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ANALYSE : Le piège SWIFT — Poutine veut acheter la paix avec l’argent qu’il a volé
Crédit: Adobe Stock

Le réseau qui fait tourner le monde

SWIFT, c’est 11 000 banques dans 200 pays. C’est le système nerveux central de la finance mondiale. Quand une banque russe est exclue de SWIFT, elle ne peut plus envoyer ni recevoir d’argent international. Elle est coupée. Étranglée. Mars 2022, sept banques russes majeures ont été éjectées. Sberbank, VTB, Otkritie, Rossiya, Sovcombank, Novikombank, VEB. Parmi elles, les deux plus grosses banques de Russie.

Résultat trois ans plus tard : le rouble a perdu 43 % de sa valeur face au dollar entre 2022 et 2025. L’inflation russe officielle frôle les 9 % — et les chiffres officiels russes mentent toujours par défaut. Les Russes ordinaires paient leur essence, leur pain, leurs antibiotiques 30 % plus cher qu’avant la guerre. C’est ça que Poutine veut effacer d’un trait de plume occidental.

La concession qui ressemble à une victoire

Imaginez la scène. Donald Trump à la tribune. Annonce solennelle. « Cessez-le-feu obtenu en Ukraine. » Applaudissements. Manchettes. Prix Nobel évoqué. Et dans les trois lignes du communiqué, en bas : « réintégration partielle de certaines institutions financières russes au système SWIFT, dans un cadre de surveillance renforcée. » Personne ne lira la phrase. Personne ne la commentera. Et Sberbank rouvrira ses guichets internationaux le lendemain matin.

Voilà ce que Zelensky voit venir. Pas un mauvais accord. Un accord présenté comme une victoire alors que c’est une capitulation. Et pourtant, la ligne de front à Donetsk n’aura pas bougé d’un mètre. Et pourtant, 20 000 civils sont toujours piégés sous le feu dans cette même région que personne à Washington ne sait situer sur une carte.

Je pense à Mariia Lvova, l’économiste ukrainienne que j’ai interviewée par Zoom en septembre 2025. Elle m’avait dit : « Les Européens croient que les sanctions sont une punition. Les Russes savent que les sanctions sont une arme. Et les armes, on ne les rend pas avant la fin de la guerre. » Elle avait 34 ans. Elle parlait comme une vieille. La guerre vieillit vite.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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