Skip to content
GÉOPOLITIQUE : Quarante miles de route et l’OTAN doit choisir si elle existe encore
Crédit: Adobe Stock

Scénario 1 — Re-attaquer Kyiv depuis le nord

Le premier scénario est familier. C’est celui que Moscou avait tenté en février 2022, quand les colonnes blindées russes étaient descendues depuis la Biélorussie vers Tchernihiv et Hostomel, espérant prendre Kyiv en 72 heures. Échec stratégique majeur. Retrait en mars. Des images de Boutcha qui ont fait le tour du monde. Mais l’idée d’ouvrir un second front nord n’a jamais été abandonnée par les planificateurs russes. Elle a juste été reportée.

Selon les renseignements ukrainiens cités par Zelensky, des unités russes — entre 30 000 et 50 000 hommes selon les estimations — sont actuellement repositionnées en Biélorussie, près des oblasts de Gomel et Brest. Ce ne sont pas des exercices. Ce sont des préparatifs logistiques : carburant, munitions, hôpitaux de campagne, postes de commandement. On ne déplace pas un hôpital de campagne pour faire des exercices. On le déplace quand on prévoit qu’il va falloir soigner des blessés.

Si ce scénario se déclenche, Kyiv subirait simultanément des frappes massives par missiles depuis le sud (la Crimée), l’est (la mer Caspienne via les bombardiers stratégiques), et une poussée terrestre par le nord. Les défenses ukrainiennes, déjà étirées sur 1 200 kilomètres de front actuel, devraient se diviser. Et Tchernihiv — ville de 280 000 habitants à 150 km de Kyiv — redeviendrait ce qu’elle a été en mars 2022 : un cimetière de béton et de gens qui n’avaient pas eu le temps de partir.

Je pense aux familles de Tchernihiv qui ont survécu à 2022. Qui ont reconstruit. Qui ont remis les vitres aux fenêtres, repeint les murs, racheté un frigo. Qui ont laissé leurs enfants retourner à l’école parce qu’il fallait bien que la vie continue. Et qui apprennent, ce week-end, que tout ça peut recommencer. Comment on fait pour continuer à mettre la table le soir quand on sait ça ?

Scénario 2 — Frapper l’OTAN et voir si l’article 5 tient debout

Le second scénario est plus grave. Plus inédit. Plus dangereux pour le monde entier. Selon les sources ukrainiennes, Moscou envisagerait une provocation directe contre un État OTAN — très probablement la Lituanie ou la Pologne, au point précis du couloir de Suwalki. Pas une invasion massive. Pas une déclaration de guerre formelle. Une « incursion limitée ». Une « opération hybride ». Un drone qui tombe « par erreur ». Un commando qui « se trompe » de frontière. Un missile qui « dévie de trajectoire ».

L’objectif n’est pas militaire. L’objectif est politique. Forcer l’OTAN à invoquer l’article 5 — la clause de défense collective qui dit que toute attaque contre un membre est une attaque contre tous. Et observer ce qui se passe ensuite. Est-ce que les 32 pays membres vont vraiment envoyer leurs troupes mourir pour défendre 60 kilomètres carrés de forêt lituanienne ? Est-ce que Donald Trump, président des États-Unis depuis janvier 2025, va vraiment ordonner aux Marines de débarquer en Europe pour une zone qu’il ne pourrait peut-être pas localiser sur une carte ? Est-ce que la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni vont vraiment tenir bon, ou est-ce qu’ils vont chercher une « solution diplomatique » qui ressemblera à une capitulation déguisée ?

Moscou n’attaque pas l’OTAN pour vaincre l’OTAN. Moscou attaque l’OTAN pour révéler que l’OTAN n’existe plus que sur papier. Et si l’alliance hésite ne serait-ce que 72 heures avant de répondre, le Kremlin aura gagné une victoire stratégique plus grande que n’importe quelle prise de territoire ukrainien.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu