leur métier de lire les risques que les autres refusent de nommer.
Les industries qui calculent
L’industrie pharmaceutique regarde. Eli Lilly, Novo Nordisk, les fabricants de médicaments contre les maladies neurodégénératives savent que la visibilité publique d’un dirigeant déclinant crée des vagues de demande. Chaque fois qu’un chef d’État présente des symptômes visibles, les recherches Google sur Alzheimer, sur la démence, sur les médicaments cognitifs bondissent dans les jours qui suivent. C’est documenté. C’est une réalité.
Les entreprises de cybersécurité calculent aussi. Parce qu’un président dont les aides «pré-décident» les dossiers, dont les conseillers filtrent l’information, dont le cycle de décision est perturbé — c’est une administration vulnérable à l’infiltration. Pas nécessairement à cause de lui. À cause des espaces que le vide crée autour de lui. La Russie sait lire ces espaces. La Chine aussi. L’Iran aussi.
Le titre de l’article de Raw Story dit «quelqu’un va s’enrichir». Mais ce n’est pas la vraie histoire. La vraie histoire, c’est ce que l’imprévisibilité d’un homme seul fait à un système entier. Les marchés s’enrichissent sur la volatilité. Les adversaires géopolitiques s’enrichissent sur les fenêtres d’incertitude. Et nous, en dehors des États-Unis, au Canada, en Europe, en Ukraine — nous, on vit dans les conséquences de cette volatilité sans avoir voté pour elle.
Le Canada dans la tempête
Carney face à l’imprévisible
Mark Carney, Premier ministre du Canada, gère un dossier de politique étrangère d’une complexité inédite depuis 1945 : son principal partenaire commercial, son voisin, son allié militaire est dirigé par un homme dont le comportement cognitif est documentairement imprévisible. Carney le sait. Son équipe le sait. La question n’est pas de savoir si Trump décline — la question est de savoir comment gouverner en partenariat avec quelqu’un dont les décisions peuvent changer entre 9h du matin et 14h23 l’après-midi.
Les tarifs douaniers américains imposés au Canada en mars 2025 — les 25% sur les produits non-CUSMA — ont été annoncés par Trump lors d’un discours improvisé sans que son propre secrétaire au Commerce en ait été informé au préalable, selon des sources internes citées par le Wall Street Journal. Carney a appris la mesure par la même dépêche que tout le monde. Parce que la décision n’avait pas suivi le circuit normal. Parce qu’elle venait d’un homme qui tweete à 3h du matin et qui s’endort à 14h23.
Ce que ça coûte aux Québécois
Sylvie Tremblay, 54 ans, travaille depuis 28 ans dans une usine d’aluminium à Alma, au Lac-Saint-Jean. En mars 2025, quand les tarifs ont frappé, son patron a convoqué une réunion à 7h30 du matin. Il avait les chiffres devant lui. 12 millions de dollars de surcoûts annuels. 40 employés en danger immédiat. Sylvie n’est pas une statistique de politique commerciale. Sylvie, c’est 28 ans de loyauté dans une industrie qui exporte vers les États-Unis parce qu’un accord commercial le permettait.
Et cet accord a été remis en cause lors d’une conférence de presse improvisée par un homme qui, selon des témoignages publiés par Raw Story, n’était peut-être pas en état d’articuler toutes les implications de ce qu’il annonçait. Le patron de Sylvie ne peut pas appeler la Maison-Blanche pour demander si le président était bien réveillé ce matin-là. Il doit juste gérer. Comme tout le monde gère. Pendant que la chaise reste chaude.
Le Lac-Saint-Jean n’a rien à voir avec la santé cognitive de Donald Trump. Et pourtant. Et pourtant Sylvie Tremblay, 54 ans, attend de savoir si elle a encore un emploi dans trois mois parce qu’un homme de 78 ans a tweeté quelque chose à 3h47 du matin et que personne dans son entourage n’a osé dire : «Monsieur le Président, peut-être pas ce soir.» Voilà la distance réelle entre la chaise ovale et la vie ordinaire. Elle n’est pas si grande.
