Skip to content
COMMENTAIRE : La stratégie d’escalade de l’Iran ne fonctionnera pas et Téhéran le sait déjà
Crédit: Adobe Stock

La logique du régime depuis 1979

Pour comprendre pourquoi l’Iran fait ce qu’il fait en mars 2026, il faut comprendre pourquoi il a pu faire ce qu’il a fait pendant 47 ans sans jamais payer un prix proportionnel à ses actes. Parce que le régime des mollahs n’a pas inventé sa stratégie d’escalade contrôlée dans le vide. Il l’a développée, testée, raffinée sur des décennies d’expérience accumulée — et cette expérience lui a presque toujours donné raison.

1979 : les Gardiens de la révolution supervisent la prise d’otages à l’ambassade américaine de Téhéran. 444 jours. L’Amérique de Carter s’humilie dans une tentative de sauvetage ratée. Résultat iranien : le régime survit, sort consolidé, Carter perd l’élection. Aucune punition sérieuse.

1983 : un camion piégé, organisé avec la complicité iranienne via le Hezbollah, tue 241 Marines américains à Beyrouth. Résultat : les États-Unis quittent le Liban. L’Iran a démontré qu’il peut tuer des soldats américains et s’en tirer.

1996 : l’attentat des tours de Khobar en Arabie saoudite, avec implication iranienne présumée, tue 19 militaires américains. Pas de réponse militaire américaine directe contre l’Iran.

2020 : après l’assassinat de Qassem Soleimani, l’Iran tire des missiles sur deux bases américaines en Irak — avec un préavis suffisant pour permettre l’évacuation, zéro mort américain. C’est du théâtre militaire. Trump ne répond pas militairement. L’Iran a frappé des bases américaines et s’en est tiré.

Le précédent de juin 2025 — quand quelque chose a changé

Puis il y a eu juin 2025. L’Opération Marteau de Minuit. Les États-Unis et Israël ont frappé les sites nucléaires iraniens. Pas en réponse à une agression immédiate. Proactivement. Pour détruire une capacité que l’Iran construisait depuis des décennies avec la conviction que personne n’oserait jamais agir.

Quelqu’un a osé. Et le régime iranien, pour la première fois de son histoire, s’est retrouvé face à un fait brutal : les 47 ans de calcul sur l’impunité étaient terminés. La règle implicite qui disait que l’Iran pouvait frapper, financer, menacer, sans jamais payer un prix existentiel — cette règle venait d’être annulée. Et au lieu d’adapter sa stratégie à cette nouvelle réalité, le régime a paniqué et a décidé de la défier en faisant exactement ce qu’il ne fallait pas faire : escalader dans toutes les directions en même temps.

Juin 2025. L’Opération Marteau de Minuit. Je me souviens de cette nuit-là — pas parce que j’étais sur place, mais parce que les images étaient partout. Les champignons de fumée au-dessus de Fordo. De Natanz. Des sites que les Iraniens avaient creusés dans la roche à des dizaines de mètres de profondeur précisément pour les rendre invulnérables. Et ils ont brûlé quand même. Ce qui s’est joué cette nuit-là, c’était plus que des installations nucléaires. C’était la fin d’une illusion fondatrice du régime : l’illusion de l’invulnérabilité. Un régime qui croit en son invulnérabilité peut rationaliser sa modération. Un régime qui découvre sa vulnérabilité peut faire n’importe quoi. Et c’est exactement ce qu’on voit depuis.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu