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COMMENTAIRE : Quinze ans pour un porte-avions, l’Amérique a oublié comment se construire
Crédit: Adobe Stock

Le problème n’est pas Newport News. Le problème, c’est l’Amérique elle-même

Soyons clairs sur ce que ce retard signifie. Ce n’est pas un incident industriel isolé. Ce n’est pas un sous-traitant défaillant. Ce n’est pas une grève. C’est un diagnostic systémique. La classe Gerald R. Ford compte quatre navires. Quatre. Les quatre sont en retard. Le navire de tête, livré en 2017, a passé des années à faire fonctionner ses ascenseurs d’armement et ses catapultes électromagnétiques. Le Kennedy, prévu pour juillet 2025, le sera en mars 2027. L’Enterprise est repoussé à mars 2031. Et maintenant Doris Miller, février 2034.

Quand quatre navires sur quatre dérapent dans une même classe, ce n’est plus de la malchance. C’est une norme cassée. Et cette norme cassée révèle ce que les éditorialistes américains refusent d’écrire en toutes lettres : l’industrie navale militaire américaine ne sait plus livrer ce qu’elle promet. Pas à cause d’un manque d’argent. Le Pentagone a englouti plus de treize milliards de dollars par coque. Pas à cause d’un manque de technologie. Pas à cause d’un manque de doctrine. À cause d’un effondrement silencieux du savoir-faire concret.

L’aveu qui se cache dans le plan budgétaire

Et pourtant, il y a quelque chose de pire que le retard lui-même. C’est cette phrase, glissée dans le plan de construction navale fiscal 2027, qui dit que la Navy étudie l’option de faire construire ses navires dans des chantiers étrangers. Lisez bien. La première marine du monde envisage de sous-traiter ses coques. Pas par souci d’économie. Par manque de capacité. Parce qu’il n’y a plus assez de chantiers américains capables d’absorber la commande. Parce qu’il n’y a plus assez d’ouvriers qualifiés. Parce que la base industrielle qui a gagné le Pacifique en 1945 n’existe plus en 2026.

Et ça, ce n’est pas un retard. C’est une capitulation industrielle. Une capitulation qu’on emballe dans du vocabulaire budgétaire pour qu’elle passe inaperçue. Mais elle est là, écrite, signée, assumée par le département de la Navy lui-même. L’Amérique se prépare à faire construire ses outils de guerre à l’étranger. Comme un empire vieillissant qui sous-traite sa propre survie.

On a passé quarante ans à délocaliser les usines. On découvre maintenant qu’on a délocalisé la souveraineté avec.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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