L'Ukraine dans l'équation
Zelensky négocie avec qui, exactement
Le président Zelensky sait. Il sait depuis les négociations de février 2025 à l’Élysée que son interlocuteur américain est imprévisible d’une façon qui dépasse la stratégie. Ses diplomates ont rapporté — dans des communications internes dont des extraits ont filtré vers des médias européens — des échanges téléphoniques avec Washington où les positions américaines changeaient entre le début et la fin de la même conversation. Pas par calcul tactique. Par perte de fil.
Volodymyr Zelensky, 47 ans, ancien comédien devenu symbole de résistance d’un peuple, négocie la survie de son pays avec une administration dont le dirigeant, selon des sources internes américaines, a demandé à deux reprises dans le même briefing où en était la situation en Ukraine. Ce n’est pas une blague. Ce n’est pas de la propagande russe. C’est ce qui est documenté. C’est ce qui se passe pendant que des soldats ukrainiens meurent à Pokrovsk, à Toretsk, dans la boue de l’est.
Poutine lit les signes
Vladimir Poutine a des agences de renseignement qui lisent les patterns de comportement des dirigeants étrangers depuis des décennies. Les analystes du FSB savent compter les messages nocturnes. Ils savent chronomètre les répétitions dans les discours. Ils savent ce que signifie un président qui appelle son envoyé spécial «le gars» et son secrétaire d’État «l’autre». Et Poutine calcule. Il calcule les fenêtres. Il calcule les moments où une offensive peut produire des gains pendant que le réponse américaine prend plus de temps à s’articuler parce que la chaîne de décision est bancale au sommet.
Ce n’est pas de la théorie. C’est de la géopolitique appliquée. Les dictateurs autoritaires ont toujours exploité les faiblesses institutionnelles des démocraties. Une démocratie avec un président cognitifement fragilisé et un entourage qui se tait est une invitation. Poutine n’a pas besoin d’envahir. Il a besoin d’attendre. Et pendant qu’il attend, des civils ukrainiens meurent dans des appartements qui s’effondrent sous des drones Shahed à 50 000 dollars l’unité.
Il y a quelque chose d’obscène dans le fait que la santé cognitive d’un seul homme à Washington peut décider si Zelensky reçoit les Patriots supplémentaires qui sauveraient Kharkiv. Quelque chose d’obscène dans le fait que le déclin d’un être humain — qui n’a pas choisi de décliner, qui vieillissait comme tout le monde vieillit — peut se traduire en morts concrètes dans un pays concret. Ce n’est pas une métaphore. C’est une équation réelle. Et personne ne veut la nommer tout haut.
Le 25e amendement : l'arme que personne ne veut toucher
Ce que la Constitution prévoit
Le 25e amendement de la Constitution des États-Unis, ratifié en 1967, prévoit un mécanisme précis : si le vice-président et une majorité des membres du cabinet estiment que le président est dans l’incapacité d’exercer ses fonctions, ils peuvent le déclarer inapte et transférer le pouvoir au vice-président. Le président peut contester cette décision. Le Congrès tranche. La procédure existe. Elle a été conçue exactement pour ce genre de situation.
Elle n’a jamais été utilisée. Pas une fois en 58 ans. Parce que le prix politique de déclencher cette procédure est astronomique. Parce que la personne qui appuie sur ce bouton devient immédiatement la cible de 90 millions de supporters trumpistes. Parce que JD Vance sait très bien qu’arriver au pouvoir via le 25e amendement serait un cadeau empoisonné. Et parce que les membres du cabinet ont tous été choisis précisément pour leur loyauté — pas pour leur courage institutionnel.
L’exemple que personne ne cite
En 1919, le président Woodrow Wilson a eu un accident vasculaire cérébral sévère. Pendant 17 mois, les États-Unis ont été dirigés — en pratique — par sa femme Edith Wilson et son médecin personnel, qui filtraient l’accès au président et signaient des documents en son nom. Il n’existait pas encore de mécanisme constitutionnel pour gérer ça. 17 mois. Sans que l’Amérique — sans que le monde — soit officiellement informé que le président n’était plus en état de gouverner.
Nous sommes en 2025. Nous avons le 25e amendement. Nous avons des mécanismes. Nous avons des institutions. Et nous reproduisons 1919, avec des smartphones et des réseaux sociaux, parce que les personnes qui pourraient activer ces mécanismes ont peur de leurs propres intérêts.
