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ANALYSE : percée ukrainienne jusqu’à 3 km dans les lignes russes près de Pokrovsk
Crédit: Adobe Stock

Un secteur où Moscou jette tout ce qu’il a

Bratchuk le dit sans détour : « le secteur de Donetsk reste la principale priorité stratégique de l’armée russe ». Cela fait des mois, presque deux ans en réalité, que le Kremlin engage l’essentiel de ses réserves humaines et matérielles pour atteindre les frontières administratives de l’oblast. Pokrovsk, ville-nœud logistique, n’est pas un caprice. C’est une clé. Celui qui la tient contrôle un carrefour routier et ferroviaire qui irrigue tout l’arrière-front ukrainien sur cet axe. Voilà pourquoi les Russes engagent des réserves significatives, voilà pourquoi ils cherchent à élargir leur zone de contrôle, voilà pourquoi le mot « priorité » revient encore et encore dans les briefings.

Mais ce que dit Bratchuk dans la foulée mérite tout autant d’attention. Les troupes russes rencontrent de sérieuses difficultés sur les axes d’Oleksandrivka et de Houliaïpolé. Ce ne sont pas des secteurs anodins. Ce sont des couloirs où Moscou espérait grignoter, encercler, contourner. Or, là aussi, les contre-attaques ukrainiennes ont stoppé l’élan. Et c’est cette combinaison qui rend la séquence intéressante : pendant que les Russes s’épuisent à pousser, les Ukrainiens ne se contentent plus de tenir. Ils mordent. Sur plusieurs points. En même temps. La pression s’inverse partiellement. Pas globalement. Localement. Et la localité, dans cette guerre, finit toujours par devenir doctrine.

Kostiantynivka, Lyman, Myrnohrad : un front qui respire à plusieurs endroits

L’annonce de la percée près de Pokrovsk ne vient pas seule. Bratchuk précise que des contre-attaques sont également menées près de Kostiantynivka, Lyman et Myrnohrad. Quatre noms. Quatre points de friction. Quatre endroits où la cartographie quotidienne du conflit, longtemps figée dans les teintes rouge profond de l’avancée russe, se met à montrer des zones d’incertitude. Lyman, libérée à l’automne 2022, redevient un point d’appui actif. Myrnohrad, satellite immédiat de Pokrovsk, tient encore. Kostiantynivka résiste à une « volonté presque maniaque », mot de Bratchuk, des forces russes d’y entrer pour y mener une guerre urbaine.

La guerre urbaine, justement. C’est l’obsession russe du moment. Entrer dans une ville, s’incruster dans les bâtiments administratifs, transformer chaque rue en piège, créer des têtes de pont à partir desquelles continuer à avancer sur le front élargi du Donbass. La méthode est connue depuis Marioupol, depuis Bakhmout, depuis Avdiïvka. Elle est meurtrière, lente, terriblement coûteuse en hommes. Mais elle reste le mode opératoire de Moscou. À Hryshyne et Rodynske, les petits drones russes pilonnent. À Kostiantynivka, les assauts d’infanterie se multiplient. Le tableau est sombre, mais il n’est plus à sens unique.

Je pense aux civils qui restent dans ces villes. Aux pharmacies à demi vides. Aux fenêtres calfeutrées avec du contreplaqué. À ces gens qui apprennent à reconnaître au son la différence entre un Shahed, un Lancet et un FAB. La percée des trois kilomètres se mesure en cartes. Le reste se mesure en nuits sans sommeil.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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