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CHRONIQUE : Evelio Menjivar-Ayala, évêque — et la réponse de Rome à Donald Trump
Crédit: Adobe Stock

« Faible » — le mot de Trump, et ce qu’il révèle

Donald Trump a traité le pape de « faible » en avril 2026. La raison : Léon XIV avait qualifié d’« inacceptable » la menace américaine de détruire l’Iran. Le mot « faible » dans la bouche de Donald Trump signifie toujours la même chose — il désigne celui qui refuse d’utiliser la force comme premier langage. Pour Trump, la force est une vertu. Pour le pape, elle est une pathologie. Ce désaccord n’est pas théologique. Il est fondamental, civilisationnel, et il se joue désormais en public, entre le président de la première puissance militaire mondiale et le chef spirituel de 1,4 milliard de catholiques. L’un possède des armes nucléaires. L’autre possède la mémoire longue de l’histoire.

Léon XIV — Robert Prevost — est le premier pape américain de l’histoire. Il avait partagé, quand il était encore cardinal, des publications sur son compte X critiquant Trump et J.D. Vance pour leurs positions envers les immigrés. Son dernier partage avant d’être élu, en avril 2025 : un texte d’Evelio Menjivar-Ayala dénonçant les expulsions massives de l’administration Trump. La boucle était déjà bouclée avant que la nomination soit annoncée. Ce pape connaissait cet évêque. Il savait ce qu’il faisait en le nommant. Il l’a fait quand même.

Il y a quelque chose de vertigineux dans le fait qu’un homme né aux États-Unis, élu chef de l’Église universelle, utilise son autorité pour nommer évêque celui que l’Amérique de Trump aurait expulsé à l’aube. Ce n’est pas de la politique. C’est de la théologie appliquée. Et elle brûle.

« Extrêmement irrespectueux » — la dénonciation pontificale

Le pape n’a pas seulement réagi à la menace contre l’Iran. Il a dénoncé explicitement la politique de Trump envers les immigrés comme « extrêmement irrespectueux » et appelé à « traiter les gens avec humanité ». Ces mots ne sortent pas du vide. Ils sortent d’une réalité documentée : des familles séparées aux frontières, des enfants placés dans des centres de détention, des hommes et des femmes expulsés vers des pays qu’ils n’ont pas connus depuis vingt ans. En janvier 2026, à Minneapolis, deux manifestants protestataires contre la politique d’immigration — Renee Good et Alex Pretti — sont tombés sous les balles d’agents fédéraux. Renee Good. Alex Pretti. Deux noms que le communiqué de presse de l’administration Trump n’a pas prononcés.

Plusieurs dirigeants de l’Église catholique américaine ont critiqué ces expulsions massives. Ils n’ont pas été entendus. Ils continuent. La persévérance face à l’indifférence institutionnelle est l’une des formes les plus épuisantes du courage. Nommer Menjivar-Ayala ce vendredi — le 1er mai, fête des travailleurs, dans un pays où les travailleurs sans papiers font tourner des pans entiers de l’économie — c’est une phrase que le Vatican sait écrire dans la chair du calendrier.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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