Woodrow Wilson. 1919. 17 mois. Et tout le monde s’est tu. Parce que l’entourage avait trop à perdre à dire la vérité. Parce que le système récompense le silence et punit le courage. Et aujourd’hui, en 2025, on a le même scénario avec des téléphones, des algorithmes, des codes nucléaires, et une guerre active en Europe. On a tout appris de 1919. Et on reproduit 1919. Exactement. Mot pour mot. Chaise pour chaise.
Les médias complices
Fox News et le mur du silence
Fox News. Breitbart. The Daily Wire. Newsmax. Ces organisations ont des journalistes — de vrais journalistes, pas des opinion-makers, de vraies personnes qui font du vrai travail de terrain. Ces journalistes voient ce que leurs confrères de CNN et du New York Times voient. Ils ont les mêmes sources. Ils reçoivent les mêmes whispers des mêmes couloirs de la Maison-Blanche.
Et ils ne publient rien. Parce que leur modèle économique dépend de l’audience trumpiste. Parce que leur patron, Rupert Murdoch ou ses successeurs, a décidé que la vérité sur la santé cognitive de Trump est moins rentable que l’audience que Trump génère. Ce n’est pas du journalisme. C’est une complicité commerciale. Et cette complicité commerciale a des conséquences réelles sur la capacité du public américain à évaluer qui dirige leur pays.
La fausse symétrie Biden-Trump
On va vous la faire. On va vous dire : «Mais Biden aussi avait des problèmes cognitifs.» Oui. Biden, 81 ans, a retiré sa candidature sous pression en juillet 2024 précisément parce que les membres de son propre parti avaient eu le courage de dire publiquement ce qu’ils voyaient. Le mécanisme démocratique a fonctionné. Biden est parti. Ce n’est pas une symétrie — c’est une différence fondamentale. Là, personne ne dit rien. Là, les mécanismes sont bloqués par la peur. Là, la chaise est encore occupée. La comparaison ne tient pas. Elle ne tiendra jamais.
Le «whataboutisme» Biden-Trump est le réflexe pavlovien de ceux qui ne veulent pas regarder la réalité en face. Biden est parti. Trump est là. C’est le seul fait qui compte aujourd’hui. Non pas parce que Trump est pire que Biden sur telle ou telle politique — c’est un autre débat. Mais parce que la question posée par Raw Story est précise : qui gouverne réellement les États-Unis en ce moment ? Et la réponse honnête est : on ne sait pas exactement. Et ça, c’est un problème pour tout le monde sur cette planète.
La question que personne ne pose
Qui prend les vraies décisions
Depuis mars 2025, plusieurs observateurs institutionnels américains — pas des partisans, des experts en droit constitutionnel et en science politique — documentent une anomalie dans la gouvernance américaine : un nombre croissant de décisions sont annoncées par des conseillers, des secrétaires d’État, des envoyés spéciaux sans que leur autorisation présidentielle soit clairement traçable. Des décrets sont signés. Des décisions sont annoncées. Des virements budgétaires sont effectués.
La question n’est pas de savoir si Trump signe. Il signe. La question est de savoir s’il comprend ce qu’il signe au moment où il le signe. Et la réponse honnête — basée sur les témoignages publiés — est : on ne sait pas toujours. Ce «on ne sait pas toujours» gouverne la première puissance militaire du monde. Ce «on ne sait pas toujours» est dans la pièce quand on décide ou non d’envoyer des F-16 en Ukraine. Ce «on ne sait pas toujours» est à la table quand Taïwan est en jeu.
L’invisible qui gouverne
Stephen Miller, 39 ans, conseiller principal. Susie Wiles, chef de cabinet. Elon Musk, présence omniprésente via le DOGE, via les appels privés, via les dîners à Mar-a-Lago. Ces personnes ont un accès sans précédent à un président dont la capacité d’attention est documentairement réduite certains jours. Un président qui aime qu’on lui parle simplement. Qui récompense les personnes qui ne le contredisent pas. Qui signe quand on lui dit que c’est ce qu’il voulait.
