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ANALYSE : Jour 1544, l’Ukraine tient pendant que l’Europe découvre qu’elle est seule
Crédit: Adobe Stock

273 drones, une seule réponse possible

Reprenons la nuit elle-même. 273 drones de type Shahed et leurres lancés par la Russie contre l’Ukraine. L’armée de l’air ukrainienne en a abattu 88. 128 autres ont été perdus de vue, probablement neutralisés par guerre électronique. Le reste a touché ses cibles. Vingt-deux régions impactées simultanément, du nord au sud, d’est en ouest. C’est l’attaque la plus massive en volume depuis février 2022.

Et il faut comprendre ce que ce chiffre veut dire concrètement. 273 drones en une nuit, ça veut dire qu’au moins un drone est entré dans l’espace aérien ukrainien toutes les trois minutes pendant huit heures. Ça veut dire que les défenses antiaériennes ukrainiennes, déjà étirées, déjà rationnées en missiles Patriot, déjà obligées de choisir entre protéger Kyiv et protéger Kharkiv, ont tenu un assaut d’une intensité inédite. Ça veut dire que l’industrie russe des Shahed, copiée des designs iraniens et désormais produite à Alabouga dans le Tatarstan, tourne à un rythme que personne en Europe n’arrive à égaler côté défense.

Tetiana Khrapko, 28 ans, journaliste

Et dans ces 273 drones, il y a une mort qu’il faut nommer. Tetiana Khrapko, 28 ans, journaliste ukrainienne, tuée à Kyiv cette nuit-là. Elle travaillait pour Suspilne, le diffuseur public ukrainien. Elle vivait dans un appartement civil. Le drone a frappé son immeuble. Elle n’était pas sur le front. Elle n’était pas dans un bunker militaire. Elle dormait dans son lit, un samedi soir, dans la capitale d’un pays qu’on prétend être en train de négocier la paix.

Tetiana Khrapko avait 28 ans. Elle aurait pu être votre voisine. Elle aurait pu être ma collègue. Elle aurait pu être n’importe quelle jeune femme de Montréal, de Lyon, de Bruxelles qui rentre chez elle un samedi soir et qui ne se réveille pas le dimanche matin. Et elle meurt pendant que les négociateurs russes, à Istanbul, expliquent que l’Ukraine doit céder du territoire pour mériter un cessez-le-feu.

Une journaliste de vingt-huit ans est morte cette nuit. Retenez le prénom. Tetiana. Le reste, ce sont des statistiques que les gouvernements savent oublier.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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