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ANALYSE : OpenAI, Musk et le procès qui pourrait tout changer
Crédit: Adobe Stock

William Savitt prend la parole

Avant que Musk témoigne, l’avocat d’OpenAI, William Savitt, a délivré sa plaidoirie d’ouverture. Sa stratégie était inverse et tout aussi délibérée : ne pas complexifier, mais contre-attaquer avec la même brutalité narrative. « Nous sommes ici parce que M. Musk n’a pas obtenu ce qu’il voulait chez OpenAI », a-t-il dit. « Il a démissionné en disant qu’ils allaient certainement échouer. Mais mes clients ont eu l’audace de réussir sans lui. » Onze mots. Toute une thèse.

Savitt a raconté une autre histoire. Dans la version d’OpenAI, Musk a soutenu dès les premières années une structure à but lucratif — à condition d’en être le patron. Il a utilisé ses promesses de financement pour faire pression sur les membres fondateurs. En 2017, il a tenté de fusionner OpenAI avec Tesla. Quand les autres fondateurs ont refusé de lui confier les clés de l’intelligence artificielle, il est parti. Et maintenant il se retourne pour attaquer. Savitt a montré aux jurés un courriel de Shivon Zilis, ancienne membre du conseil d’administration, décrivant deux options de restructuration à but lucratif qui avaient été présentées à Musk. La pièce à conviction qui, selon OpenAI, démolit la thèse entière du don caritatif bafoué.

Deux récits. Deux hommes. Deux vérités qui ne peuvent pas coexister dans le même univers légal. L’un de ces récits est faux. Peut-être les deux le sont partiellement. Ce qui est certain, c’est que derrière les millions et les milliards, derrière les arguments juridiques et les courriels datés, il y a une question beaucoup plus ancienne : quand deux hommes ambitieux fondent quelque chose ensemble et que ça réussit sans l’un d’eux, qui a le droit de revendiquer quoi ?

L’email de Zilis et le pivot de l’affaire

Cet email est le cœur du procès. Si son contenu montre que Musk soutenait une restructuration à but lucratif, sa thèse du trust caritatif s’effondre. S’il montre qu’il conditionnait son accord à sa propre prise de contrôle, cela confirme la thèse d’OpenAI mais complique aussi le récit du vol. Participer à une discussion sur des options de restructuration n’est pas la même chose que consentir à la conversion spécifique qui a eu lieu. C’est l’argument que l’équipe de Musk va marteler. OpenAI répondra que quelqu’un qui a discuté de restructuration pendant des mois ne peut pas prétendre avoir cru que le statut à but non lucratif était sacré. Ces deux positions sont juridiquement cohérentes. Elles sont aussi mutuellement exclusives. Les neuf jurés devront choisir.

L’enjeu de ce choix dépasse largement ces trois hommes. Si Musk gagne, chaque don à une organisation américaine pouvant un jour changer de structure devient juridiquement fragile. Si OpenAI gagne, une société valorisée à 852 milliards de dollars après avoir débuté comme organisation caritative devient le modèle légitimé de transformation. Les deux issues remodèlent quelque chose de fondamental dans la manière dont l’Amérique pense la philanthropie, l’entreprise, et la ligne entre les deux.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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