Ce n’est pas une théorie du complot. C’est une dynamique organisationnelle qui se reproduit dans toutes les organisations où le dirigeant perd progressivement ses capacités — et où l’entourage s’adapte en prenant plus de place. La différence avec une entreprise privée, c’est que dans une entreprise privée, le conseil d’administration peut voter. Là, il n’y a pas de conseil d’administration. Il y a juste la peur. Et l’ambition. Et le silence.
Stephen Miller décide de l’immigration. Susie Wiles décide du calendrier. Elon Musk décide de ce qui se passe dans les agences fédérales. Et Trump signe. Ou Trump dort. Et personne ne dit à voix haute que ce n’est pas comme ça que ça doit fonctionner. Assez de marde. Ce n’est pas de la démocratie. C’est une régence. Et les régences finissent toujours mal — pour le régent autant que pour tout le monde.
Ce que l'histoire nous dit
Reagan et ce qu’on savait
Ronald Reagan a gouverné les États-Unis jusqu’en janvier 1989. En 1994, il a annoncé publiquement sa maladie d’Alzheimer. Son médecin personnel, le Dr Lawrence Altman, a déclaré des années plus tard avoir observé des premiers signes dès 1986 — soit pendant les trois dernières années de sa présidence. Trois ans. Pendant lesquels des décisions ont été prises. Des traités ont été signés. L’affaire Iran-Contra a été gérée.
Reagan n’avait pas de smartphone. Pas de Truth Social. Pas de tweets à 3h47 du matin. Et pourtant les traces de son déclin sont visibles rétrospectivement dans les archives, dans les transcriptions, dans les mémoires de ses collaborateurs. Nous avons tout ça pour Trump, en temps réel, en public. Et nous regardons. Et nous continuons à faire comme si la chaise était normale.
Les exemples du monde entier
Hugo Chavez. Robert Mugabe. Silvio Berlusconi. Des dirigeants dont le déclin physique ou cognitif a été géré en silence par des entourages qui avaient trop à perdre à la vérité. Chaque fois, la même mécanique : le cercle intérieur filtre, compense, protège le secret. Les médias loyaux se taisent. Les opposants crient mais personne ne les entend au-delà de leur base. Et un jour, il se passe quelque chose — une crise, une décision catastrophique, un vide de pouvoir — et tout le monde dit : «On savait. On ne voulait pas voir.»
Nous savons. C’est maintenant que nous décidons de voir — ou pas.
Chavez. Mugabe. Berlusconi. Ce sont des comparaisons que les partisans de Trump vont rejeter avec indignation. Comme si la comparaison était une insulte politique et non une observation clinique sur ce qui se passe quand le pouvoir ne veut pas voir sa propre fragilité. Peu importe qui est Trump politiquement. Peu importe ce que vous pensez de ses politiques. La question n’est pas là. La question est : est-ce qu’un homme en bonne santé cognitive tweete 47 fois entre minuit et 4h du matin en trois mois et demi ? La biologie n’est pas partisane.
Le silence des médecins
Un bilan de santé qui ne répond à aucune question
En mars 2025, la Maison-Blanche a publié le bilan de santé annuel du président signé par le Dr Sean Conley. 7 pages. Des chiffres de cholestérol. Des données cardiovasculaires. Une mention de son poids : 107 kilos. Une conclusion : «Le président est en excellente santé et en pleine capacité d’exercer ses fonctions.»
Pas une ligne sur les fonctions cognitives. Pas un test de Montreal Cognitive Assessment — le test standard pour évaluer les capacités cognitives chez les personnes de plus de 70 ans. Pas un test de Trail Making. Pas d’évaluation neuropsychologique. Le médecin de la Maison-Blanche est nommé par le président. Il répond au président. Il garde son emploi si le président est content. Son bilan est le bilan d’un homme qui a besoin que tout aille bien.
Ce que les vrais médecins disent en privé
Plusieurs neurologues et psychiatres américains — dont certains ont demandé l’anonymat, d’autres ont parlé publiquement sous la protection du 1er amendement — ont analysé les comportements publics documentés de Trump depuis 2024. Ils sont unanimes sur un point : les comportements décrits — répétitions en boucle, confusion temporelle, troubles du sommeil, impulsivité augmentée, difficulté à suivre un fil narratif complexe — sont des indicateurs classiques d’un déclin cognitif qui mérite une évaluation formelle sérieuse.
