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ANALYSE : F-16, simulateurs et démobilisation — l’Ukraine pense la guerre longue sans renier ses soldats
Crédit: Adobe Stock

La machine qui apprend sans saigner

Le simulateur de F-16 n’est pas un jouet. C’est une cabine reproduite au millimètre, un cockpit où l’on s’assoit comme dans l’avion, un écran qui répond aux commandes comme le ciel répondrait. Le pilote y vole pendant des heures sans décoller. Il y commet des erreurs. Il y apprend les procédures qui, à dix mille mètres, séparent l’atterrissage du cercueil. Ce qu’on achète avec un simulateur, ce n’est pas une machine — c’est du temps de formation qu’on ne paie pas en vies humaines.

Jusqu’ici, les pilotes ukrainiens partaient au Danemark, aux États-Unis, en Roumanie. Ils y passaient des mois. Ils y laissaient leur famille. Ils y formaient une cohorte qui rentrait au pays compétente mais épuisée. Le simulateur installé sur le sol ukrainien change l’équation. Il nationalise l’apprentissage. Il permet de former plus vite, plus longtemps, plus près. Il garde les pilotes auprès de leurs proches pendant qu’ils apprennent. Il bâtit ce qu’aucun coup d’éclat aérien ne peut bâtir : une chaîne de relève.

J’ai vu une photo de pilote ukrainien qui sortait de stage au Danemark, l’an dernier. Il avait perdu douze kilos. Il riait à la caméra. Et derrière le rire, on voyait quelqu’un qui n’avait pas dormi profondément depuis huit mois. Le simulateur, ça veut dire que le prochain ne perdra pas ces douze kilos. C’est tout petit. C’est immense.

Ce que ça signifie pour la doctrine

Installer des simulateurs F-16 sur le territoire, c’est dire à l’OTAN : on n’est plus en stage chez vous, on intègre votre savoir-faire chez nous. C’est franchir une marche. C’est sortir de la posture de l’élève qui prend des notes pour entrer dans celle du partenaire qui forme à son tour. Aucune annonce de cette ampleur ne se fait sans accord stratégique avec les fournisseurs. Les Américains, les Danois, les Néerlandais ont validé. Ils ont validé parce qu’ils ont compris une chose simple. L’Ukraine ne sera pas absorbée. L’Ukraine sera structurée.

Pendant ce temps, ailleurs, on continue de débattre. On continue de demander si l’aide est trop coûteuse. On continue de tergiverser sur les calibres et les portées. Eux, ils installent. Ils branchent. Ils forment. Ils prennent acte que la guerre ne se gagnera pas par un coup mais par une capacité à durer avec une armée qui se renouvelle. C’est une posture qu’aucun État européen n’a tenue depuis 1945. C’est une posture qu’aucun discours de campagne occidental ne prépare. C’est pourtant la seule qui tienne.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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