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CHRONIQUE : 138 fois en 24 heures, l’Ukraine a tenu — et le monde a regardé ailleurs
Crédit: Adobe Stock

Là où Makhno est né, là où Poutine veut mourir

Huliaipole. Cinq syllabes que les présentateurs occidentaux écorchent. C’est le berceau de Nestor Makhno, l’anarchiste ukrainien des années 1920. C’est aussi, depuis quelques semaines, l’un des deux secteurs où les combats sont les plus féroces, selon la formulation glaciale du communiqué. « Most fiercely. » Le mot anglais est presque doux. La réalité ne l’est pas.

Dans la région de Zaporijia, les Russes ont frappé Tavriiske et Komyshuvakha. Sept assauts dans le secteur de Slobojanchtchyna sud — Lyman, Starytsia, Vovchansk, Okhrimivka. Cinq vers Kurylivka, Kindrashivka, Novoplatonivka dans le secteur de Koupiansk. Six tentatives repoussées vers Stavky, Drobysheve, Lyman, Dibrova. Trois vers Zakitne, Riznykivka, Yampil dans le secteur de Sloviansk.

La géographie de l’ignorance

Ce sont des noms. Pas des données. Pas des points sur une carte de jeu vidéo. Ce sont des villages où des grand-mères cachaient des œufs de Pâques pour leurs petits-enfants il y a deux ans. Aujourd’hui ces grand-mères sont mortes, ou réfugiées, ou silencieuses dans des caves.

Et pourtant, demande à n’importe qui dans la rue, à Montréal, à Paris, à Bruxelles, de placer Huliaipole sur une carte. Personne ne saura. L’ignorance géographique est devenue un confort moral. On ne peut pas pleurer ce qu’on ne sait pas situer.

Je tape ces noms et je sens monter quelque chose qui ressemble à de la honte. Honte d’avoir, moi aussi, hésité à prononcer « Komyshuvakha » la première fois. Honte d’avoir traité ces toponymes comme du bruit cartographique. Ce sont des lieux. Des lieux où des humains ont aimé, mangé, dormi. Et où, ce 30 avril 2026, des humains se sont entretués pendant que je buvais mon café.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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