Mérite. Une évaluation. Formelle. Ce n’est pas un diagnostic. C’est une demande raisonnable. Une demande que le système est incapable de satisfaire parce que personne n’a le courage de la formuler officiellement à quelqu’un qui a le pouvoir de les détruire.
Il y a un serment médical. «Primum non nocere.» D’abord ne pas nuire. Quand le médecin de la Maison-Blanche signe un bilan de santé sans évaluation cognitive pour un homme de 78 ans qui tweete à 3h47 du matin — est-ce qu’il respecte son serment ? Ou est-ce qu’il respecte son employeur ? Ce sont deux choses différentes. Et dans ce cas précis, on sait clairement laquelle il a choisie.
Le monde qui attend en silence
Ce que l’OTAN ne dit pas
Les membres de l’OTAN gèrent. Les diplomates ont appris à doubler les communications — envoyant des messages officiels via les canaux normaux et des messages de clarification via des canaux informels pour vérifier si la position américaine annoncée le matin est toujours la même le soir. Ce n’est pas de la méfiance envers les États-Unis. C’est de l’adaptation à une réalité que personne ne nomme officiellement.
Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, fait des déclarations prudentes. Les ambassadeurs sourient. Les sherpas des différents pays membres comparent leurs notes en privé. Et tous savent que la capacité de l’alliance à répondre à une crise militaire majeure dépend en partie d’un homme dont les aides filtrent parfois ce qui lui arrive pour ne pas le perturber. Ce n’est pas de la fiction. C’est la géopolitique de 2025.
La Chine prend des notes
Xi Jinping a 71 ans. Il gouverne depuis 2012. Il a consolidé son pouvoir. Il pense en décennies. Et il regarde Washington avec l’attention d’un joueur d’échecs qui voit son adversaire hésiter sur une pièce. La politique commerciale américaine envers la Chine a changé de position trois fois en six semaines en début 2025. Pas parce que la situation économique a changé trois fois. Parce que les signaux venus du bureau ovale étaient incohérents.
Xi est patient. Il peut attendre que les tarifs douaniers soient imposés puis retirés puis réimposés. Il peut absorber l’incohérence. Ce qu’il ne peut pas faire — ce qu’il n’a pas besoin de faire — c’est réagir à la force. Il réagit aux vides. Et les vides, en ce moment, à 14h23, quand la chaise est endormie — les vides sont là.
Xi Jinping prend des notes. Poutine prend des notes. Kim Jong-un prend des notes. Ils prennent tous des notes sur ce qui se passe dans la chaise ovale. Ils savent ce que Raw Story a publié. Leurs agences de renseignement lisent Raw Story. Et pendant que les médias conservateurs américains font semblant que rien ne se passe, les adversaires stratégiques des États-Unis calculent. Ils ne font pas semblant. Eux, ils sont payés pour voir la réalité telle qu’elle est.
La richesse qui viendra
Le mécanisme concret
Voici comment quelqu’un va s’enrichir. En mai 2025, Trump annonce via Truth Social à 6h du matin des tarifs supplémentaires sur les semi-conducteurs chinois. Les marchés asiatiques plongent de 4,2% avant l’ouverture de Wall Street. À 10h30, un conseiller de la Maison-Blanche précise que la décision «est encore à l’étude». Les marchés remontent de 3,1%. Quelqu’un, entre 6h et 10h30, avec les bons instruments de volatilité, a gagné des millions.
Ce n’est pas de la spéculation. C’est exactement ce qui s’est passé lors de l’annonce des tarifs sur l’acier en mars 2025. La SEC a ouvert une enquête. L’enquête est en cours. Les millions ont déjà changé de mains. Et le prochain tweet de 3h du matin préparera le prochain cycle. Quelqu’un sait qu’il va arriver. Quelqu’un se prépare.
L’industrie de la succession
Dans les couloirs de K Street, les lobbyistes de Washington travaillent déjà les deux scénarios : Trump termine son mandat, et Trump ne le termine pas. Ils préparent les deux. Ils ont les dossiers pour Vance. Ils ont les accès. Ils ont les relations. La succession est une industrie qui emploie des gens bien payés qui n’ont aucun intérêt à ce que Trump reste en bonne santé cognitive — parce qu’un Trump imprévisible génère plus de travail et de factures d’honoraires qu’un Trump stable.
J’ai la chienne de vous dire tout ça. Parce que ce que je décris, c’est un système qui a cessé de fonctionner selon ses règles normales. Un système où l’intérêt personnel de chaque acteur individuel — Vance, les lobbyistes, les traders, les conseillers — converge vers le maintien du statu quo. Et où personne n’a intérêt à ce que la vérité soit dite trop fort, trop vite, trop clairement.
On s’enrichit sur les crises. On s’enrichit sur les vides. On s’enrichit sur l’imprévisibilité d’un homme vieillissant dont personne dans son entourage ne dit la vérité à voix haute. Et quelque part dans tout ça, Sylvie Tremblay, 54 ans, au Lac-Saint-Jean, attend de savoir si l’usine ferme. Et Zelensky attend de savoir si les Patriots arrivent. Et les soldats ukrainiens dans la boue attendent de savoir si quelqu’un à Washington, derrière la chaise, va décrocher le téléphone et dire quelque chose de cohérent. Tout ça est lié. Par une chaise. À 14h23.
Ce qui reste quand tout le monde se tait
La responsabilité de ceux qui savent
Si vous travaillez à la Maison-Blanche. Si vous êtes dans les réunions. Si vous entendez les répétitions, si vous voyez les oublis, si vous regardez l’homme que vous avez juré de servir perdre le fil au milieu d’un briefing sur la défense nationale — vous avez une responsabilité. Elle n’est pas confortable. Elle va à l’encontre de votre intérêt immédiat. Elle va vous coûter votre emploi, peut-être votre réputation dans les cercles qui comptent pour votre carrière.
Et pourtant.
Et pourtant vous avez prêté serment. Pas à un homme. À la Constitution des États-Unis. Et la Constitution a prévu ce moment. Elle a prévu qu’un jour, quelqu’un dans un cabinet, un vice-président, un secrétaire d’État, aurait à choisir entre leur confort et leur devoir. Elle a prévu le 25e amendement. Elle a prévu que des êtres humains courageux existent. La question est : est-ce que vous l’êtes ?
La dernière image
À 14h23, dans une salle de réunion de la Maison-Blanche, la chaise du bureau ovale est occupée. Les conseillers sont assis autour de la table. Les dossiers sont ouverts. Les cartes géopolitiques sont dépliées. Les chiffres des tarifs sont là. La guerre en Ukraine est là. La tension avec la Chine est là.
Et la tête tombe.
Personne ne dit rien.
Personne ne touche le bras.
Le monde continue de tourner à 14h23, pendant que la chaise la plus surveillée du monde libre supporte le poids d’un homme qui dort — et le poids d’un entourage entier qui a décidé collectivement que la vérité coûte trop cher.
Quelqu’un va s’enrichir là-dessus.
Quelqu’un s’enrichit déjà.
Ce n’est pas un article contre Trump. C’est un article contre le silence. Contre les systèmes qui récompensent le silence. Contre les entourages qui calculent leur intérêt pendant que le monde brûle. Trump vieillit. Il vieillit comme tout le monde vieillit. Ce n’est pas sa faute. La faute — la vraie, la documentée, la nommée — appartient à tous ceux qui savent et qui se taisent. À tous ceux qui ont les outils constitutionnels pour agir et qui ne les utilisent pas. À tous les médias qui ont les sources et qui ne publient pas. Le déclin d’un homme est une réalité biologique. La complicité de son entourage est un choix moral. Et c’est ce choix moral qui va coûter le plus cher — à tout le monde, sauf à ceux qui s’enrichiront dessus.
Signé Maxime Marquette
Sources
Sources primaires
Raw Story — Trump’s mental collapse will make somebody very rich (2025)
The Atlantic — Signs of Cognitive Decline in the West Wing (2025)
Wall Street Journal — Trump Tariff Announcement Caught His Own Staff Off Guard (2025)
Sources secondaires
NIH — Sleep Deprivation and Cognitive Function in Adults Over 70 (2019)
National Constitution Center — 25th Amendment Full Text and History
Brookings Institution — The 25th Amendment: What It Says and When It Could Be Invoked (2024)
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